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Matteo Salvini exige des excuses officielles de la France

logo de Le FigaroLe Figaro 13.06.2018 de Mareschal, Agences Edouard, Reuters AFP

Le ministre italien de l'Intérieur menace de demander l'annulation de la rencontre prévue vendredi entre le premier ministre Giuseppe Conte et Emmanuel Macron, qui a dénoncé mardi la «part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien» après son refus d'accueillir l'Aquarius.

figarofr: Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et président de la Ligue, exige des excuses de la France après les propos tenus mardi par Emmanuel Macron. © Riccardo Antimiani/AP Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et président de la Ligue, exige des excuses de la France après les propos tenus mardi par Emmanuel Macron.

Le gouvernement italien n'a pas apprécié la sortie d'Emmanuel Macron, après son refus d'accueillir une nouvelle fois l'Aquarius et 629 migrants à son bord. «Si les excuses officielles n'arrivent pas, le premier ministre Conte fera une bonne chose en n'allant pas en France» vendredi, a déclaré le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini. Cette rencontre entre le président français et le président du Conseil italien, prévue avant que la polémique n'éclate, doit porter sur la crise migratoire. Mais mardi, Emmanuel Macron a dénoncé la «part de cynisme et d'irresponsabilité du gouvernement italien» dans ce refus. Gabriel Attal, le porte-parole de La République en marche, a quant à lui déclaré que la position italienne le faisait «vomir».

Devant le Sénat italien, Matteo Salvini a exigé mercredi des excuses de la France. Il a par ailleurs invité Emmanuel Macron à «passer de la parole aux actes et à donner un signal de générosité» en accueillant ces migrants. Le ministre de l'Intérieur italien a rappelé que la France s'était engagée à accueillir «9816 migrants» débarqués en Italie, mais qu'elle n'en avait accueilli que 640. Il a également indiqué que la France avait renvoyé en Italie 10.249 migrants, ayant passé la frontière, entre le début de l'année et la fin du mois de mai.

«Les tons utilisés sont injustifiables»

Un peu plus tôt, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré que la France était «attachée à la coopération et au dialogue avec l'Italie» sur la question de la crise migratoire. «Nous sommes parfaitement conscients de la charge que la pression migratoire fait peser sur l'Italie et des efforts que ce pays fournit. Aucun des propos tenus par les autorités françaises n'a bien entendu remis cela en cause», assure-t-on au quai d'Orsay.

Dans la matinée, l'ambassadeur de France en Italie a été convoqué pour un entretien dont le ministre des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi a donné le ton par communiqué: «Le gouvernement italien considère inacceptables les paroles utilisées dans des déclarations publiques hier à Paris», pouvait-on lire dans un texte diffusé mercredi. C'est finalement la numéro deux de l'ambassade, Claire Anne Raulin, qui s'est rendue à cette convocation, l'ambassadeur ne se trouvant pas à Rome.

Pour Enzo Moavero Milaseni, «de telles déclarations compromettent les relations entre l'Italie et la France». «Les tons utilisés sont injustifiables» et même si le ministre «comprend qu'un État ami et allié puisse être en désaccord avec les positions d'un autre État, le désaccord doit être exprimé d'une manière et dans des formes cohérentes avec un tel rapport d'amitié». Dans un ton très diplomatique, le ministre des Affaires étrangères réclame lui aussi des excuses de la part de la France. «Le gouvernement italien souhaite que les autorités françaises, une fois faites les réflexions opportunes, assument rapidement des initiatives de nature à réparer la situation qui s'est créée», conclut-il dans sa déclaration écrite.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a lui aussi dénoncé l'hypocrisie de la France, estimant qu'elle «tourne le dos dès qu'il s'agit d'immigration». Dans un entretien au Corriere della Sera, il a réaffirmé la position italienne concernant les navires appartenant à des organisations non gouvernementales: «Les navires appartenant à des organisations étrangères et battant pavillon étranger ne peuvent pas dicter la politique d'immigration de l'Italie», dit-il.

Après les refus de l'Italie et de Malte, l'Aquarius avec plus de 600 migrants à son bord accostera en Espagne où le nouveau gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. Par ailleurs, plus de 900 migrants qui se trouvaient à bord d'un navire des garde-côtes italiens ont débarqué mercredi matin dans le port sicilien de Catane.

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