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Un bateau de rêve vire au cauchemar à Yverdon

logo de 24 heures 24 heures 13.09.2017 Laurent Aubert
Un bateau de rêve vire au cauchemar à Yverdon © (24 heures) Un bateau de rêve vire au cauchemar à Yverdon

Amarré depuis près de 30 ans au quai de la Thièle, le «bateau de Petzi» sera prochainement évacué.

Les familiers des bords de la Thièle à Yverdon le connaissent bien. Avec sa longue coque bleue et sa grosse cabine posée à même le pont, ce voilier gréé en ketch n’a pourtant rien en commun avec les fins lévriers lacustres ni avec les hors-bords qui l’entourent. Son allure difforme lui vaut plutôt le surnom de «bateau de Petzi». Et le délabrement avancé de ce bateau amarré à dix brasses de la Brigade du lac suscite une réprobation si générale que son destin a été débattu jeudi passé au Conseil communal. Répondant à une question de la conseillère Emilienne Wagnière, la municipale Valérie Jaggi Wepf a annoncé que le propriétaire avait été sommé de sortir son bateau d’ici au 30 septembre. Passé ce délai, une procédure d’évacuation forcée sera ordonnée.

Selon Radio Ponton, l’embarcation devrait être remorquée jusqu’à la cale d’une entreprise de la région pour y être démantelée. Avec sa coque en ferrociment, elle pèse en effet près d’une douzaine de tonnes et ne peut donc pas être sortie de l’eau à l’aide d’une grue de port ordinaire. L’élimination du matériau – du ciment et du treillis d’acier – ne pose en revanche aucun problème. Le coût de l’opération sera mis à la charge du propriétaire, a précisé la municipale devant le Conseil communal. Ancien gendarme à la Brigade du lac, Jean-Pierre Loth se souvient de l’arrivée de cette imposante unité dans la Thièle il y a une trentaine d’années. «Elle avait été construite par un policier bernois. Nous étions alors très admiratifs devant la réalisation de cet amateur.» Ce dernier avait porté son choix sur Yverdon en raison de la difficulté à trouver une place pour un bateau de cette taille dans un port privé et également en raison du coût de l’amarrage.

«On voyait bien que ce n’était pas une embarcation très marine»

Au début, le propriétaire sortait fréquemment et utilisait aussi son bateau comme résidence secondaire. «Il naviguait à la voile mais on voyait bien que ce n’était pas une embarcation très marine, précise Jean-Pierre Loth. Il avait aussi une bouée d’amarrage au large d’Estavayer.» Après le décès de son constructeur au bout de quelques années, le voilier est passé de main en main, déclinant peu à peu alors que les propriétaires prenaient de moins en moins la barre. Le fond a été atteint lorsque le dernier acquéreur a posé une cabine carrée sur le pont. «Là, on s’est vraiment demandé ce qu’il avait en tête», raconte l’ancien gendarme, qui ne cache pas ses regrets de voir mourir ainsi ce voilier qui a été construit au bord du lac de Neuchâtel et qui, au final ne l’a jamais quitté.

Fin connaisseur du lac, Jean-Pierre Loth rappelle que la construction de voiliers en ferrociment par des amateurs était très à la mode dans les années 1970. Une technique qui mettait le tour du monde à la portée de chacun – à condition d’être très tenace et patient. Dans la région, plusieurs navigateurs s’y étaient d’ailleurs attelés, avec des fortunes diverses.

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