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Les Tanguys peuvent être un poids pour les parents

logo de La Presse canadienneLa Presse canadienne 2017-02-03 David Hodges
La locandina del film francese Tanguy © Fornito da Rai News La locandina del film francese Tanguy

TORONTO - Le phénomène des Tanguys — ces jeunes adultes qui refusent de quitter le nid familial ou qui y reviennent — prend de plus en plus d'ampleur au Canada.

Selon une planificatrice financière, Rona Birenbaum, ce phénomène peut être attribuable à une parfaite combinaison de facteurs.

«Les assises financières de la présente génération de parents sont globalement plus solides que celles de la précédente. De plus, l'éducation des enfants coûte de plus en plus cher. Les enfants sont plus endettés lorsqu'ils obtiennent leur diplôme. L'accès au marché du travail est plus difficile. Les salaires et les avantages sociaux sont assurément inférieurs (à ceux de leurs parents)», énumère la fondatrice de la firme Caring for Clients.

Les données de l'Enquête nationale auprès des ménages confirment l'existence du phénomène. En 2011, 42 pour cent des adultes âgés de 20 à 29 ans vivaient chez leurs parents; en 1981, la proportion n'était que de 27 pour cent.

Mme Birenbam soutient que le fossé entre des parents qui aident leur enfant à vivre une transition à court terme et d'autres embourbés dans une relation de dépendance peut être mince. On peut le combler par un dialogue sérieux et la définition d'objectifs.

Pour un autre planificateur financier, Trevor Van Nest, tout commence par une bonne conversation entre adultes.

«On doit laisser son enfant adulte exprimer ses plans, expose M. Van Nest. Il ne sera peut-être pas capable de les articuler immédiatement, mais on doit les réévaluer quelques semaines avant de conclure un arrangement bien établi.»

Les parents doivent avoir des attentes réalistes sur le temps qu'il faudra à leur enfant pour devenir complètement autonome, dit Mme Birenbaum.

«On doit établir un plan de 12 mois et un plan de 24 mois», affirme-t-elle. Elle ajoute que ceux-ci doivent être régulièrement évalués afin de s'assurer que l'enfant soit en mesure d'atteindre ses objectifs.

Si l'enfant cherche un emploi, M. Van Nest estime que les parents peuvent ne pas lui faire payer un loyer pendant les trois premiers mois de l'entente. Ensuite, celui-ci pourrait s'élever jusqu'à 400 $ par mois. L'enfant peut en attendant trouver un emploi «moins prestigieux» afin de couvrir certaines des dépenses supplémentaires du ménage pendant qu'il recherche un poste dans son champ d'activités.

En attendant, ajoute-t-il, il faut établir une liste de corvées avec l'enfant-adulte qui ne contribue pas financièrement aux dépenses du foyer: il peut cuisiner, faire le ménage ou même promener le chien.

Mme Birenbaum estime qu'il est important d'imposer un loyer à un enfant même si les parents n'ont pas besoin d'un revenu supplémentaire.

«Il doit pouvoir payer un loyer s'il veut mettre de l'ordre dans sa vie», souligne-t-elle.

Elle ajoute que les parents peuvent mettre cet argent de côté afin de donner un cadeau à l'enfant lorsqu'il quittera le nid familial.

«Cet argent pourra l'aider à acheter des meubles pour un nouvel appartement ou pour couvrir d'autres dépenses courantes. Mais les parents doivent garder ce secret pour eux.»

Mme Birenbaum juge utile que les parents aident l'enfant qui revient vivre à la maison à élaborer un budget, ce qui peut réduire les frictions potentielles.

«Il peut être frustrant pour des parents de payer pour des choses alors que l'enfant se rend au bar. Alors si l'enfant dit: "voici ce que sera mon budget pour les prochains six à 12 mois", cela peut aider les parents à prévoir l'aide dont ils auront besoin.»

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