En utilisant ce service et le contenu associé, vous acceptez l’utilisation des cookies à des fins d’analyse, de publicités et de contenus personnalisés.
Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

«Daech va revenir au bercail, en Afghanistan»

logo de Le FigaroLe Figaro 14.09.2017 Renaud Toffier


Pour le chercheur Karim Pakzad, la défaite de Daech en Irak et en Syrie provoquera une migration du groupe terroriste vers la région afghane.

Au Levant, la fin de l'État islamique se profile. En Syrie, les derniers soldats du califat sont encerclés à Deir-Ezzor par les troupes gouvernementales, appuyées par la Russie. À Raqqa, quelques centaines de djihadistes résistent encore aux Forces démocratiques syriennes, soutenues par les Américains. En Irak, l'armée combat les ultimes poches de résistance, à Hawija notamment.

Mais une défaite militaire est loin de signifier l'extinction d'une idéologie. «Il s'agit maintenant pour Daech de revenir au bercail» estime Karim Pakzad, chercheur à l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) et spécialiste de la région, qui rappelle que les soldats de Daech en Irak sont initialement «des combattants d'Al-Qaïda partis d'Afghanistan sous l'ordre d'Oussama Ben Laden pour mener le djihad contre l'intervention américaine de 2003». Il faudra ensuite plus de dix ans de chaos pour qu'une organisation terroriste proclame, en 2014, son califat à Mossoul: l'État islamique en Irak et en Syrie. Aujourd'hui, après trois longues années, le rêve territorial s'éteint.

En Afghanistan, une question demeure: Daech pourrait-il mener le djihad aux côtés des talibans? «Une coopération a éclaté au grand jour le mois dernier, explique Karim Pakzad. Un village au nord du pays a été attaqué par les deux groupes de manière conjointe». Si tous les talibans ne se reconnaissent pas dans le combat et les méthodes de l'État islamique, ce fait nouveau a de quoi inquiéter. Désormais contraint de mener une bataille contre deux ennemis, Kaboul est aujourd'hui dans une «situation extrêmement délicate», juge le chercheur.

Lundi, comme chaque 11 septembre, le monde se remémorait les attaques survenues 16 ans plus tôt sur le sol américain ; l'occasion comme toujours d'un passage en revue des principales forces terroristes. Des experts en sécurité réunis à Washington concluaient lundi que Al-Qaïda reprenait de la vigueur, mais Karim Pakzad nuance: «Daech ne disparaîtra pas après les défaites de Mossoul et de Raqqa. Il sera encore présent dans les villes sunnites, quitte à changer de nom. Et aujourd'hui, je vois mal des jeunes français, britanniques ou allemands, déterminés à faire le djihad, revenir vers Al-Qaïda.»

Publicité
Publicité

Plus d'info: le figaro.fr

image beaconimage beaconimage beacon