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L’économie circulaire comme solution au gaspillage du plastique

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2019-11-01 Marc-Antoine Bélanger
© CBC/Talia Ricci

Des centaines d'experts se sont réunis pour une conférence sur l'économie circulaire à Vancouver afin de discuter de la réutilisation et du recyclage du plastique.

Dans une économie circulaire, 3 millions de tonnes de plastique d'une valeur de 8 milliards de dollars pourraient offrir des occasions d’affaires, selon les organisateurs de la conférence

La valeur estimée des matériaux de plastique jetés par les Canadiens atteindra 11 milliards de dollars chaque année d'ici 2030.

Pierre G. Lafleur, professeur en génie chimique à Polytechnique Montréal se fait pédagogue : « Dans l’économie qu’on appelle linéaire, tu prends le matériau du pétrole, tu en fais un plastique, puis ensuite tu le jettes », explique celui qui est aussi membre d’un laboratoire d’accélération en économie circulaire sur les plastiques.

On dirait que cette économie est dépassée. Maintenant, il faut une économie circulaire.

Pierre G. Lafleur, professeur en génie chimique, Polytechnique Montréal
Pierre G. Lafleur croit que les gouvernements ont un rôle à jouer dans le marché du recyclage. © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Pierre G. Lafleur croit que les gouvernements ont un rôle à jouer dans le marché du recyclage.

« Dans une économie circulaire, on prend le plastique, on le recycle, on le remet dans le système et ensuite on continue dans la boucle. Évidemment, on réduit notre utilisation des énergies fossiles », souligne-t-il.

On remet les matériaux dans la boucle et on sauve de l’énergie.

Pierre G. Lafleur, professeur en génie chimique, Polytechnique Montréal

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Plus tôt cette année, une étude du ministère fédéral de l’Environnement et du Changement climatique a révélé que 86 % des plastiques finissent dans les sites d’enfouissement.

Le matériel neuf moins cher que le recyclé

« Un matériau recyclé au bout de la chaîne et transformé en granules de polymères pour être réutilisé, bien son prix de revient est plus cher qu’un matériau vierge », fait remarquer l’expert.

Selon lui, le manque de législation est à la source du problème. « Il n’y aucune législation au Canada qui dit que vous devez utiliser des matériaux recyclés dans telle ou telle application. Alors quelle entreprise voudrait payer plus cher pour avoir des matériaux recyclés quand le [matériel] vierge à meilleur prix? »

Il donne l’exemple du plastique recyclé pour fabriquer un aspirateur, qui va avoir une durée de vie plus grande qu’une bouteille de plastique.

À son avis, l’Europe, où certaines juridictions exigent jusqu’à 25 % de matières recyclées [dans les nouveaux produits], agit en chef de file. « Grâce aux lois, vous créez une industrie du recyclage », observe-t-il.

Pierre G. Lafleur encourage les gouvernements à adopter des lois pour favoriser l’émancipation de l’industrie du recyclage, et le développement du marché.

Il suggère aussi de développer de nouveaux produits plus faciles à recycler, « si on arrive au bout et qu’il n’y a pas de marché de recyclage, ça ne sert à rien ». Il faut créer le système de l’économie circulaire, résume-t-il.

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Des villes sans réel pouvoir

La conférence Zéro Déchet a aussi représenté une occasion pour des acteurs politiques de découvrir les initiatives d’autres juridictions.

Pete Fry, conseiller municipal à la Ville de Vancouver, juge important de réunir les acteurs de l’industrie pour partager la connaissance et apprendre sur ce qui se fait ailleurs.

Le conseiller municipal Pete Fry croit que les gouvernements provinciaux et fédéral sont les mieux placés pour adopter des lois ayant trait à l'environnement. © Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Le conseiller municipal Pete Fry croit que les gouvernements provinciaux et fédéral sont les mieux placés pour adopter des lois ayant trait à l'environnement.

Il pose une réflexion sur le rôle du consommateur dans la vie des plastiques.

« Comme consommateurs aujourd’hui, nous sommes habitués à la commodité de l’emballage. On se l’approprie et on en dispose. À l’époque, le fabricant prêtait l’emballage au consommateur pour le reprendre et le réutiliser », explique Pete Fry.

Les consommateurs, croit-il, jouent un rôle important. « Comme consommateur, nous devons prioriser les bonnes pratiques plutôt que la facilité », dit-il. Selon lui, le consommateur a le pouvoir de choisir ses produits et de dicter l’offre à un certain stade. « Si je suis prêt à acheter un produit parce qu’il a une meilleure empreinte environnementale, je contribue à ce que le capitalisme travaille en notre faveur, en faveur de l’environnement », renchérit-il.

« En tant que municipalité, nous n’avons pas le même pouvoir légal que la province ou le gouvernement fédéral. Nous l’avons vu à Victoria où l’interdiction des sacs de plastique a été déboutée en cour. Donc nous avons besoin de l’aide de la province pour adopter les lois ou nous laisser le champ libre », relate-t-il.

Le Canada sera l’an prochain l’hôte du Forum mondial de l’économie circulaire, qui se déroulait cette année en Finlande.

Avec les informations d’Anaïs Elboujdaïni

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