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Les liens entre le Brexit et le Kremlin sur la sellette

logo de Le FigaroLe Figaro 13.06.2018 Florentin Collomp

Les soupçons d'interférence du Kremlin dans la campagne en faveur du Brexit sont relancés par des révélations sur les liens entre l'un des financiers de la campagne en faveur du retrait du Royaume Uni de l'UE et la Russie. Correspondant à Londres

figarofr: Arron Banks , ce mardi. © HO/AFP Arron Banks , ce mardi.

Le gouvernement britannique prend «très au sérieux» les allégations de liens entre un organisme de campagne en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016 et la Russie. Le magnat des assurances Arron Banks, principal financier du parti europhobe Ukip (United Kingdom Independence Party) et de l'organisation Leave.EU, a rencontré au moins trois fois l'ambassadeur russe à Londres entre novembre 2015 et novembre 2016. Il lui a été présenté par Alexander Udod, un agent du renseignement russe expulsé de Grande-Bretagne après l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal à Salisbury. Il s'est aussi rendu à Moscou en février 2016 et a été mis en relation avec un homme d'affaires russe qui lui a proposé d'investir dans six mines d'or. En échange, il a fourni à l'ambassadeur le contact de l'équipe de transition de Donald Trump après son élection.

Ces révélations, issues d'e-mails d'Arron Banks publiés par la presse dominicale, ont relancé les soupçons d'interférence du Kremlin dans la campagne en faveur du Brexit. Le ministre de l'Intérieur britannique Sajid Javid assure que ses services «étudient les éléments venant du renseignement et autres informations» dans cette affaire. «S'il existe des allégations qui nécessitent une enquête, les autorités compétentes le feront», a réagi la première ministre Theresa May. Déjà saisie de ce dossier, la Commission électorale a conclu le mois dernier que Leave.EU avait dépassé les plafonds de dépenses autorisés lors de la campagne.

Vodka de Staline

Autoproclamé «bad boy of Brexit» - le titre de son livre - Arron Banks, 52 ans, a fait fortune dans les assurances. Longtemps donateur du Parti conservateur, il a décidé de soutenir son ami Nigel Farage et son parti Ukip dans son combat contre l'immigration et pour un référendum sur l'Europe. C'est le plus important financier de la campagne pour le Brexit, dans laquelle il a investi 12 millions de livres (13,6 millions d'euros), notamment à travers l'association Leave.EU. Il revendique des méthodes agressives, notamment sur Internet, assumant une volonté de «provoquer». Il a d'ailleurs payé de sa poche les factures à l'Ukip de Cambridge Analytica, l'entreprise qui a détourné les profils de près de 90 millions d'utilisateurs de Facebook au profit de la campagne de Donald Trump. Il ne cache pas souhaiter, outre un Brexit clair et net, l'effondrement de l'Union européenne.

Au cours d'un déjeuner «très arrosé» de six heures avec l'ambassadeur de Russie Alexander Iakovenko, Banks s'est vu offrir de la vodka provenant soi-disant de la réserve personnelle de Staline. Interrogé mardi par une commission parlementaire qui enquête sur les «fake news», il a nié toute collusion avec la Russie lors du référendum. «J'aimerais me considérer comme un mauvais génie en casquette blanche qui contrôle toute la démocratie, mais ce n'est clairement pas le cas», ironise-t-il.

«Chasse aux sorcières anti-russe»

Il dénonce «une chasse aux sorcières anti-russe à grande échelle». Marié à une Russe, il justifie ses voyages dans le pays par des raisons «familiales». Interrogé à ses côtés, son acolyte Andy Wigmore a répondu «niet» quand on lui demandait s'il avait reçu des financements russes pour la campagne du référendum. Au bout de trois heures d'interrogatoire, Arron Banks, qui en a «par-dessus la tête» de ces soupçons, finit par se lever et refuse de continuer à répondre pour ne pas «arriver en retard» à son déjeuner. Il accuse les membres de la commission parlementaire de partialité, ses membres ayant tous voté pour rester dans l'Union européenne.

La commission cherche aussi les moyens juridiques de convoquer de force Dominic Cummings, autre gourou de la campagne du Brexit au sein de l'organisme officiel rival Vote Leave, qui refuse de s'y rendre.

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