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Tess Ledeux, la surdouée du ski slopestyle

logo de ParisMatch ParisMatch 17-02-17 Paris Match

Elle a 15 ans et des rêves pleins la tête. Tess Ledeux, spécialisée en ski slopestyle, pourrait bien être l’année prochaine la plus jeune représentante française aux Jeux Olympiques. 

Sur ses skis, cachée derrière son casque et son masque, Tess Ledeux ne fait pas de cadeaux. Ce 12 janvier, la victoire est bout de la pente pour la Française. Peu importe la tempête de neige qui souffle sur les pistes de Font-Romeu dans les Pyrénées, et peu importe que la première étape du SFR Freestyle Tour ne se déroule qu’en un seul run à cause des conditions météorologiques, la jeune fille ne flanche pas. En la voyant terminer à la première place, l’on oublierait presque que Tess est encore une adolescente. Si mâture, si professionnelle, si passionnée, elle a déjà tout des plus grandes. En la rencontrant quelques semaines plus tard à Paris, c’est une personnalité attachante que nous découvrons. Ici, sa voix juvénile trahit son âge et ses traits encore enfantins rappellent la portée de l’exploit qu’elle réalise saison après saison.

Une semaine après sa victoire dans les Pyrénées, elle a été invitée à la plus prestigieuse des compétitions, les X Games d’Aspen, dans le Colorado, «un rêve». «Dès que j’ai reçu mon invitation, j’ai eu les larmes aux yeux», nous confie-t-elle. En haut de la piste, elle a vite repris ses esprits. Le stress et la pression, Tess aime ça tant qu’ils ne prennent pas le dessus. Face aux plus grands noms de la discipline, elle a terminé deuxième derrière une autre petite précoce du ski slopestyle, Kelly Sildaru, jeune estonienne de 15 ans. «Je n’ai réalisé cette place qu’une fois que j’ai ouvert tous les messages de félicitations. Là je me suis dit, "ah oui je l’ai fait"», se souvient-elle le sourire aux lèvres.

A lire : La Française Tess Ledeux, 15 ans et déjà championne

Tess Ledeux, la surdouée du ski slopestyle © JOEL SAGET / AFP Tess Ledeux, la surdouée du ski slopestyle

A La Plagne, sa station savoyarde, on a vibré comme jamais pendant la compétition. «Tout le monde était devant la télé, même le médecin», plaisante sa sœur Charlie, qui a elle aussi évolué au haut niveau. «On était une vingtaine mais on ne lui a pas dit sinon elle aurait été trop stressée. On la soutient beaucoup», continue-t-elle. Il faut dire que le ski freestyle est une affaire de famille. Kevin Rolland, son cousin, est une superstar du ski halfpipe, quintuple vainqueur des X Games et médaillé de bronze aux JO de Sotchi en 2014. «On le suivait tout le temps et maintenant on suit Tess aussi», explique Charlie Ledeux.

Deux ans de ski alpin avant le freestyle

Tess était destinée à réaliser de grandes choses. Toute petite déjà, elle cherchait à prendre des bosses pour «sauter haut». Amoureuse de cette sensation de liberté qui permet de «créer ce que tu veux», elle demande à intégrer le club de slopestyle de La Plagne. Mais elle est encore trop jeune. Alors, Tess attend son moment. Pendant deux ans, elle pratique le ski alpin avec une seule idée en tête, revenir au freestyle. C’est à neuf ans qu’elle réalise son souhait. Les débuts ne sont pas forcément évidents. Dès sa deuxième séance, elle se casse le nez. «J’avais suivi tous les grands alors que j’étais beaucoup plus petite et j’ai sauté une barre rocheuse. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit plat derrière. Mes genoux ont cogné mon nez», se rappelle-t-elle. Cette première mésaventure ne fait pas du tout douter Tess. Jamais l’adolescente n’a pensé arrêter ce sport qu’elle chérit tant. Alors que certains champions confient détester les entraînements, pour elle, c’est une partie de plaisir.

