Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Projet-pilote pour mieux cerner la prévalence du VIH

logo de ici.radio-canada.caici.radio-canada.ca 2017-02-15 Radio-Canada
Projet-pilote pour mieux cerner la prévalence du VIH © Fournis par Radio Canada Projet-pilote pour mieux cerner la prévalence du VIH

Des chercheurs de l'Université Concordia, à Montréal, tenteront de préciser le portrait qu'on a de l'incidence du VIH chez les Autochtones, qui sont plus durement touchés que le reste de la population du Canada.

Un texte de Bernard Barbeau

« On va inviter des gens qui sont vulnérables au VIH pour leurs pratiques sexuelles ou leur utilisation de drogue, et qui sont issus des Premières Nations, Métis et Inuits, qui viennent à Montréal pour un séjour assez long », a expliqué Gilbert Émond, à la barre de ce projet-pilote.

« On va leur proposer d’avoir un test de VIH, de voir les résultats, et de répondre à des questions qui concernent leurs habitudes et leur mobilité », a-t-il dit en entrevue. Il s’attend à avoir les premières données dans six mois.

Le programme est concentré dans la métropole québécoise. « Montréal, parce que pour l’instant, on n’a qu’un peu de sous et de possibilités, a indiqué M. Émond. Et c’est Montréal qui est l’épicentre du VIH au Québec. On part de là. Si on voit qu’il y a un problème à Montréal, on comprendra qu’il pourrait y en avoir un dans les communautés des Premières Nations, Inuits ou Métis partout au Québec. »

« Si, à l’inverse, on n’a pas de problème apparent ou de surnombre [comme on le suppose], on va quand même consulter les Premières Nations, parce que le but, c’est de mieux les équiper pour prendre des décisions sur des enquêtes ou des recherches futures », a-t-il ajouté.

Surreprésentation des Autochtones

Les Autochtones ne constituent qu’autour de 4 % de la population canadienne. Pourtant, en 2011, ils représentaient près de 9 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au pays, selon les estimations les plus récentes transmises par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Et plus de 58 % des nouvelles infections au VIH étaient attribuables à l'utilisation de drogues injectables chez les Autochtones, alors qu’elle était de moins de 14 % dans l'ensemble de la population du pays.

La surreprésentation des membres des Premières Nations est ainsi liée aux autres enjeux sociaux qui les touchent, mais aussi à une certaine négligence des gouvernements, a estimé M. Émond.

Outre la toxicomanie, le risque d'infection chez les Autochtones est lié à divers facteurs, dont la pauvreté, la santé mentale, le racisme et les expériences traumatisantes vécues durant l'enfance, note de son côté l’ASPC. Elle montre aussi du doigt les effets du colonialisme et du système de pensionnats.

« On accuse les gens d’être des usagers de drogue et donc des méchantes personnes plutôt que de se dire qu’elles sont en train de jouer leur vie à la fois avec la drogue et avec leur sexualité », a souligné Gilbert Émond.

Mais la compassion n’est pas son seul argument : « À chaque fois qu’une personne est infectée, ça va coûter quelque chose comme 400 000 $ à l’État pour la soigner. »

Les femmes plus à risque que dans les autres groupes

Au sein des Premières Nations, les femmes sont presque aussi souvent atteintes du VIH que les hommes, ce qu’on ne constate pas dans l’ensemble de la population. Entre 1998 et 2012, elles représentaient auprès de la moitié de toutes les nouvelles infections chez les Autochtones, tandis que chez les autres groupes ethniques, les femmes ne représentaient qu’un nouveau cas sur cinq.

Les Autochtones tendent aussi à être touchés plus jeunes que les autres. Dans la même période, ceux âgés de 15 à 29 ans représentaient plus de 31 % des nouveaux résultats positifs au test du VIH, contre un peu plus de 22 % parmi les autres groupes ethniques.

Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon