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Terrorisme et humanitaire: le G20 reste "extrêmement concentré"

logo de Keystone-ATSKeystone-ATS 12.10.2021
© KEYSTONE/EPA/FRANCOIS WALSCHAERTS / POOL

Les leaders du G20, réunis de manière virtuelle mardi pour parler de l'Afghanistan, restent "extrêmement concentrés" sur la lutte contre le terrorisme ainsi que sur l'apport d'aide humanitaire au pays, selon un court compte-rendu de la réunion diffusé par Washington.

Les responsables des plus grandes économies mondiales, dont le président américain Joe Biden, rejoints par des représentants des Nations unies et du Qatar, un intermédiaire clé en Afghanistan, "ont discuté de la nécessité de rester extrêmement concentrés sur nos efforts anti-terroristes, y compris contre les menaces venant de l'EI-K", selon ce communiqué américain.

L'Etat islamique au Khorasan, le groupe islamiste armé le plus radical d'Afghanistan, s'est engagé avec une série d'attentats dans une campagne de déstabilisation du régime des talibans. Il a revendiqué un attentat suicide ayant fait au moins 55 morts, le 8 octobre, dans une mosquée chiite.

Le G20, toujours selon la Maison Blanche, a aussi évoqué la nécessité de garantir la sortie du pays en toute sécurité pour les étrangers et les "partenaires afghans" qui le souhaitent.

Le groupe a aussi "réaffirmé" sa promesse d'apporter de l'aide humanitaire en Afghanistan "à travers des organisations internationales indépendantes". Il veut aussi "promouvoir les droits fondamentaux pour tous les Afghans, y compris les femmes, les filles et les personnes issues de minorités".

Les Etats-Unis, qui ont mis fin de manière chaotique en août à vingt années de guerre en Afghanistan, promettent eux d'utiliser "les outils diplomatiques, humanitaires et économiques" à leur disposition pour "répondre à la situation en Afghanistan."

L'Union européenne a annoncé mardi, dans le cadre de cette rencontre du G20, un programme d'aide à l'Afghanistan d'un milliard d'euros. "Le peuple afghan ne doit pas payer le prix des actions des talibans. C'est pourquoi le programme d'aide est destiné au peuple afghan et aux voisins du pays qui ont été les premiers à leur apporter de l'aide", a précisé Mme von der Leyen dans un communiqué.

"Le paquet comprend les 300 millions d'euros à des fins humanitaires déjà convenus. Cette aide humanitaire s'accompagne d'une aide supplémentaire spécialisée pour les vaccinations, l'hébergement, ainsi que la protection des civils et des droits de l'homme", a précisé la commission.

Les talibans discutent avec l'UE et les Etats-Unis

Parallèlement à cette réunion virtuelle, les talibans ont eu leurs premiers entretiens avec une délégation conjointe des Etats-Unis et de l'Union européenne mardi au Qatar. Ces islamistes radicaux poursuivent leurs efforts diplomatiques pour obtenir un soutien international après leur arrivée au pouvoir à Kaboul en août et depuis confrontés à la paralysie de l'économie et l'imminence d'une grave crise humanitaire.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait exhorté lundi le monde à faire des dons à l'Afghanistan pour éviter son effondrement économique, mais également critiqué les promesses "non tenues" des talibans envers les femmes et les filles afghanes.

"Agir, et rapidement"

Les pourparlers directs à Doha entre représentants des talibans, de l'UE et des Etats-Unis mardi ont été facilités par le Qatar, qui accueille depuis longtemps un bureau politique des talibans.

Selon la porte-parole de l'UE, Nabila Massrali, ces entretiens devaient "permettre aux Etats-Unis et aux Européens d'aborder des problèmes" tels que la liberté de déplacement pour les personnes désirant quitter l'Afghanistan, l'accès à l'aide humanitaire et les droits des femmes.

"Il s'agit d'un échange informel, au niveau technique. Il ne constitue pas une reconnaissance du 'gouvernement par intérim'", a en outre insisté Mme Massrali. Le régime taliban n'a jusqu'ici été reconnu par aucun pays.

L'UE cherche avant tout à prévenir un "effondrement" de l'Afghanistan, a déclaré de son côté le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en amont des discussions de mardi. "Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder et d'attendre. Nous devons agir, et rapidement", a-t-il ajouté.

La prise de pouvoir des talibans a entraîné l'évacuation d'Afghanistan de plus de 100'000 personnes qui redoutaient des exactions ou des actes de vengeance de la part des nouveaux maîtres du pays.

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