Poussée par une passion infatigable, Tess a choisi d’adapter sa vie au ski. L’été dernier, elle a intégré le Lycée d'Eté d'Albertville en seconde. «On travaille toute l’année sauf l’hiver, on a deux à trois semaines de cours par mois avec 4 heures de préparation physique par jour. Et tout le reste du temps c’est du ski. Et l’hiver on a des cours par correspondance que les profs nous envoient». La jeune fille a bien conscience de ne pas être vraiment une ado comme les autres. Tous les jours elle doit faire des sacrifices. «Je ne peux pas sortir avec mes copines parce que je suis tellement concentrée dans le ski. Je ne vois pas beaucoup de gens de mon âge, ma famille je la vois moins souvent aussi. Ce n’est pas facile à gérer entre le ski et les études parce que je n’ai pas beaucoup de temps». Mais elle le sait, continuer ses études est primordial «pour avoir un diplôme et avoir un métier après le ski parce qu’on sait tous qu’on ne va pas faire ça jusqu’à 80 ans». Quant aux sacrifices, ils ne la dérangent pas. Là où Tess est heureuse, c’est sur ses skis, dans la montagne, en haut des pistes ou en compétition.

"M'amuser avant tout"

La Plagnarde est tellement bien dans sa peau que même l’exercice de l’interview est une formalité pour elle. A l’aise, humble et pleine de fraîcheur, elle fait «tout ça pour s’amuser». «Je parviens à prendre ça à la rigolade, même si parfois, je peux avoir peur que la médiatisation prenne le dessus sur le ski et fasse oublier le sport». Mais Tess est bien entourée. Son cousin Kevin est là pour transmettre son expérience, lui apprendre à gérer la pression et à travailler avec les médias. Quant à sa sœur Charlie qui la suit régulièrement, elle lui apporte un certain soutien psychologique. «Elle me rassure sans forcément me parler», explique Tess. «J’ai connu ça donc je sais qu’on n’a pas forcément envie qu’on vienne nous parler ou nous dire qu’on est la meilleure», répond Charlie. Alors, lorsqu’elles sont entre elles, les deux sœurs complices se détendent à leur façon, «on fait les folles» sur des «musiques qui nous font rires», Céline Dion, La Petite Sirène... comme des filles de leur âge. 

Tess Ledeux et Kelly Sildaru aux X Games © Christian Pondella/Red Bull Content Pool

Avec les résultats de Tess, les sponsors eux aussi sont arrivés. Depuis «quatre ou cinq mois», l’adolescente fait partie de l’équipe Red Bull. C’est d’ailleurs sous leurs couleurs qu’elle participera aux prochains X Games de Hafjell, en Norvège, en mars prochain. Elle n’aura qu’une idée en tête : s’inscrire encore un peu plus dans l’élite mondiale, à un an des Jeux Olympiques. A Pyeongchang, en Corée du Sud, elle pourrait bien être la plus jeune de la délégation française.

A lire : A un an des JO, Kevin Rolland se raconte en vidéo

«Depuis toute petite», Tess rêvait des JO. «Je voulais y aller jeune mais je ne pensais pas que ça allait être aussi jeune même si ce n’est pas encore sûr». Participer c’est bien mais obtenir une médaille, c’est mieux. «Le summum pour moi serait d’avoir plusieurs médailles aux X Games et même plusieurs médailles aux JO», lance-t-elle. Tess est précoce et pressée : «Plus vite tu accomplis tes rêves, plus vite tu peux avoir d’autres objectifs et d’autres expériences», nous explique-t-elle. Des expériences et des victoires, nul ne doute qu’elle en aura encore beaucoup dans le futur. Et il y a fort à parier qu’avec sa personnalité éclatante, elle deviendra bientôt la coqueluche de tous les Français. 

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