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« Un dernier coup sur moi. Vivons-nous dans l’Allemagne nazie? »

logo de ici.radio-canada.caici.radio-canada.ca 2017-01-11 Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
© La Presse canadienne

Donald Trump a exprimé son intention d’attaquer de front le déséquilibre commercial qui existe, au détriment des États-Unis, avec des pays comme la Chine, le Mexique ou encore le Japon.

Il promet notamment d’imposer d’importances taxes douanières aux entreprises américaines qui déménageraient leurs activités au Mexique alors que l’ensemble des États-Unis leur est accessible.

Pour la première fois depuis qu'il a été élu président des États-Unis, Donald Trump répond aux questions des journalistes, mercredi, lors d'une conférence de presse organisée dans la Trump Tower, en plein cœur de Manhattan.

L’exercice était fort attendu, puisque M. Trump ne répond que rarement aux questions de la presse, qu’il n’hésite pas à traiter de « mauvaise » ou de « malhonnête » sur Twitter, son mode de communication privilégié.

Sa dernière conférence de presse remonte au 27 juillet. Il avait alors invité la Russie à trouver 30 000 courriels supprimés par son adversaire démocrate, Hillary Clinton.

Les premières questions des journalistes ont porté sur ses relations avec la Russie de Vladimir Poutine.

M. Trump a été interrogé sur les documents potentiellement explosifs révélés mardi soir par les médias américains, selon lesquels le Kremlin disposerait de « dossiers compromettants » sur lui.

Selon CNN, le document, jugé crédible par le renseignement américain, a été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique qui a été en poste à Moscou et qui dirige aujourd’hui une société privée de renseignements.

Publié par le site Buzzfeed, qui précise ne pas avoir été en mesure de l’authentifier, le document avance que Moscou détient une vidéo à caractère sexuel filmée par les services russes lors d'une visite de M. Trump à Moscou en 2013 pouvant être utilisée pour faire du chantage.

Le document fait également état d’échanges de renseignements supposés pendant plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin.

Après avoir dénoncé ces « fausses informations » sur Twitter mardi soir, M. Trump en a rajouté mercredi matin, en s’appuyant sur le démenti formel du Kremlin. « Je n’ai rien à voir avec la Russie – aucun contrat, aucun prêt, rien! », a-t-il écrit.

« Les agences de renseignements ne devraient pas permettre que ces fausses nouvelles soient ébruitées », a-t-il pesté sur Twitter. « Un dernier coup sur moi. Vivons-nous dans l’Allemagne nazie? »

Avant que Trump ne prenne la parole, un porte-parole du président désigné, Sean Spicer, a pour sa part qualifié cette histoire de fausse et scandaleuse, accusant Buzzfeed d’avoir tenté de façon pathétique d’augmenter son lectorat. Le vice-président désigné, Mike Pence, a lui aussi été impitoyable à l'égard de ce média.

Donald Trump a remercié, sinon, les médias qui ont traité avec méfiance cette histoire.

M. Trump entretient des relations difficiles avec les services de renseignement américains depuis que ces derniers ont affirmé que la Russie s’était livrée à du piratage informatique lors de l’élection présidentielle, dans le but de l’aider à accéder à la Maison-Blanche.

Le chef de cabinet du président désigné, Reince Priebus, a déclaré dimanche que M. Trump « accepte le fait » que du piratage a été effectué par des « entités en Russie », sans préciser si son patron admettait qu'ils étaient commandités par M. Poutine.

La conférence de presse de M. Trump se déroule au moment où la commission des Affaires étrangères du Sénat mène ses audiences visant à se prononcer sur la nomination de Rex Tillerson à titre de secrétaire d’État. L’ex-président-directeur général d’ExxonMobil est réputé pour ses bonnes relations avec Moscou.

M. Tillerson a déclaré d'entrée de jeu que les « activités récentes [de la Russie] sont allées à l'encontre des intérêts américains ».

Quel avenir pour Trump Organization?

Après avoir répondu à quelques questions, Donald Trump a laissé sa place derrière le lutrin à une avocate venue expliquer ce qui adviendrait de son empire.

L'avocate, Sheri Dillon, a expliqué que M. Trump, bien que la loi sur les conflits d'intérêts ne s'applique pas au président, se retirera néanmoins de la gestion la Trump Organization.

Mme Dillon a précisé que les avoirs de Donald Trump dans Trump Organization, qui comprend des « centaines d'entités » seront placés dans une fiducie. La compagnie sera gérée par ses fils.

Le président élu devait initialement rencontrer la presse le 15 décembre pour s'exprimer sur le devenir de son empire immobilier. Il avait finalement annulé le rendez-vous, mais avait tweeté qu'il allait « abandonner [ses] affaires avant le 20 janvier pour pouvoir [se] concentrer sur la présidence », bien que la loi ne l'y oblige pas.

Son groupe a des activités dans 20 pays, de l'Écosse à Dubaï en passant par les Philippines, de l'hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels. Non cotée en Bourse, cette société ne publie aucun chiffre.

Le milliardaire ayant refusé de publier sa déclaration d'impôts, il est impossible de se faire une idée précise de ses affaires. M. Trump a déjà déclaré que sa fortune était de 10 milliards de dollars, alors que le magazine Forbes lui en accorde 3,7 milliards.

M. Trump a déjà dit que deux de ses fils, Donald et Eric, allaient gérer l'entreprise, mais n'a pas donné davantage de détails. On ne sait pas, par exemple, si « l'abandon » annoncé de ses affaires se traduirait par un désinvestissement ou par le recours à une fiducie sans droit de regard.

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