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Des malades mentaux réduits à manger du papier

logo de 24 heures 24 heures 12.01.2018
Des malades mentaux réduits à manger du papier © Fournis par 24 heures Des malades mentaux réduits à manger du papier

Quelque 140 handicapés mentaux de l'hôpital Life Esidimeni à Johannesburg sont morts de faim, de soif ou d'hypothermie.

Deux boules de plastique rigide grosses comme le poing et deux boulettes de papier kraft. Voici le bol alimentaire retrouvé dans l'estomac de Deborah, 46 ans, lors de son autopsie. «Elle est morte de faim. Elle mangeait ce qu'elle trouvait dans sa chambre», a témoigné sa mère, Maria Phelhla, auprès de «The Economist».

Deborah fait partie des patients atteints dans leur santé mentale, transférés par les autorités sanitaires sud-africaines du jour au lendemain, dans des conditions proches de celles du bétail -«beaucoup étaient ligotés et entassés à l'arrière d'un pick-up direction des foyers supposément à but non lucratif». Le but? Économiser les coûts de la vraie prise en charge médicale assurée par un établissement digne de ce nom, en l'occurence Life Esidimeni.

Durant neuf mois en 2016 et en 2017, quelque 1200 patients comme Deborah ont été transférés. Dans l'un des foyers d'accueil improvisés, tenus notamment par de simples institutrices à la retraite, le bien mal nommé «Precious Angels», 23 des 58 patients sont morts de faim, de soif ou faute de soins en moins d'un an; une cadence qui aurait pu rivaliser avec celle des goulags de Staline, ironise «The Economist».

Ces informations ont émergé à la faveur des procès intentés par les familles pour arrêter les transferts. Les avocats qui défendent les familles ont qualifié ce dossier «de pire violation des droits de l'homme depuis l'apartheid». Aucune condamnation n'a été prononcée mais certains acteurs ont été suspendus de leurs fonctions et doivent se plier à des audiences judiciaires.

Pour illustrer l'indicible chaos, l'hebdomadaire donne encore deux chiffres: 59 patients sont toujours portés disparus et 9 corps n'ont pas encore été identifiés.

Jacob Zuma, dont le second mandat expire en 2019, a dû mettre en place une commission sur la corruption à la tête de l'Etat. Il fait lui-même face à 783 chefs d'inculpation de corruption, fraude fiscale et extorsion de fonds.

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