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La Turquie lance son offensive contre une milice kurde en Syrie

logo de Keystone-ATSKeystone-ATS il y a 4 jours
© Fournis par KEYSTONE-SDA-ATS AG

La Turquie a lancé mercredi une offensive dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde soutenue par les Occidentaux dans la lutte antidjihadistes, après que le président américain Donald Trump a paru laisser le champ libre à Ankara.

L'aviation et l'artillerie turques bombardaient en début de soirée les positions des Unités de protection du peuple (YPG) à Ras al-Aïn et Tal Abyad, deux localités du nord-est de la Syrie proches de la frontière turque, selon les médias turcs et une ONG. Les forces kurdes ont annoncé la mort de deux "civils" dans ces raids.

Après les frappes turques, les forces kurdes ont déployé des combattants équipés de lance-roquettes, selon un correspondant de l'AFP. Les médias turcs ont rapporté que huit projectiles tirés par les YPG étaient tombés sur les villes turques frontalières d'Akçakale et de Nusaybin, sans faire état de victime.

L'annonce du début de l'offensive a été faite par le président turc Recep Tayyip Erdogan, plus que jamais déterminé à éloigner de la frontière turque cette milice qu'Ankara considère comme "terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Au moins 18'000 soldats

Baptisée "Source de paix", cette opération est menée par les forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (ANS), des rebelles syriens soutenus par Ankara, a-t-il annoncé sur Twitter. Au moins 18'000 combattants de l'ANS ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé un de leurs porte-parole.

Selon M. Erdogan, cette opération vise "les terroristes des YPG" et du groupe Etat islamique (EI) et a pour but de mettre en place une "zone de sécurité" dans le nord-est de la Syrie. Celle-ci "va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays", a-t-il ajouté.

Cette offensive, que la Turquie menaçait depuis plusieurs mois de lancer, est la troisième d'Ankara en Syrie depuis 2016. Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert dimanche à une telle opération avant de nuancer ses propos et d'assurer que Washington n'avait "pas abandonné les Kurdes", qui ont joué un rôle crucial dans la défaite militaire de l'EI.

Si les Occidentaux louent le rôle des YPG dans la bataille contre l'EI, Ankara considère ces combattants kurdes comme une menace à sa sécurité en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une guérilla sur le sol turc.

Des troupes américaines ont quitté lundi le secteur de Ras al-Aïn et d'autres zones frontalières où elles étaient stationnées, avant que Washington ne tempère les craintes en assurant qu'il s'agissait d'un redéploiement vers d'autres régions.

"Mobilisation générale"

Quelques heures avant le début de l'offensive, les Kurdes de Syrie, confrontés aux atermoiements de leur allié américain, avaient décrété une "mobilisation générale" des habitants de la région, tout en appelant Moscou à intervenir pour faciliter le dialogue avec le régime de Damas.

Ce dernier s'est engagé à "contrecarrer toute agression" turque. Il s'est dit prêt à "accueillir dans son giron" la minorité kurde, qui a instauré une autonomie de facto dans le nord-est du pays.

Lors d'un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine a invité M. Erdogan à "bien réfléchir" avant de la lancer, a indiqué le Kremlin. Le chef de l'Etat turc a de son côté affirmé que l'offensive contribuerait à apporter "la paix et la stabilité" en Syrie, selon ses services.

Condamnations

Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays. Ils craignent un chaos susceptible de donner une chance de rebond aux éléments dispersés de l'EI et qui plonge dans l'incertitude le sort des djihadistes prisonniers des YPG.

Paris, qui a "très fermement" condamné l'incursion turque, a immédiatement saisi le Conseil de sécurité de l'ONU. Une réunion est prévue jeudi. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l'arrêt de l'offensive, pendant que l'Allemagne a estimé que l'opération risquait "de provoquer une résurgence" de l'EI.

Aux Etats-Unis, l'influent sénateur républicain Lindsey Graham a pour sa part averti que le Congrès américain ferait payer "très cher" cette offensive à M. Erdogan. La Suisse a pour sa part appelé toutes les parties à la retenue et au respect du droit international, notamment du droit international humanitaire.

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