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Islamophobie: des manifestations contre M-103

logo de La Presse canadienneLa Presse canadienne 2017-03-04 Vicky Fragasso-Marquis
Manifestations contre M-103, la motion sur l'islamophobie

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MONTRÉAL - L'ambiance était tendue dans le Vieux-Montréal, samedi midi, alors que plus de 200 manifestants de différentes factions se sont réunis au même endroit pour contester — ou appuyer — une initiative du gouvernement libéral à Ottawa visant à condamner l'islamophobie au Canada.

«Nous aussi, on haït les racistes», scandaient les manifestants opposés la motion libérale, alors que les contre-manifestants leur répondaient: «Tout le monde déteste les racistes».

Le rassemblement initial était organisé par la Coalition canadienne des citoyens inquiets (Canadian Coalition of Concerned Citizens — CCCC) et visait à dénoncer la motion 103 contre l'islamophobie déposée à la Chambre des communes par la députée libérale de Mississauga—Erin Mills, en Ontario, Iqra Khalid. Le texte de la motion appelle le gouvernement à «reconnaître qu'il faille endiguer le climat de haine et de peur qui s'installe dans la population» et «condamner l'islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques».

«C'est une entrave à la liberté d'expression. Ça n'a pas sa place ici, cette (motion)-là», a soutenu Sébastien Poirier de PÉGIDA Québec, un mouvement anti-immigration, qui a qualifié ses opposants «d'anarchistes».

«Je suis ici contre le fascisme et le suprémacisme blanc. On ne veut pas qu'il y ait des gens dans nos quartiers qui soient activement violents envers des immigrants, des personnes de couleur», a affirmé une contre-manifestante, Lauren, qui étudie à l'université Concordia. L'établissement universitaire a d'ailleurs reçu des menaces d'attentat à la bombe contre des étudiants musulmans.

Manifestation à Montréal le 4 mars 2017. © Graham Hughes/La Presse canadienne Manifestation à Montréal le 4 mars 2017.

Vers 11 h 30, les manifestants des deux camps étaient réunis devant l'hôtel de ville, mais le rassemblement a rapidement dégénéré. Des bombes fumigènes ont été lancées et une bataille a même éclaté entre deux militants. Les policiers, qui étaient très nombreux sur place, sont alors intervenus pour séparer les deux groupes, qui sont restés l'un devant l'autre pendant une trentaine de minutes.

Les centaines de militants se sont ensuite déplacés dans des rues parallèles vers le Quartier latin, où des activistes ont finalement brûlé des pancartes des opposants à la motion M-103. En après-midi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) disait n'avoir procédé à aucune arrestation et ne faisait état d'aucun blessé.

Montréal, 4 mars 2017. © Graham Hughes/La Presse canadienne Montréal, 4 mars 2017.

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«Si on laisse cette motion-là entrer en vigueur, il y a plusieurs lois qui vont suivre, dont l'Islam radical. C'est incompatible avec nos valeurs judéo-chrétiennes et ça va à l'encontre de la démocratie», a martelé Stéphane Roch, du groupe anti-islamiste La Meute, dont les membres ont plusieurs fois scandé le slogan: «liberté».

Les manifestants de La Meute, qui étaient très présents avec leurs drapeaux de pattes de loups, se sont défendus d'être un groupe raciste ou fasciste.

«La Meute n'est pas de l'extrême-droite, n'est pas raciste, n'est pas fasciste. La Meute, c'est une organisation citoyenne. Qui est la Meute? C'est tous les gens qui disent non à la radicalisation», a ajouté M. Roch.

L'un des contre-manifestants a toutefois remis en doute cette affirmation.

«Leur discours repose sur la construction d'un ennemi. Il y a une inflation verbale; on se crée un adversaire, qu'il faudrait en fin de compte expulser. Ils ont beau dire qu'ils sont pacifistes, il y a quand même dans leur rhétorique quelque chose de profondément violent dans le fait de dire qu'il y a une population au Québec qui pose problème», a souligné un étudiant de 23 ans, qui ne voulait pas être nommé dans cet article parce qu'il craignait pour sa sécurité.

«Même s'ils disent que (sur le plan) des moyens, ils sont pacifistes, qu'ils ne veulent pas avoir recours à la violence, leur discours laisse quand même entendre que ce n'est pas tout le monde qui est bienvenu ici», a-t-il ajouté.

Des rassemblements de la CCCC se déroulaient en parallèle dans plusieurs villes canadiennes, de Vancouver, à Calgary, en passant par Toronto. Au Québec, des rassemblements étaient prévus entre autres à Québec, à Saguenay et à Sherbrooke.

Manifestation à Toronto le 4 mars 2017. © Chris Helgren/Reuters Manifestation à Toronto le 4 mars 2017. Winnipeg, 4 mars 2017. © Lyle Stafford/Reuters Winnipeg, 4 mars 2017.

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