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Mais que vont devenir les tweets de François Hollande lorsqu'il ne sera plus président ?

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© Studio graphique

On a rencontré le Monsieur 2.0 de l'Élysée, Frédéric Giudicelli, pour lui poser des questions sur ce que vont devenir les tweets de l'Élysée quand François Hollande ne sera plus en poste et sur ce que celui-ci pense des réseaux sociaux.

"Je suivais Barack Obama sur Twitter... Mais je n'ai pas le souvenir d'avoir suivi celui de Donald Trump ???"

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Après l'investiture du fantasque milliardaire, certains se sont étonnés de ce nouvel abonnement qu'ils ne pensaient pas avoir décidé. C'est qu'en accédant au poste de président des États-Unis, Donald Trump a gagné un second compte Twitter : celui de la fonction présidentielle. Immédiatement actif après la prise de pouvoir, @POTUS a été remis aux mains du nouvel occupant de la Maison Blanche. Avec, cerise sur le gâteau, les 13,6 millions de followers de Barack Obama, dans un compte nettoyé de toute trace du précédent président, dont les tweets ont été migrés vers un autre compte, @POTUS44, pour la mémoire. Les internautes qui suivaient @POTUS ont également été dupliqués sur @POTUS44.

Une manœuvre inédite que le réseau social ne permet pas de faire habituellement. Et en France ? Que vont devenir les tweets de François Hollande postés sur le compte Twitter de l'Élysée ? Pour le savoir, nous avons rencontré Frédéric Giudicelli, ex-responsable de la campagne numérique du président puis conseiller adjoint à la communication numérique.

Les tweets relèvent du "patrimoine immatériel de la France"

"En 2012, on a archivé le site de Nicolas Sarkozy et on l'a remis aux archives nationales parce que le garder en l'état aurait supposé un certain coût. Par contre, sur les comptes des réseaux sociaux et les comptes Dailymotion et YouTube, on a fait le choix de garder tous les posts, tweets et vidéos de Nicolas Sarkozy même après l'élection de François Hollande", explique le "Monsieur 2.0" de l'Élysée.

"Sauf ceux qui comportaient des liens pointant vers le site de l'Élysée puisque les liens étaient devenus invalides", ajoute-t-il. Pourquoi ? "Parce qu'on a estimé que tout cela fait partie du patrimoine immatériel de la France". Mais aucune législation n'encadre véritalement ce patrimoine. Ainsi, le successeur de François Hollande pourra tout aussi bien choisir de nettoyer les canaux de communication des traces laissés par le dernier mandat. "Ce serait dommage mais c'est une possibilité", commente Frédéric Giudicelli, qui argue également qu'après tout, les réseaux sociaux des ministères ne sont pas nettoyés à chaque changement de ministre.

"Le compte Twitter appartient à l'institution, pas à la personnalité politique"

"En France, légalement, on ne pourra pas garder l'actuel compte Twitter de l'Élysée pour François Hollande et obliger le prochain président à ouvrir un nouveau compte, puisque le compte est la propriété de la présidence de la République. Le raisonnement, c'est que c'est grâce à l'action publique que le compte a gagné des followers, donc il appartient à l'institution, pas à une personnalité politique", développe-t-il.

Mais pour éviter de perdre cet historique, tout sera archivé au cas-où. "On proposera le site en version statique à télécharger et on reversera les tweets et la page Facebook aux archives nationales", explique le conseiller. Dans tous les cas, ces réflexions sont assez uniques dans l'histoire de la Ve République : "la page Twitter existe depuis 2008 mais la première vraie transition politique a eu lieu en 2012. Avant cela, il faut compter que Nicolas Sarkozy était président et que quand son mandat a commencé en 2007, l'Élysée n'avait pas encore de comptes Facebook et Twitter". Quant aux sites Internet des présidents, ils n'étaient que des embryons de sites, pas les plateformes intéractives que l'on connaît aujourd'hui.

"On a évité d'être des early adopters"

Quand on l'interroge sur ce qu'il retient des avancées de la communication numérique de François Hollande, Frédéric Giudicelli hésite. "Vous voulez que je vous fasse un bilan détaillé ?" ; "Pas forcément... Mais on aimerait bien savoir la nature des changements que vous pensez avoir opéré, par rapport à l'ère Sarkozy", lui répond-t-on.

"Sous Sarkozy, le site de l'Élysée était une pâle copie de celui de la Maison Blanche"

"On a fermé les comptes qui ne servaient à rien, comme FourSquare. C'est vrai ça, en quoi un compte FourSquare est-il utile à un président ? On a refusé d'être des early adopters pour dire d'être des early adopters", explique l'ingénieur de formation pour qui la technologie doit être utilisée avec justesse pour se mettre au service de la communication, et pas juste une excuse pour se montrer soit-disant moderne en succombant à toutes les nouveautés.

Une stratégie qui a "largement payé" selon lui, puisqu'il y a aujourd'hui presque 2 millions de followers sur le compte Twitter de l'Élysée là où il n'y en avait que 120 000. Et Frédéric Giudicelli d'égrenner les habitudes mises en place avec François Hollande : "des live tweets pendant chaque discours, des community managers qui suivaient le président à chaque déplacement pour créer du contenu exclusif pour les réseaux sociaux, un site plus moderne, et différent de celui de Nicolas Sarkozy qui était raillé pour être une pâle copie de celui de la Maison Blanche..."

François Hollande, premier président en exercice à avoir un compte Snapchat

Surtout, le défi de cette présidence à l'ère de la multiplication des réseaux sociaux a été de cibler la jeunesse. "On a ouvert un compte Instagram mais aussi un compte Snapchat". Et pour ne pas faire "vieux qui veut faire jeune", les communicants de François Hollande ont pris le soin de ne pas vouloir trop en faire. "On ne triche pas avec les adolescents. Alors on s'est contentés de respecter la fonction présidentielle tout en adoptant à la marge les codes des réseaux sociaux en question", explique Frédéric Giudicelli en évoquant l'usage de hashtags et de smileys quand l'événement s'y prête.

"Il a fallu sensibiliser le président de la République aux réseaux sociaux"

Est-ce que tout cela a été évident à mettre en place ? "Pas forcément", concède le conseiller. "Il a fallu convaincre progressivement le président". Ainsi, tous les samedi matins, l'équipe de communication numérique avait rendez-vous avec François Hollande pour le sensibiliser à sa présence en ligne. "On lui a montré l'intérêt de réserver des exclus à annoncer sur les réseaux sociaux. On lui a aussi montré que surveiller les réactions des internautes pouvait être une façon intéressante de sonder l'opinion publique...", se réjouit Frédéric Giudicelli, qui concède que les vertus communicationnelles d'Internet ne coulent pas de source lorsqu'on a 62 ans.

Mais au vu la place prépondérante que prennent les outils numériques dans notre vie de tous les jours, il est évident que le rôle des réseaux sociaux ne sera bientôt plus ignoré de personne. Et le conseiller numérique de conclure : "Prenons les 5 plus gros candidats du moment : Jean-Luc Mélenchon fait totalement confiance à ses équipes, Benoît Hamon a une sensibilité pour le numérique, Emmanuel Macron aussi car c'est de sa génération, François Fillon est plutôt geek et Marine Le Pen a tout à fait compris le relais d'opinion que constitue Internet".

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

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