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Bien né, l’Opel Crossland X est de bon augure pour l’union avec PSA

logo de Challenges Challenges 17-05-17 Eric Bergerolle
Opel Crossland X de trois quarts avant, sur la route. © Image © Challenges — E. Bergerolle Opel Crossland X de trois quarts avant, sur la route.

ESSAI. Premier fruit du rapprochement entre PSA et Opel, ce petit crossover combine harmonieusement esprit de famille et style baroudeur. Le résultat d'une coopération d'égal à égal.

Sept centimètres seulement séparent le nouvel Opel Crossland X de l’Opel Mokka X, son aîné de quatre ans. C’est peu. Tellement peu que votre œil se laisse prendre au piège d'une carrosserie d'allure plus fluette et d'un vitrage plus effilé, le Crossland X passe pour le plus long des deux, alors qu'il est le plus court. D’où cette question à laquelle les vendeurs Opel doivent se préparer à entendre fréquemment : y a-t-il de la place dans la gamme pour deux véhicules de gabarits et de styles si proches ?

Les responsables d’Opel n’en doutent pas. Ils rappellent que les ventes de SUV sur le segment B (celui des citadines polyvalentes) ont plus que doublé en Europe depuis 2013. En partie d’ailleurs grâce au succès de l’Opel Mokka X qui se maintient sur le podium, en compagnie du Renault Captur et du Peugeot 2008.

Et puis, à en croire Opel, le Crossland X ne s’adresse pas tout à fait à la même clientèle que le Mokka X. Vous en doutiez ? Le constructeur nous assure qu’avec ses muscles plus saillants et sa transmission intégrale (optionnelle), le Mokka X est un peu plus velu du torse. En somme, qu'il colle à la définition du SUV, le vrai, alors que le petit dernier répond plutôt à celle du simple crossover. Distinguo subtil.

Le Crossland X est le premier fruit d’un accord noué en 2012 avec le Groupe PSA

Certes, l’Opel Crossland X n’offrira jamais le réconfort de quatre roues motrices sur la route des sports d’hiver : c'est là le prix à payer pour profiter des qualités autres de la plate-forme PF1 de PSA sur laquelle il repose. Néanmoins ce genre de lacune n’a pas empêché le Peugeot 2008 et le Renault Captur de connaître un immense succès. Mieux, une fraction seulement des Opel Mokka X, des Nissan Juke et des Mini Countryman sont livrés avec une transmission intégrale dont la masse et l'inertie entraînent une légère surconsommation de carburant, et dont l'encombrement empiète sur le volume du coffre. Ne cherchez pas plus loin la cause du déficit de 54 litres du Mokka X sur le Crossland X, qui avale 410 litres banquette en place.

© Fournis par CROQUE FUTUR En vérité, les qualités du Crossland X sont si évidentes, son format tellement voisin de celui du Mokka X qu'il passerait aisément pour son successeur de plein droit. Bien sûr quelques voix s'élèveraient pour critiquer son manque de virilité et sa personnalité moins affirmée mais, dans le même temps, elles verraient les preuves d’une succession réussie dans son habitabilité et sa sobriété accrues, ainsi que dans son confort et son insonorisation améliorées. Des progrès sensibles.

Le contraste est fort, en effet, entre une plate-forme surdimensionnée (euphémisme) signée General Motors et celle, plus légère, soigneusement optimisée par les ingénieurs du Groupe PSA. Ces derniers ont donné toute latitude à leurs homologues de chez Opel pour étudier leur propre carrosserie, parfaitement distincte de celle du Citroën C3 Aircross qui sera le second véhicule basé sur cette évolution des fondements de la Peugeot 2008. Les deux seront fabriquées dans l'usine Opel de Saragosse, en Espagne.

"Le pare-brise et le pavillon sont les seuls éléments visibles partagés avec la Citroën C3 Aircross", confirme Thibaut Doneux, Designer en chef de l'Opel Crossland X. Les ressemblances sont tout aussi minimes entre son grand frère — l’Opel Grandland X que nous irons inspecter au début du mois de juillet 2017 — et son cousin, le Peugeot 3008. Preuve que l'ère des clones éhontés a pris fin chez le Groupe PSA, hormis pour ce qui est des véhicules utilitaires.

A l'œil comme au toucher, c'est une Opel

A l’intérieur aussi, Opel a pris soin de gommer les liens de parenté trop évidents. L’instrumentation n'a rien à voir avec le Peugeot i-Cockpit des 208 et 308 : c'est du Opel "pur jus", jusque dans sa typographie et son agencement. On retrouve ainsi sous l'aérateur la commande de l’éclairage que le constructeur français préfère placer sur le Commodo. Livré d'office, le vaste écran tactile de 8 pouces commande le système Opel IntelliLink qui va de pair avec l’assistance en ligne vocale OnStar signée General Motors. Tout juste remarque-t-on la poignée intérieure d'ouverture de porte, les boutons de lève-vitre et les ports USB chromés empruntés aux Peugeot.

© Fournis par CROQUE FUTUR Le beau gabarit de l'Opel Crossland X (4,21 mètres, soit 9 cm de plus que le Renault Captur) laissait espérer des habillages de portières aussi cossus que ceux de la catégorie supérieure. Ce n'est pas le cas, mais la planche de bord n'a pas grand-chose à envier à celle de l'Opel Astra. Il s'en dégage une impression de qualité plus marquée qu'à bord du Renault Captur, malgré ses efforts récents. Et côté insonorisation, l'Opel Crossland X place la barre très haut.

