Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Enfants retirés de l'école sous escorte policière

logo de 20 minutes 20 minutes 05.12.2018
Les enfants ne sont plus scolarisés à Lausanne, où vit leur mère, mais à Yverdon-les-Bains (VD), lieu de résidence de leur père. © Fournis par Tamedia AG Les enfants ne sont plus scolarisés à Lausanne, où vit leur mère, mais à Yverdon-les-Bains (VD), lieu de résidence de leur père.

Deux élèves de 6 et 7 ans ont dû brutalement changer de domicile et d'établissement. Leur garde a été confiée au père. La mère réfute les reproches.

Le vendredi 16 novembre aux alentours de 15h30, une Lausannoise de 28 ans était en route pour aller prendre ses deux enfants à l'école quand son téléphone a sonné. «On m'a appris que mes fils de 6 et 7 ans avait quitté l'établissement sous escorte policière. La Justice de paix m'a retiré leur garde», se désole la jeune maman. Cette décision urgente a été prise sur la base d'un rapport du Service de protection de la jeunesse (SPJ) qui signale des «manquements et négligences» de la mère. Le document décrit «des enfants en souffrance» dans une ambiance polluée par des «disputes conjugales». Les autorités ont confié la garde au papa.

«Des allégations. Rien n'est étayé»

«Il n'y a que des allégations, rien n'est étayé. C'est léger pour retirer de manière aussi brutale des enfants à une maman aimante», s'insurge un juriste proche de la jeune femme. «Mon ex-mari n'a pas supporté que je refasse ma vie avec un autre homme. Il a enfumé le SPJ. Mes enfants ont quitté un quatre pièces à Lausanne pour un studio à Yverdon», dénonce la maman.

«Le bien-être des enfants est tout ce qui m'intéresse. Ils vont mieux», a réagi le papa.

Selon nos renseignements, ni les parents ni les enfants n'étaient au courant du déménagement. En sortant de leur classe, les deux élèves ignoraient que c'était leur dernier jour d'école à Lausanne. Le SPJ n'a pas répondu à nos sollicitations

Une psychologue décrit «un épisode traumatisant»

Contactée par «20 minutes», la psychologue fribourgeoise Caroline Wicht estime que les événements du 16 novembre resteront un souvenir marquant pour les deux enfants car «la police est venue les chercher à l'école alors que rien n'était annoncé mais aussi parce qu'un changement radical s'est produit dans leur vie». Selon elle, une psy aurait dû prendre part à l'opération «pour expliquer se qui se passe et être disponible».

Pour la Dr Caroline Wicht, la manière dont la séparation a eu lieu est aussi traumatisante. «Cela aurait été plus rassurant pour eux si ils avaient pu dire au revoir à leur maman et à leurs camarades et prendre quelques affaires importantes», a poursuivi la spécialiste.

«Cette période de séparation avec conflits ouverts entre les parents est traumatisante. On ne parle pas là d'un événement traumatique mais de l'accumulation de micro-traumatismes. Après ce changement de garde, j'espère qu'il n'y aura pas d'autres événements déstabilisants pour les enfants», a analysé Caroline Wicht.

«Expliquer et laisser les enfants en parler»

Et maintenant comment atténuer les effets de ce changement brutal? «Il faut leur expliquer ce qui s'est passé, a déclaré la psychologue. Dans l'idéal, cela aurait dû se faire préventivement. Enfin et surtout il faut qu'ils puissent parler librement de cet épisode. Pouvoir mettre des mots sur ce que l'on vit et l'on ressent aide à se remettre d'un événement traumatique. Par rapport à cette période difficile, c'est primordial qu'ils aient un endroit, chez un proche ou un professionnel, où ils peuvent dire librement ce qu'ils ressentent sans que cela puisse être utilisé dans le conflit entre les parents.»

Mais la psy ne veut pas jeter la pierre aux autorités. «Pour que la justice décide que le changement de garde se passe de cette manière, on peut imaginer que la situation familiale est très complexe et pas stable, ce qui doit être éprouvant pour les enfants.»

Altercation devant les enfants et dispositif rare

Une bagarre qui a opposé le père à la mère et à son nouvel ami en présence des enfants est à l'origine de l'affaire en décembre 2017. Les protagonistes de l'altercation ont tous déposé plainte. La justice a infligé une amende et des peines avec sursis à chacun des membres du trio. Mais le père des enfants a recouru contre cette décision. Le SPJ est entré dans la danse après cette bagarre dont les enfants ont été témoins. Un an après, la maman a perdu la garde des enfants. «Quand on fait intervenir la police à l'école pour escorter des enfants, il doit y avoir un réel danger. Cela se fait quand il y a de très graves suspicions de maltraitance ou après plusieurs démarches infructueuses», explique un expert.

AUSSI SUR MSN: Enfants abusés dans le canton de Vaud

Téléchargez l'application Microsoft News pour Android ou iPhone, et soyez ainsi toujours au courant de l'actualité.

Publicité
Publicité

Plus de 20 minutes

image beaconimage beaconimage beacon