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Sa patronne exige qu'elle bosse malgré la grippe

logo de 20 minutes 20 minutes 11.02.2019

Une apprentie a récemment prévenu sa supérieure qu'elle était malade et qu'elle ne pouvait pas venir travailler. Or malgré un certificat médical, sa cheffe l'a accusée de mentir.

T.R. est allée travailler, mercredi dernier, alors qu'elle était malade. Grippée, elle venait de passer les deux derniers jours au fond de son lit. «J'avais mal à la tête, de la toux et mal à la gorge. Mais je ne voulais pas laisser tomber mes collègues», explique à «20 Minuten» la jeune Alémanique, qui fait un apprentissage au sein d'une chaîne de magasins de chaussures.

T.R. se souvient avoir été si faible qu'elle arrivait à peine à conseiller les clients. C'est pourquoi elle a demandé à sa patronne de pouvoir rentrer un peu plus tôt, d'autant plus qu'elle avait un rendez-vous chez le médecin au courant de l'après-midi. «Elle m'a autorisé à partir plus tôt, mais a exigé que je revienne bosser le lendemain à cause du manque de personnel. Je lui ai dit que je ne pouvais pas le lui promettre et que je préférerais attendre le verdict du docteur.»

«Elle m'a accusée de mentir»

Un peu plus tard dans la journée, l'apprentie a envoyé un SMS à sa cheffe: «Je suis encore grippée. Le médecin m'a fait un certificat médical jusqu'au début de la semaine prochaine.» Une situation que sa supérieure a visiblement eu beaucoup de peine à accepter: «Elle m'a accusée de mentir.»

«20 Minuten» a lu les SMS envoyés à l'apprentie. «Vous avez tout calculé. Vous avez profité de la situation!!! Je suis très déçue. Vous n'aviez pas l'air si malade que ça.» Ensuite, elle lui a reproché de mettre toute son équipe en difficulté: «Je sais à quel point les médecins émettent facilement des certificats médicaux.» Malgré la réaction de sa cheffe, T.R. est restée polie et s'est contentée de répondre qu'elle soutiendra son équipe dès qu'elle sera guérie.

«La santé de nos employés est primordiale»

Contacté, le magasin de chaussures assure être en contact avec la patronne et l'apprentie afin de clarifier la situation. «La santé de nos collaborateurs et de nos clients est primordiale», explique la gérante de la filiale. Elle promet que des mesures seraient prises s'il devait s'avérer que la supérieure a manqué de respect à la jeune femme.

Pour Kathrin Ziltener, secrétaire nationale de la Jeunesse Unia, cette situation est inacceptable. «Exiger d'un employé malade qu'il vienne travailler viole la loi sur le travail.» Selon elle, cela met non seulement en danger la santé du collaborateur, mais également celle des collègues et des clients. «Même un manque de personnel ne justifie pas qu'on fasse travailler un employé malade!»

«Pas au patron de juger de l'état de santé du collaborateur»

Marilena Schioppetti, avocate au sein de la faîtière Employés Suisse, affirme pour sa part: «Il arrive parfois qu'employeurs et employés soient en désaccord parce que le collaborateur est malade.» Elle souligne néanmoins: «Ce n'est pas au patron de juger de l'état de santé de son employé.»

Pour Heinz Keller, avocat zurichois spécialisé en droit du travail, ce genre de situations est plutôt rare. Son expérience lui aurait montré que la majorité des patrons préfèrent que leurs employés guérissent totalement avant de reprendre le travail. «Les conflits naissent avant tout lorsque le certificat médical semble être un certificat de complaisance.»

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