Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Mexique : le gouvernement appelle les entreprises à boycotter le mur

logo de La TribuneLa Tribune 2017-03-20 Grégoire Normand
Le mur devrait s'étendre sur plus de 3.200 kilomètres. © Fournis par La Tribune Le mur devrait s'étendre sur plus de 3.200 kilomètres.

Le projet de mur entre le Mexique et les Etats-Unis fait encore polémique. Ce dimanche 19 mars, le gouvernement mexicain a appelé les entreprises nationales à faire leur "examen de conscience" et à refuser l'appel d'offres de l'administration américaine. Alors que Donald Trump a répété à de nombreuses reprises qu'il ferait tout pour appliquer sa promesse de campagne, le président américain pourrait être confronté à de nombreuses difficultés pour faire financer le mur par le gouvernement mexicain et obtenir la participation les entreprises du pays d'Amérique centrale.

Plus de 700 firmes intéressées

Selon le Financial Times, près de 700 entreprises ont montré un intérêt pour construire cette infrastructure de plus de neuf mètres de haut et 3.200 kilomètres de long entre les Etats-Unis et le Mexique. Il faut dire que le marché peut rapporter gros. En effet, si plusieurs estimations très disparates ont circulé depuis l'élection de Donald Trump, un rapport interne du département de la Sécurité intérieure que Reuters a pu consulter évoque un coût de 21,6 milliards de dollars pour une durée de construction de trois ans.

La semaine dernière, Donald Trump a d'ailleurs présenté son projet de budget fédéral qui prévoit 1,5 milliard de dollars pour financer la construction du mur cette année. Selon Reuters, ce montant servirait tout juste à financer des prototypes, "avant de réclamer une enveloppe de 2,6 milliards de dollars en 2018". Par ailleurs, de nombreuses zones d'ombre demeurent sur les modalités de financement de l'ouvrage et le Congrès, qui a un rôle prépondérant dans le vote du budget, pourrait revoir ces montants à la baisse.

Une forte opposition politique

Outre les contestations du gouvernement mexicain, l'opposition conservatrice a également mis la pression sur les entreprises du pays la semaine dernière. La sénatrice de droite et présidente de la commission des relations extérieures Gabriela Cuevas a lancé selon l'AFP un appel aux autorités mexicaines nationales et locales "à ne plus attribuer de contrat public aux entreprises qui seraient impliquées dans le projet frontalier controversé du président américain." La sénatrice du Parti action nationale a expliqué à l'agence :"Il est logique qu'en matière d'achats gouvernementaux à tous les niveaux, il ne soit plus signé aucun contrat avec des entreprises qui participent à la construction du mur"L'élue a ajouté qu'une révision des lois en matière de construction publique ou d'acquisition était en discussion.

Des entreprises sous pression

Le projet de construction du mur attire l'intérêt des géants du BTP. Il y a quelques jours Eric Olsen, PDG du groupe franco-suisse LafargeHolcim, s'est déclaré favorable à la vente de ciment pour construire le mur anti-migrants, suscitant l'opposition de la présidence française. "Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d'infrastructures aux Etats-Unis" a-t-il déclaré au cours d'une interview.

Longtemps hésitant et pressenti pour remporter la construction de l'ouvrage, le groupe mexicain Cemex a indiqué à l'agence Bloomberg qu'il ne participerait pas à l'appel d'offres. Selon Quartz,le cimentier mexicain aurait subit d'intenses pressions politiques. Et la fronde n'est pas nouvelle. En janvier dernier, le sénateur mexicain Manuel Bartlett indiquait que "cela semble déshonorant pour les compagnies mexicaines de participer" ajoutant "qu'elles feraient passer l'argent au dessus des intérêts nationaux. De toute évidence, la construction du mur est une offense au Mexique".

De son côté, l'entreprise Elementia, qui appartient en partie au milliardaire mexicain Carlos Slim, a refusé catégoriquement de participer à l'appel d'offres du gouvernement américain par le biais de sa filiale Cementos Fortaleza.

D'autres enfin comme le groupe Cementos de Chihuahua ou Ecovelocity basé dans l'Etat de Puebla ont déclaré à un moment donné un intérêt pour participer à cet immense chantier. Mais pour le président  de la Chambre de commerce des entreprises du bâtiment Gustavo Arballo, il est hors de question d'inciter les firmes mexicaines à répondre à cet appel d'offres pour ce projet "absurde". "Je ne vois pas comment les entreprises mexicaines pourraient être intéressées à participer (ndlr : à ce chantier)"a-t-il expliqué.

Publicité
Publicité

Plus d'info : La Tribune.fr

image beaconimage beaconimage beacon