Autant d'aides à la conduite que dans la Mini Countryman

On apprécie tout particulièrement les multiples angles de vue qu'offre la caméra de recul (600 euros, sans le stationnement automatique). L'affichage tête-haute (350 euros) ravit par sa lisibilité et sa simplicité : il fait appel à une lame de polycarbonate transparent et motorisée que PSA a eu le temps de fiabiliser et d'amortir sur des centaines de milliers de Peugeot 3008 et 5008. Petits bonus terriblement allemands et typiquement Opel, le pare-brise (500 euros) et le volant chauffants (300 euros, avec les sièges) sont deux coquetteries que l'on apprécie à leur juste valeur lorsqu'on circule sous des climats rigoureux.

En parlant de volant : gaînée de cuir d'office, sa jante commande une direction légère et précise qui offre un assez bon ressenti de la route. On connaît des assistances électriques plus avares en sensations. Précis et accrocheur, le train avant va de pair avec un arrière rivé au sol : comme à son habitude, Opel laisse à d'autres les effets de manche et les déhanchements trop brusques au lever de pied. On est loin de l’esprit vif et joueur d’un Mazda CX-3, ou même d’un Toyota C-HR.

Si l'Opel Crossland X s'avère plus prévenant sur les pavés que son frère Mokka X ou que le Peugeot 2008, il s'incline davantage en virage. Et puis les ondulations de la chaussée abordées à haute vitesse génèrent des mouvements de pompage qui nous remémorent les excès (sans les égaler, heureusement) du tout premier Opel Meriva (2003 à 2010). . A l'exception notable des sièges, plus fermes que ceux de la dernière Citroën C3.

N'allez pas en conclure que les fauteuils AGR de l'Opel sont inconfortables, c'est tout le contraire. Dessinés sous le contrôle de médecins ergothérapeutes, ils sont une raison suffisante de préférer le Crossland X à l’un quelconque de ses cousins français. En échange de 500 euros, ils feront le bonheur de tous ceux qui souffrent du dos ou, plus généralement, qui voudraient prévenir les ravages de la vie moderne sur leur vertèbres.

Qu’on se le dise, le fauteuil AGR (Aktion Gesunder Rücken)  collectionne toutes les vertus. Cela commence par une évidence qui ne s’est pas encore imposée à tous les constructeurs : un réglage par molette est le seul qui permet de régler l’angle du dossier au millimètre près. Soulever ou abaisser son siège ne suffit pas à garantir une bonne posture : encore faut-il pouvoir allonger et incliner l’extrémité de l’assise pour soutenir efficacement les cuisses. Ajoutez à cela une forte amplitude de réglages pour le soutien lombaire et la colonne de direction, et vous comprendrez qu’il est aisé, même pour les plus grands gabarits, de trouver une position de conduite proche de l’idéal.

Proche seulement car il faut composer avec un repose-pied trop haut, qui donne la désagréable impression de voyager avec le bassin de biais. C'est moins vrai sur la version à boîte automatique qui assène, en retour, quelques à-coups lorsque son convertisseur tarde à se déverrouiller. Un défaut bien connu sur les Peugeot.

Pas de sièges individuels mais une banquette coulissante

Les passagers arrière sont choyés, eux aussi. Malgré son assise d’allure désespérément plate, la banquette réserve un bon maintien, du fait d’une profondeur et d’une inclinaison bien étudiées. Par défaut, l’angle retenu pour le dossier convient bien aux adultes durant les longues étapes. Mais le summum reste la banquette inclinable et coulissante sur 15 cm (option à 350 euros, avec le plancher sur deux niveaux) qui permet d’allonger ses jambes comme dans une limousine. L’Opel Mokka X est loin de réserver un aussi bel accueil, tant en longueur qu’en hauteur.

© Fournis par CROQUE FUTUR A l’inverse, lorsque la banquette est avancée au maximum, le volume de chargement est accru de 110 litres pour atteindre 520 litres. C'est 65 litres de mieux que le Renault Captur et 164 litres de plus que l'Opel Mokka X. Plutôt lourd à manipuler, le hayon dégage une large ouverte, hormis un seuil un peu haut rançon du style SUV de la carrosserie.

Très appréciable aussi est le rapport prix-équipement. Proposée en deux niveaux seulement, de 20.150 euros à 23.950 euros, l'Opel Crossland X fournit d'office entre autres l'écran tactile de 7 pouces avec Apple CarPlay et Android Auto, l'assistance OnStar, l'allumage automatique des phares, la reconnaissance des limitations de vitesse, l'aide au maintien en ligne, le régulateur-limiteur de vitesse, un accoudoir central, quatre vitres électriques, la climatisation, des jantes en alliage et le volant cuir.

Avec ses portières à ouverture inversée, l'Opel Meriva comptait parmi les petits monospaces les plus accueillants. Son remplaçant Crossland X l'est à peine moins : il prouve ainsi qu'on peut sacrifier à la mode du SUV sans renier sa vocation familiale. Certes, les différences ne sont pas très marquées entre le Crossland X et le Mokka X. Mais Opel se serait fourvoyé en remplaçant le Meriva par un autre monospace. Ce serait aller à contre-courant de cette mode irrésistible qui a vu la triste Renault Modus se métamorphoser en un Renault Captur si réussi. Il n’y a pas à chercher plus loin la raison de l’échec retentissant du malheureux Ford B-Max.

Opel Crossland X (mai 2017)
  • Plus confortable que le Mokka X ; insonorisation soignée
  • Fauteuils ergonomiques sans équivalent chez la concurrence
  • Plus habitable que le Mokka X ; grand coffre
  • Moteurs PSA discrets et sobres
  • Mouvements de pompage et de roulis
  • Comportement routier plus stable que véritablement enjoué
  • A-coups de la boîte automatique EAT6 (déverrouillage du convertisseur)
  • Vibrations dans le plancher au démarrage (3-cylindres)
 

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