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Après l'austérité, la prudence ou les baisses d'impôt ?

logo de ici.radio-canada.caici.radio-canada.ca 2017-02-16 Radio-Canada
Après l'austérité, la prudence ou les baisses d'impôt ? © Jacques Boissinot Après l'austérité, la prudence ou les baisses d'impôt ?

Si le ministre des Finances Carlos Leitao peut aujourd'hui parler de réinvestissement en éducation, c'est parce que son gouvernement a fait le choix de réduire considérablement la croissance des dépenses en éducation et en santé, les deux secteurs les plus importants dans le budget du Québec.

Oui, les revenus ont été plus importants que prévu et oui, les taux d'intérêt ont été moins élevés qu'attendu. Mais, les compressions, la rigueur, l'austérité, nommez les choses comme bon vous semble, ont permis au gouvernement couillard de dégager des marges de manoeuvre pour aujourd'hui parler de marge de manoeuvre et pour, possiblement, très bientôt, parler de baisse d'impôt.

Ces deux graphiques sont clairs. Le premier montre qu'on est passé d'une croissance des dépenses en éducation et culture de plus de 5 % à environ 1 %. Et le second montre qu'on a fait passer les dépenses en santé de 4 % à 5 % à moins de 2 %.

Je tiens à souligner que des dépenses à 4 % ou 5 % ont été enregistrées sous des gouvernements du Parti libéral et du Parti québécois. La réduction des dépenses à 1 % ou 2 % a été constatée dans les 2 premiers budgets de Carlos Leitao.

Ainsi, la réduction de la croissance des dépenses en éducation et culture représente de 800 millions à 1 milliard de dollars.

Et la réduction de la croissance des dépenses en santé et services sociaux représente 1,5 milliard de dollars de réduction par rapport au rythme du budget de 2013-14 et de 850 millions de dollars par rapport au rythme de croissance du budget de 2011-12.

Ainsi, les compressions du gouvernement Couillard en santé et services sociaux ainsi qu'en éducation et culture se situent quelque part entre 1,6 milliard et 2,5 milliards de dollars.

Cet argent a épongé le déficit aux comptes publics de 2013-14, qui était de 1,7 milliard de dollars. Avec les revenus plus élevés et les taux d'intérêt plus faibles, le gouvernement a réussi à générer un surplus de 3,6 milliards de dollars avant le versement au Fonds des générations en 2015-16 et prévoit 2,2 milliards en 2016-17.

Mon collègue Rudy Le Cours dans La Presse expliquait cette semaine, avec justesse, l'importance de maintenir une marge de manoeuvre budgétaire à Québec.

Une récession pourrait survenir dans les prochaines années et, avec le vieillissement de la population, les pressions financières ne vont que grandir.

Dans les circonstances, on peut dire qu'il serait particulièrement incohérent pour le gouvernement Couillard d'annoncer des baisses d'impôt dans le budget du mois prochain ou dans celui de mars 2018, qui précèdera de 6 mois l'élection générale.

Il y a certes des vertus aux baisses d'impôt, mais il y en a peut-être plus dans la cohérence, celle qui s'inscrit dans ll'intérêt public... et non électoral !

Le Parti libéral du Québec a écrit noir sur blanc, dans son programme de campagne en 2014, qu'il voulait baisser les impôts des Québécois. Très bien. Vont-ils le faire avec les milliards coupés en santé et en éducation ?

Quand Carlos Leitao annonce qu'il veut jouer de prudence et investir en éducation, très bien aussi. Mais, est-ce qu'en réalité, il va le faire avec les milliards coupés de 2014 à 2016 ?

Tout le monde souhaite une gestion saine et intelligente des finances publiques.

Mais, avec des compressions deux fois moins importantes et étendues sur un plus grand nombre d'années, le gouvernement aurait pu tout de même atteindre l'équilibre budgétaire tout en réduisant les effets sur les services et en évitant de ralentir la croissance économique.

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