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Suzuki Ignis : l'antidépresseur

logo de Challenges Challenges 16-05-17 Nicolas Meunier
Suzuki Ignis 1.2 DualJet © Challenges - N. Meunier Suzuki Ignis 1.2 DualJet

ESSAI. Suzuki développe sa gamme à toute vapeur. A mi-chemin entre micro citadine et SUV, l'Ignis combine caractère et aspects pratiques. De quoi faire oublier la grisaille automobile !

Une voiture tous les quinze centimètres. Voilà qui semble être devenu le plan de marche de Suzuki, qui multiplie les nouveautés ces derniers mois. Il restait un espace entre la longue de 3,60 m et la , plus aguicheuse et polyvalente, longue de 3,84 m, le voilà comblé avec l'Ignis, qui s'étend sur 3,70 m. Ainsi, si ajoute à tout cela la Baleno, qui mise sur son habitabilité et le petit SUV Vitara, le constructeur japonais combine la gamme de citadines la plus complète du marché.

Avec déjà quatre modèles urbains au catalogue, on pourrait s'imaginer que l'arrivée l'Ignis soit synonyme du modèle de trop. C'est la raison pour laquelle les designers se sont évertués à différencier le plus possible cette nouvelle venue. Si elle reprend le nom d'un modèle des années 2000, elle n'en conserve heureusement pas le look : cette petite dernière est aussi extravertie que sa devancière était banale. Regard mutin, pavillon suspendu, lignes taillées à la serpe… Tout cela contribue à donner à l'Ignis un look immédiatement reconnaissable. Cette citadine se permet même un coup d'œil dans le rétroviseur, avec trois encoches sur le montant arrière, qui rappellent le coupé Cervo des années 1970. Seuls les plus érudits relèveront la référence…

Existe aussi en 4x4 et en hybride

Mais il ne suffisait pas de faire une citadine courte, alors que la Celerio occupe déjà le créneau. Tout comme un style original ne pouvait suffire, sachant qu'il s'agit de la chasse gardée de la Swift. Soit dit en passant, l'Ignis offre encore plus de possibilités de personnalisation que cette dernière, avec de nombreux packs d'accessoires qui permettent de choisir la couleur des rétroviseurs, de l'entourage de calandre ou encore de nombreux détails intérieurs… Ce qui différencie vraiment l'Ignis selon Suzuki, c'est qu'il s'agit là d'un mini SUV, appellation justifiée par la garde au sol de 18 cm et la présence d'une transmission intégrale en option. A ce compte, on compte les concurrentes sur les doigts d'une main : seule la Fiat Panda peut rivaliser.

Qui dit SUV dit généralement position de conduite surélevée. Ce n'est pas vraiment le cas à bord de l'Ignis, qui offre une posture assez traditionnelle, aidée par des sièges offrant un bon maintien latéral. Malgré une assise un peu courte, ils délivrent un confort correct. A l'arrière, l'habitabilité apparaît impressionnante eu égard au gabarit, même si la petite Celerio fait encore mieux, notamment en largeur aux épaules. En entrée de gamme Avantage, la banquette arrière peut accueillir trois passagers. Mais les deux finitions supérieures, Privilège et Pack, se contentent de quatre places au total, avec deux sièges arrière indépendants et coulissants. Ils se manipulent en un tournemain pour faire de la place dans le coffrent mais forment une marche d'escalier assez conséquente une fois repliés. Un double fond réglable suffirait à régler le problème.

Toujours au chapitre de la vie à bord, on note une finition plutôt correcte. Les assemblages sont acceptables et les plastiques, certes durs, présentent un aspect suffisamment flatteur. Le côté pimpant de la présentation fera oublier quelques détails, comme ces fils qui dépassent sous la planche de bord côté passager. L'ergonomie apparaît assez simple et bien étudiée. C'est notamment le cas du système d'infodivertissement, fourni par Pioneer sur notre modèle d'essai. Bientôt toutefois, l'Ignis bénéficiera du même système Bosch compatible Apple Car Play que les Baleno, S-Cross et Vitara, mieux intégré car dépourvu de bouton physique. Ce dernier nous avait convaincu par sa lisibilité, même si le nombre de fonction n'est pas très étendu. Tout de même, le principal y est. En termes d'équipement, l'Ignis fait le plein, même si elle ne dispose pas du régulateur adaptatif de ses grandes sœurs et ne propose pas d'essuie-glace automatiques. On regrette par ailleurs le système d'alerte de collision, par trop sensible. Un bouton de réglage comme sur la Baleno suffirait à résoudre le problème.

© Fournis par CROQUE FUTUR

Techniquement, cette nouvelle Suzuki Ignis n'apporte pas grand-chose par rapport aux dernières nouveautés de la marque. Elle reprend en effet la récente plateforme Heartech, inaugurée par la Baleno l'an dernier. Ce base technique très légère lui permet officiellement de s'en tenir au poids plume de 810 kg en version deux roues motrices, avec le quatre-cylindres essence 1.2 DualJet de 90 ch.

