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En Inde, un prince gay transforme son palais en centre d'accueil LGBT

logo de Liberation Liberation 2018-02-14 Théo Blain

Dans un pays où les relations entre deux personnes de même sexe sont théoriquement punies par la loi, Manvendra Singh Gohil promeut depuis des années la tolérance sexuelle et une meilleure prévention du VIH.

Manvendra Singh Gohil en décembre 2016 à New Delhi. © SAJJAD HUSSAIN Manvendra Singh Gohil en décembre 2016 à New Delhi.

Un peu plus de dix ans après son coming out, Manvendra Singh Gohil a lancé une campagne de financement pour construire, dans l’enceinte de son palais de 60 000 m2, un centre d’accueil pour les membres de la communauté LGBT+ reniés par leur famille. Fils héritier du maharajah de Rajpipla, dans l’Etat du Gujarat, le prince Manvendra milite pour les droits des minorités sexuelles en Inde depuis plus de quinze ans.

Le centre d’accueil destiné aux homosexuels et aux personnes touchées par le virus du sida devrait être composé d’espaces d’hébergement, d’un centre de formation et d’une infirmerie. La construction de ce complexe se fait sous l’égide de Lakshya Trust, une ONG qu’il a créée en 2000 pour promouvoir la tolérance sexuelle et une meilleure prévention du VIH.

De fortes pressions sociales

En Inde, les relations entre deux personnes de même sexe sont théoriquement punies par la loi, l’article 377 du code pénal prévoyant des peines qui peuvent aller jusqu’à la perpétuité pour tout «rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme ou un animal». Si l’application de cet article est de plus en plus restreinte – aucune personne n’a été emprisonnée pour ce motif ces quatre dernières années –, les homosexuels subissent encore de fortes pressions sociales, notamment de la part de la police.

Les relations des membres de la communauté LGBT+ avec la société sont souvent difficiles : bien souvent, les parents déshéritent et mettent à la rue un enfant qu’ils jugent coupable de «déviance» ou de comportement «anormal». Manvendra Singh Gohil a lui-même subi une campagne de haine lorsqu’en 2006, il a témoigné publiquement de son homosexualité dans la presse indienne puis à la télévision américaine. Ses parents l’avaient auparavant soumis à des thérapies médicales et religieuses, et l’ont un temps déshérité.

La dépénalisation de l’homosexualité en débat

Malgré un conservatisme de la société indienne, la perspective d’une dépénalisation de l’homosexualité se rapproche. En août 2017, un arrêt de la Cour suprême indienne a rappelé que chaque citoyen a droit au «respect de la vie privée», une notion qui inclut la sexualité. Depuis janvier, la même Cour suprême examine la constitutionnalité de l’article 377, hérité de la colonisation britannique. Au moment d’entamer les débats, les magistrats ont notamment expliqué que «l’ordre de la nature n’est pas invariable» et que «la loi doit s’adapter aux réalités de la vie».

Cette prise de conscience doit beaucoup au prince Manvendra, qui s’est affiché ouvertement avec son compagnon. Si le maharajah ne dispose d’aucun pouvoir politique depuis plus d’un demi-siècle, ce titre, le deuxième plus haut rang de pouvoir dans l’histoire de la culture hindoue, est toujours très symbolique.

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