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La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l'OIF

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-10-12 avec Agence France-Presse, La Presse canadienne et Reuters
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L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus, vendredi, une nouvelle secrétaire générale à sa tête. Au terme d'une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

« En tant que secrétaire générale, je compte donner de l'importance au français dans un monde de plus en plus multilingue car je suis très convaincue que le Français a toute sa place parmi les autres langues et pour le bien de notre monde global », a déclaré Louise Mushikiwabo après sa désignation par les 84 membres de l'organisation.

Je compte rendre à la francophonie son plein rôle comme instance de médiation, de dialogue, de reconstruction et de négociation.

Louise Mushikiwabo

« Ce que l'on souhaite, c'est que madame Mushikiwabo provoque une sorte d'électrochoc pour démontrer à cette jeunesse francophone que la francophonie c'est pas juste une idée où l'on se complaît dans la défense de la langue française, que c'est aussi quelque chose de très concret qui apporte des services au quotidien en termes d'insertion économique », explique-t-on à l'Élysée.

La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l'OIF © LUDOVIC MARIN La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l'OIF

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L'ancienne journaliste et politicienne canadienne avait offert la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été montré du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Selon des observateurs, un calcul géopolitique est entré dans l’équation menant à la décision d'Ottawa : en choisissant de se ranger dans le camp africain, le gouvernement Trudeau espère s’attirer les faveurs de l'Afrique dans sa quête d'un siège au Conseil de sécurité, en 2020.

Selon Jocelyn Coulon, chercheur au Cérium de l'Université de Montréal, il faudra tirer des enseignements de cette élection. « Le processus de sélection et de nomination du secrétaire général est en crise, comme le démontre le psychodrame où a été plongé l'OIF pendant une semaine », a-t-il déclaré vendredi à La Presse canadienne.

« Il faut le réformer pour le rendre plus transparent, ce qui donnera plus de crédibilité à l'élu », a suggéré cet ancien conseiller du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion.

De son côté, le président rwandais Paul Kagame a mis sur le compte de la colère et de l’amertume les propos de Mme Jean au sujet de son pays. « Je crois que c’était mal de sa part », a indiqué M. Kagame en entrevue à La Presse canadienne vendredi. « Dire à des gens qu’ils ont pris la mauvaise décision – que ça aurait dû être elle et personne d’autre – de cette façon, je crois que ça illustre le problème. »

Les pays africains composent la vaste majorité des 54 États et gouvernements membres de l'OIF alors qu’à l’ONU, ils représentent plus du quart des pays membres.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l'OIF, ainsi que l'appui d'une flopée de pays de l'Union africaine.

« L'épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du Sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. Le français et l'anglais sont deux des quatre langues officielles du pays, mais l'anglais est devenu la langue obligatoire à l’école. De plus, c'est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n'est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et 4 « membres associés ». L'Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

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Selon l'OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd'hui.

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