Cette masse très contenue a bien évidemment quelques vertus, à commencer par celle d'une consommation des plus réduites. Ainsi, sur un parcours routier plutôt dynamique, nous avons relevé une excellente moyenne de 5,5 l/100 km. Comptez environ 1,0 l/100 de plus sur autoroute. Et en faisant attention, il est possible de frôler les 5,0 l/100 km sur route et en ville. Comme la Baleno et la nouvelle Swift, l'Ignis se décline également en version hybride SHVS (pour Smart Hybrid Vehicle by Suzuki). Si cela permet à la petite japonaise d'obtenir une carte grise hybride (donc gratuite dans un certain nombre de préfectures), les bénéfices de la motorisation électrique sont des plus mesurés. Le système, qui fonctionne sur un réseau 12 Volts, n'apporte qu'une modeste contribution de 3 ch lors des accélérations. Pas de quoi entraîner à lui seul l'auto, mais cela fait baisser la consommation d'environ 0,5 l/100 km en ville. De quoi compenser le surpoids et les frottements supplémentaires de la transmission intégrale sur les versions Allgrip.

© Fournis par CROQUE FUTUR

Sur petites routes également, la faible masse est clairement sensible. Celle-ci profite à l'agilité, d'autant plus que l'Ignis présente un train arrière assez vif, qui se place volontiers au lever de pied. Ceci que ce soit en version traction (train arrière à traverse déformable) ou 4x4 (bras tirés). L'adhérence est correcte, du moins sur le sec, et la direction suffisamment directe. Dommage, celle-ci se révèle un peu collante autour du point milieu, une tare partagée avec les Celerio et Baleno. Ceux qui aiment s'amuser sur les petites routes de montagne seront ravis de ce tempérament joueur, et les moins téméraires se reposeront sur l'action de l'ESP, plutôt pertinente. En cas de fort freinage, le délestage du train arrière est sensible, même si les écarts de trajectoire demeurent très modérés.

Sous le capot, on peut s'étonner que Suzuki n'ait pas cédé aux sirènes de trois-cylindres. Etonnamment en effet, l'Ignis ne propose que son 1.2 de 90 ch, boudant le 1.0, que ce soit en version atmosphérique comme sur la Celerio (68 ch) ou turbo comme sur les Baleno, Swift et S-Cross. Qu'importe puisque, outre la consommation citée plus haut, ce bloc se distingue par un bel agrément. Suffisamment coupleux pour évoluer en ville sur un filet de gaz, il se montre rageur en montant dans les tours. Dommage, la boîte manuelle à cinq rapports, un peu longue, étouffe un peu son enthousiasme sur autoroute. De la part d'une auto si légère, à la puissance somme toute respectable, on attendait de meilleures relances.

Assez haute (1,60 m) et pas très large (1,69 m), la Suzuki Ignis aurait pu imposer des suspensions "bout de bois" pour conserver un comportement routier plutôt décent. Le maintien de caisse est certes relativement ferme, mais le confort correct, avec notamment un filtrage des petites irrégularités très correct. Disons que cette japonaise se place dans la bonne moyenne du segment en termes de confort.

Si l'Ignis est somme toute une citadine presque traditionnelle en version traction, elle est presque seule sur son domaine en version Allgrip à quatre roues motrices. Voilà qui devrait séduire les montagnards, jusqu'ici fidèles à la Fiat Panda 4x4. Comme cette dernière, elle dispose d'une transmission intégrale à viscocoupleur, qui renvoie du couple sur l'essieu arrière en cas de patinage à l'avant. De plus, une touche permet de simuler un blocage de différentiel par l'action de l'ESP. Voilà qui se révèle très efficace lorsqu'une roue est levée dans les positions les plus délicates. Au final, l'Ignis se débrouille plutôt bien en tout-chemin. Dommage toutefois : le bas du bouclier avant très carré et sa lame aérodynamique inférieure limitent l'angle d'attaque à 20°. Voilà qui limite les fantaisies en terrain difficile et entache un peu les belles capacités de l'engin.

Au moment de faire le bilan, cette Suzuki Ignis apparaît donc comme une réussite. Originale, sobre, bien pensée et polyvalente, elle a presque tout pour plaire. Cerise sur le gâteau : ses tarifs sont des plus raisonnables. Ainsi, l'entrée de gamme Avantage à 12.790 € propose déjà la climatisation de série, plutôt rare à ce niveau de gamme. C'est en effet environ 1.000 € de moins que les concurrentes directes qui se nomment Volkswagen up!, Citroën C1 ou Opel Karl Rocks. Et en version 4x4, la japonaise maintient le même écart à son avantage avec la Fiat Panda. Choisissez là dans une couleur vive et vous obtiendrez sans doute là le meilleur antidépresseur du marché automobile… Au prix d'un générique !

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