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Uber a perdu au moins 2,8 milliards de dollars en 2016

logo de ITespresso.fr ITespresso.fr 2017-04-18 Clément Bohic
© Clément Bohic, ITespresso.fr

Dans une passe délicate entre affaires de sexisme, combats judiciaires et crise de management, Uber a pris une décision sans précédent pour rassurer sur l’état de son business : communiquer des indicateurs financiers.

Bloomberg se fait l’écho de ces chiffres… qu’on relativisera, au regard des « méthodes comptables » que certains analystes pointent du doigt.

Reste que dans l’absolu, la croissance du volume d’affaires retient l’attention. De moins d’un milliard de dollars en 2013, on est passé à 3 milliards en 2014 et 9 milliards en 2015, pour finalement avoisiner les 20 milliards l’an dernier – hors activités chinoises, cédées au cours de l’été au concurrent Didi.

Une fois déduites les sommes reversées aux chauffeurs, le chiffre d’affaires s’élève à 6,5 milliards de dollars pour l’exercice 2016.

Les pertes se creusent néanmoins dans le même temps, atteignant 2,8 milliards de dollars, contre 2 milliards pour l’année précédente, si on se fie aux estimations qui ont pu circuler. Là aussi, c’est sans compter la Chine, où l’activité est estimée déficitaire à hauteur d’environ 1 milliard de dollars.

GAAP ou pas GAAP ?

Uber cherche surtout à démontrer que ses revenus augmentent bien plus rapidement que ses pertes. Les 3e et 4e trimestres 2016 sont comparés dans cette optique : alors que les pertes progressent de 6,1 %, passant de 943 à 991 millions de dollars, le volume d’affaires croît de 28 %, à 6,9 milliards, tandis que le C.A. affiche une hausse de 74 %, à 2,9 milliards.

Les fameuses « méthodes comptables » sus-évoquées ne seraient pas étrangères à ce différentiel. Elles consisteraient notamment à rapporter comme revenu l’intégralité des sommes que payent les clients dans le cadre des trajets partagés avec le service uberPOOL – sans déduction, donc, de la part reversée aux chauffeurs.

En outre, les pertes communiquées ne tiennent pas compte d’éléments tels que certains investissements immobiliers et les rémunérations des salariés en actions ; données que les sociétés cotées intègrent typiquement dans leurs bilans, en respect des normes US GAAP.

Depuis le commencement de ses activités en 2009, Uber a brûlé plus de 8 milliards de dollars. Mais à la faveur de multiples levées de fonds, son trésor de guerre dépasse les 7 milliards, auxquels s’ajoutent 2,3 milliards d’emprunts bancaires non encore débloqués.

Route(s) barrée(s)

On peut se demander dans quelle mesure ces réserves sont consommées par les multiples procédures judiciaires auxquelles Uber est confronté dans son expansion internationale.

La situation est actuellement tendue en Italie. Le 7 avril, un tribunal de Rome avait sommé la plate-forme VTC de stopper ses activités, après une plainte des chauffeurs de taxis pour concurrence illégale. Un jugement renversé en appel vendredi dernier.

À Taïwan, Uber retrouve tout juste les routes de la capitale après deux mois de suspension pour avoir, selon le gouvernement sur place, exercé en tant que plate-forme Internet et non société de transports. La parade ? Des accords de partenariat avec des loueurs automobiles.

Ce 18 avril marque aussi la fin de l’exploitation de l’app Uber au Danemark, en raison d’un durcissement de la législation. 2 000 chauffeurs et 300 000 clients réguliers sont touchés.

Des tensions se font également ressentir en Californie. Uber encourt un peu plus d’un million de dollars d’amende pour ne pas avoir déconnecté préventivement de sa plate-forme des chauffeurs qui avaient été signalés sous l’empire de l’alcool.

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