Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Nucléaire: pas de nouvelle centrale, mais le bras de fer n’est pas terminé

logo de Le Soir Le Soir 12-01-18 Le Soir

La N-VA renonce à l’idée d’une nouvelle centrale. Reste à s’entendre sur la sortie du nucléaire en 2025. Ce n’est pas gagné.

© Fournis par Le Soir

Personne n’y a jamais cru, mais c’est désormais officiellement acté : non, la Belgique ne se dotera pas d’une nouvelle centrale nucléaire. Le Premier ministre, Charles Michel, a définitivement exclu cette hypothèse. « Il n’est pas question de sortir du cadre de l’accord de gouvernement », a-t-il indiqué vendredi matin lors d’un point presse. Et l’accord ne prévoit pas de construction de centrale.

La N-VA avait bien tenté d’intégrer un tel projet dans la feuille de route fédérale lors des négociations de l’été 2014, mais les autres partis avaient fait front. « Le scénario de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en 2040 est purement théorique. », a conclu la ministre en charge du dossier, Marie-Christine Marghem. Ce point est donc éclairci. Mais des questions restent en suspens.


1. Qui a redonné vie au scénario de la construction d’une nouvelle centrale ?

Le gouvernement planche actuellement sur un pacte énergétique, qui doit donner le scénario de l’approvisionnement en énergie sans nucléaire pour les prochaines années. Faute d’avoir pu s’entendre sur ce pacte, les partis de la coalition fédérale ont donné mandat à un expert du centre de réflexion Itinera et au Bureau du Plan afin de chiffrer le coût des différentes pistes d’approvisionnement. Mais jeudi, surprise : le scénario d’une nouvelle centrale fait partie des pistes à chiffrer. Deuxième surprise vendredi : ce n’est pas la N-VA, seul parti à accepter d’envisager une nouvelle implantation, qui l’a demandé. Alors qui ? C’est manifestement au MR que cette option a été prise. Certaines sources renvoient chez Marie-Chritisine Marghem. Celle-ci refuse de répondre. Plus précisément : «  Cette idée n’est pas de moi, mais par souci de collégialité je ne dévoilerai pas qui l’a suggérée  », nous dit-elle. 

D’autres sources, concordantes, estiment que c’est le cabinet du Premier ministre. Qui aurait donc fait étudier un scénario tout à fait exclu par l’accord de gouvernement… Qu’importe, répond-on dans les rangs libéraux, le but était d’explorer le panel le plus large possible de solutions, entre l’arrêt total du nucléaire et la construction d’une nouvelle centrale.


2. Le scénario de construction d’une nouvelle centrale sera-t-il étudié ?

La construction est donc enterrée. Mais qu’en est-il d’une étude sur le coût de la construction d’une nouvelle centrale ? C’est « niet » également. L’affaire est donc close : on n’étudie pas le coût, et on ne construira rien. L’échauffement de ces derniers jours accouche donc d’une souris. Si cela ne tenait qu’à la N-VA, toutefois, on aurait parfaitement pu étudier la question. « Ce n’est pas parce qu’on veut acheter un bijou chez Lidl qu’on ne peut pas aller voir le prix avenue Louise », sourit un porte-parole vice-Premier Jan Jambon, signifiant par là qu’on peut étudier le coût d’une nouvelle centrale pour s’informer, sans avoir aucune intention d’en construire une. Mais le parti nationaliste se range donc à l’avis de ses partenaires : on n’étudie rien et on ne construit rien. «  La N-VA elle-même a finalement rejeté ce scénario  », confirme Marie-Christine Marghem. «  Intellectuellement, il était pourtant pertinent de l’étudier. Dès lors, qu’on veut confirmer la viabilité de la sortie du nucléaire, qui est l’option du pacte énergétique et qui est celle que je défends, il faut la chiffrer et comparer plusieurs scénarios. Celui de la construction d’une nouvelle centrale est venu sur la table dans le cadre des travaux préparatoires à cette étude. N’étant donc pas tenable, ce scénario n’existe plus.  »


3. La bisbille autour du nucléaire est-elle donc définitivement évacuée ?

Non. On en revient en fait au point de départ : tous les partis de la coalition, sauf la N-VA, veulent une sortie du nucléaire en 2025, conformément à la loi qu’ils ont tous votée en 2015. Le parti nationaliste n’en veut pas car il estime qu’il y a trop d’incertitudes relatives à la continuité de l’approvisionnement et au coût pour le consommateur en cas d’arrêt des centrales. « Nous ne prenons pas cette position par idéologie, dit le porte-parole de Jan Jambon. Mais nous voulons à tout prix éviter que le pays soit privé d’électricité parce qu’un mauvais choix aurait été fait. » Les modalités de cette sortie devaient figurer dans le pacte énergétique, qui doit être ficelé avant la fin de la législature. Si la N-VA refuse, c’est donc un élément majeur du programme de la suédoise qui restera lettre morte. Va-t-on vers un nouveau risque de crise  ? Tout dépendra de l’ardeur des autres partis à réclamer la conclusion de ce pacte. Pour l’instant, place à l’accalmie : tout le monde attend les résultats du « chiffrage » des scénarios qui persistent, y compris ceux relatifs à la prolongation du parc nucléaire actuel. Après cela, la question de la sortie du nucléaire pourrait revenir comme un boomerang.



AUSSI SUR MSN : L'idée d'une 8e centrale nucléaire belge serait purement théorique

VIDÉO SUIVANTE
VIDÉO SUIVANTE

Vidéo fournie par RTL Info

Publicité
Publicité

Le Soir

image beaconimage beaconimage beacon