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Tomoya Hosoda, premier homme transgenre élu au Japon (et dans le monde)

logo de Liberation Liberation 2017-03-20 Florian Bardou
Tomoya Hosoda © Fournis par Libération Tomoya Hosoda

A la mi-mars, ce diplômé en médecine a été élu conseiller municipal de la ville d’Iruma, dans le Kanto. Un pas de plus pour la visibilité des personnes trans.

Une bouille de poupon, des lunettes rectangulaires et un très large sourire. Agé de 25 ans, Tomoya Hosoda, un jeune diplômé en médecine de l’université de Teikyo, a été élu à la mi-mars conseiller municipal de la ville d'Iruma, dans le Kanto, centre du Japon. Anecdotique dites-vous ? Pas vraiment. Car en accédant à son maroquin, Tomoya Hosoda est devenu le premier homme trans out à être élu au suffrage universel dans le monde. Tout un symbole pour la cause trans.

Au moment de faire son coming out en 2015, le jeune homme soulevait d'ailleurs l'importance de la visibilité dans un pays où la tentation du placard est encore grande pour les personnes LGBTI. «Jusqu'à récemment, les gens ont agi comme si les minorités sexuelles et de genre n'existaient pas, confiait alors Tomoya Hosoda à Out in Japan. Il y a encore beaucoup d'obstacles à surmonter mais j'espère être à la hauteur des attentes de tout le monde.»

En 1999, la première députée transgenre

De fait, le jeune homme fait effectivement partie des rares élus à avoir rendu public leur identité de genre, soit à être ouvertement trans. Dans l'archipel nippon par exemple, seule l'écrivaine Aya Kamikawa l'a précédé en devenant en 2003 la première femme trans élue (puis réélue) au conseil municipal de Tokyo. Par ailleurs, ce n'est qu'en 1999 qu'une personne trans a pu accéder à la députation : c'était en Nouvelle-Zélande et il s'agissait de l'ex-travailliste Georgina Beyer, également maire de la petite localité de Caterton, près de la capitale Wellington. 

«C'est un triste honneur d'être la première», ironisait à ce propos Michelle Suarez Bertora, première personne transgenre à rejoindre en tant que suppléante le sénat uruguayen sous les couleurs du Parti communiste en 2014. «Jusqu’à présent, j’ai été la première et seule femme transexuelle élue députée en Espagne. Cela en dit énormément sur les préjugés et les tabous de notre société», confiait également Carla Antonelli, élue régionale de Madrid. Lors de notre rencontre en juillet 2015, dans les locaux du Parti socialiste ouvrier espagnol (Psoe) de l’Assemblée de la communauté de Madrid, l'instigatrice de la loi espagnole sur l'identité de genre en 2007 regrettait en effet que la visibilité des personnes LGBT (comme la sienne) engendre des agressions LGBTphobes, «le prix de la liberté».

Camille Cabral, une élue trans à Paris

Néanmoins, les choses changent. Ces dernières années, de plus en plus de personnes trans accèdent à des fonctions publiques un peu partout dans le monde. Au Venezuela, aux Philippines et en Pologne, la juriste et avocate anti-Chavez Tamara Adrian, la journaliste libérale Geraldine Roman ou l'écologiste Anna Grodzka, à l'origine d'une loi sur le changement de genre qui a reçu le véto du président Andrzej Duda, ont toutes les trois été largement élues députées. En Grande-Bretagne par ailleurs, c'est du côté des pro-brexit qu'il faut trouver la seule personnes trans (et lesbienne) à avoir été élue, l'ex-eurodéputée Ukip Nikki Sinclaire, également soupçonnée de blanchiment d'argent. Enfin, à Taiwan, la hackeuse libertaire Audrey Tang est devenue à l'automne 2016 la première femme trans nommée ministre (de l'Economie numérique) dans le gouvernement progressiste de la présidente Tsai Ing-Wen.

Et en France ? Seules deux femmes trans ont obtenu un mandat public  en une quinzaine d'années : la dermatologue d'orgine brésilienne Camille Cabral, fondatrice de l’association Prévention action santé travail pour les transgenres (Pastt), défenseuses des prostituées, élue conseillère du XVIIe arrondissement de Paris en 2001 avec les verts et Diane Potiron(1), élue conseillère municipale affiliée PS au Château-d’Oléron. Mentionnons également les candidates out et visibles : la présidente de Trans-Europe Brigitte Goldeberg, qui a échoué à avoir les 500 parrainages nécessaires à une candidature à la présidentielle en 2012, l’insoumise Camille Barré, première candidate trans (et communiste) aux législatives de 2007 face à Patrick Ollier (ex-UMP) dans les Hauts-de-Seine, ou encore la comédienne Pascale Ourbih et Florence Bertocchio (ex-porte-parole de l'Inter-LGBT), candidates sur les listes écologistes aux municipales à Paris et Toulouse en 2014. Mais là encore, il reste beaucoup à faire. 

(1) Elle ou lui ? Une histoire des transexuels en France, Maxime Foerster, éd. La musardine, réed. 2012 - pp 186

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