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Pas besoin de médecin pour tenir une clinique

Dans la clinique, pas un médecin. Que des infirmières. Leur mission? Évaluer l’état de santé de patients en attente d’un médecin de famille. Depuis un an, l’équipe de la «clinique du GAMF» (guichet d’accès à un médecin de famille) du CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal a vu plus de 1500 personnes dans sa roulotte temporaire située dans le stationnement de l’Hôpital général juif. Certains patients orphelins avaient une maladie grave. Comme cette femme qui souffrait sans le savoir d’un cancer du sein, dépisté grâce à une mammographie prescrite à la clinique du GAMF. Les problèmes de santé détectés à la clinique du GAMF ne sont pas tous aussi sérieux. Il s’agit parfois d’un taux de cholestérol légèrement plus élevé que les normes recommandées. Quelque 115 000 personnes sont sans médecin de famille sur le territoire du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. Parmi elles, 32 000 figurent sur la liste d’attente du GAMF. La clinique, qui roule à plein régime depuis septembre 2021, vise deux clientèles en particulier : les 50 ans et plus sans maladie chronique connue et les 18 à 50 ans ayant une maladie chronique. À la clinique du GAMF, les infirmières cliniciennes peuvent procéder au dépistage du diabète, de l’hypertension, de l’hypercholestérolémie, de l’ostéoporose, du cancer du col utérin et du côlon grâce à des ordonnances collectives. Lorsque les résultats des tests sont anormaux, elles dirigent leurs patients vers une IPS, qui pousse l’investigation plus loin. «Il y a très peu de cas où les IPS nous disent : “J’ai besoin de les envoyer à un médecin”», affirme Marie-Christine Gras, infirmière clinicienne. Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Luc Mathieu, estime que la clinique du GAMF est «une bonne idée, un bon modèle, qui démontre la contribution des infirmières auxiliaires, des infirmières cliniciennes et des infirmières praticiennes spécialisées». Selon Luc Mathieu, il est grand temps que le Québec sorte du «paradigme» d’un médecin pour chaque citoyen. «Si on veut désengorger le système, il ne faut plus, à mon sens, dire que ça prend absolument un médecin de famille.»
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