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L’armée peine à recruter et à garder ses jeunes

logo de Le Soir Le Soir 06-10-17 Le Soir

Officiellement, les opérations commencent mercredi avec la présentation de tous les postes à pourvoir. Néanmoins, la Défense a déjà annoncé que pour 2018, elle compte recruter 1.570 nouveaux militaires. Soit 35 % de plus que pour l’année en cours où le chiffre de 1.160 avait été fixé. Un recrutement qui touche les trois catégories de personnel : officiers, sous-officiers et soldats/matelots. Et ce, en dépit de la réduction prévue des effectifs d’ici à 2030 et des très nombreux départs à la pension attendus.

« Le nombre de places pour les sous-officiers reste élevé avec 600 places et le nombre de fonctions ouvertes pour les matelots et soldats est en nette recrudescence, précise la Défense en réservant ses explications pour une conférence de presse donnée mercredi. Il a pratiquement doublé pour cette catégorie de personnel en 2018. »

L’augmentation de 35 % ne serait toutefois qu’une étape. Selon les prévisions de la Défense, il y aura encore plus de places ouvertes à l’avenir. Cela pourrait atteindre 2.100 places par année. Un chiffre d’ailleurs avancé dans la « vision stratégique » adoptée en juin 2016 par le gouvernement.

Mesures de transition

Pourquoi une telle hausse dans le besoin de sang neuf ? Tout simplement pour faire face aux départs massifs de militaires âgés attendus dans les prochaines années et réduire la moyenne d’âge des effectifs de 40,6 ans à 34,1 ans d’ici à 2030. Tout en réduisant ces effectifs de 32.000 personnes (militaires et civils) à 25.000 dans la même période. Une question se pose toutefois : alors que le gouvernement a décidé de reculer l’âge du départ à la pension à 67 ans, y compris pour les militaires, le budget de la Défense lui permettra-t-il de payer ses anciens et ses jeunes recrues ?

« Des mesures de transition sont envisagées pour les gens qui veulent partir, explique le CGPM, la centrale générale du personnel militaire. La première mouture du projet n’était pas tenable. Ça allait coûter trop cher de garder des gens plus longtemps. Des discussions sont donc en cours pour que des militaires soient pris en charge par le ministère des Pensions. Mais il faudra quand même adapter le budget de la Défense si on veut garder du personnel et en recruter. Entre vouloir et pouvoir, c’est parfois difficile. »

L’armée peine à recruter et à garder ses jeunes © Fournis par Le Soir L’armée peine à recruter et à garder ses jeunes

« Avec les autres syndicats, nous avons une réunion au cabinet du ministre Bacquelaine concernant cet accord transitoire, ce mercredi, précise Patrick Cansse, de la CGSP-Défense. Il devrait courir jusqu’en 2039, ce qui pourrait en réduire l’impact financier sur l’armée. »

« S’aligner sur le privé »

Cela va-t-il suffire à attirer les jeunes dans les casernes ? Pas sûr, selon Edwin Lauwereins, du SLFP-Défense. « Cette année, l’ambition était de recruter 1.200 nouveaux militaires, dit-il. Le chiffre n’a pas été atteint. C’est peut-être pour ça que le chiffre de 1.570 est annoncé pour 2018. Il faut travailler sur l’attractivité de notre armée. Il faut adapter les traitements à ceux du privé. Si un jeune qui sort de l’école a le choix entre la Défense et un job dans le privé où il gagne plus en recevant un GSM et une voiture de société, il ne va pas hésiter longtemps. Il faut aussi prévoir une prime à la mobilité. Vu le nombre de casernes qui ferment, les militaires travaillent de plus en plus loin de chez eux. Ils ne le veulent pas. »

« Recruter, c’est bien mais encore faut-il être capable de garder les jeunes, soupire Patrick Cansse. Ils viennent pour partir en mission et se retrouvent à patrouiller dans les rues. Ils sont déçus et le nombre de jeunes qui veulent partir après quelques mois ne cesse de grandir. Certains le font avant même la fin de leur stage. Normalement, ça ne peut se faire que trois ans après la formation. Je sors d’une réunion où il a été décidé qu’ils peuvent nous quitter après un an à peine. C’est un signe… »

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