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Pourquoi le changement d’heure est une plaie pour l’organisme

logo de Le Soir Le Soir 31-08-18 Le Soir

La Commission européenne s’est dite favorable à la fin du changement d’heure. « Sur le plan physiologique, il n’a rien de rationnel. » Les explications de la pneumologue et somnologue Benny Mwenge.

© Fournis par Le Soir

"Du coup, ce week-end, on perd une heure ou on gagne une heure ? » « Euh donc à 2 h il sera 3 h ou c’est l’inverse ? » Source régulière de confusion et de matins chagrins, le changement d’heure a un impact moins anecdotique pour les personnes plus sensible à un bouleversement de leur rythme biologique. Après une consultation publique, la Commission européenne s’est prononcé pour sa suppression. Mais au fait, comment ça marche ? Les explications de la pneumologue et somnologue Benny Mwenge (clinique Saint-Luc).

En quoi le changement d’heure peut-il avoir un impact sur la santé ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que nous avons des rythmes biologiques marqués par la sécrétion d’hormone au fur et à mesure de la journée. Le corps fonctionne naturellement sur un rythme de 25,6 heures, pas 24. La lumière du jour a un effet synchronisateur en suscitant la production de cortisol tôt le matin – qui favorise l’éveil – et en bloquant celle de la mélatonine – qui favorise l’endormissement. La régularité des repas, la variation des activités physiques ont aussi un rôle synchronisateur : les hormones s’adaptent au rythme imposé et se diffusent après de manière régulière et permettent un sommeil de qualité. Or le sommeil a une fonction réparatrice, influence l’humeur, la capacité de concentration. De nombreuses études ont démontré qu’un mauvais sommeil augmente le risque de maladies chroniques et cardio-vasculaires. Donc votre corps trouve un rythme en se calant sur la lumière du jour, les heures de repas etc. et là paf ! on change d’heure. Il faut se resynchroniser. Pour la plupart des gens cela ne pose pas trop de problème mais les enfants et les personnes âgées vont être plus durement désynchronisés ainsi que des adultes qui présentent déjà des troubles du sommeil. Sur le plan physiologique, le changement d’heure n’est pas rationnel. On a déjà des contraintes de variations de la lumière liées à la saison – avec un hiver propice aux « dépressions hivernales ».

Les Etats vont probablement pouvoir choisir s’ils souhaitent adopter l’heure d’hiver ou d’été. Laquelle est plus adaptée ?

En soi, je serai plutôt favorable à une exposition lumineuse plus intense dans les heures de réveil. Si on s’expose rapidement à la lumière, on est mieux rythmé avec la sécrétion de cortisol. La lumière permet aussi la sécrétion de vitamine D qui a un effet sur la constitution osseuse et est un stimulant musculaire. Il faut privilégier l’exposition lumineuse la plus longue donc l’heure d’hiver est mieux adaptée.

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