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Le Foyer de l’Étoile, «c’est comme une prison»

logo de 20 Minutes 20 Minutes 29.11.2021 David Ramseyer

Le personnel dénonce les conditions de vie et d’encadrement au sein de la structure d’accueil pour requérants d’asile mineurs et jeunes non accompagnés.

Manifestation devant le Foyer de l’Étoile, le 17 octobre 2019, pour que les mineurs non accompagnés puissent avoir une vie digne. © Laurent Guiraud/Tamedia Manifestation devant le Foyer de l’Étoile, le 17 octobre 2019, pour que les mineurs non accompagnés puissent avoir une vie digne.

«Ce n’est pas un foyer, c’est un camp; j’y vis comme une prisonnière», a témoigné une jeune requérante d’asile, citée par le personnel du Foyer de l’Étoile, à Carouge (GE). Appuyé par ses syndicats, le personnel du centre d’accueil pour requérants mineurs non accompagnés (RMNA) et pour jeunes majeurs non accompagnés (soit des individus de 18 à 25 ans provenant de l’étranger) a dressé lundi un sombre tableau de la situation.

Sous-effectif chronique

Les employés ont ainsi dénoncé des retards dans le versement de sommes pour les repas et les frais de scolarité des RMNA, des chambres de 12 m2 pour deux, ce qui «viole les normes en vigueur», ou encore deux WC seulement pour quinze personnes. Les éducateurs ont également assuré que l’encadrement ne répondait pas aux règles légales: «Chacun d’entre nous devrait s’occuper au maximum de deux jeunes. En réalité, nous en avons plus du triple à notre charge. La nuit et le week-end, c’est pire, nous sommes totalement en sous-effectif. Enfin, il n’y a plus d’infirmière psy. Bref, nous œuvrons constamment dans l’urgence.»

Une professionnelle a évoqué «des conditions de travail rudimentaires», qui mènent à «l’épuisement, à la souffrance, au stress et à la tristesse.» Hochement de tête unanime de ses collègues.

Une solution qui ne vient pas

Alors que le transfert de la structure, gérée par l’Hospice général, à la Fondation officielle de la jeunesse (FoJ) est à l’ordre du jour depuis deux ans, les éducateurs ne voient rien venir. Une telle mesure permettrait pourtant un meilleur encadrement et un suivi adéquat des jeunes, qui bénéficieraient aussi de structures mieux adaptées, selon les employés. Mais pour l’heure le Foyer de l’Étoile – suroccupé, «insalubre», fait de «béton et de grillages, comme en prison», dixit plusieurs éducateurs – constitue le cadre d’une «violence institutionnalisée» envers les 116 requérants et jeunes non accompagnés qui s’y trouvent actuellement, selon Dario Lopreno, du Syndicat des services publics (SSP).

«Les résidents ont souvent quitté des zones de guerre, ils sont traumatisés et fragiles, ils ont besoin de bonnes conditions pour se reconstruire», a rappelé le personnel des lieux. Genève a enregistré une forte arrivée de jeunes Afghans, qui ont fui le retour des talibans dans leur pays. Le foyer accueille aussi de nombreux Somaliens et Érythréens.

Revendications et menaces

Les syndicats ont réclamé le transfert à la FoJ du Foyer de l’Étoile et de son personnel, une information «claire» destinée aux résidents «aujourd’hui laissés dans l’ignorance», ainsi qu’un lieu d’hébergement dévolu spécifiquement aux 18-25 ans et des structures d’accueil «à taille humaine».

Sans réponse des autorités, le personnel organisera en janvier prochain des portes ouvertes au foyer, «pour que la population se rende compte de la réalité de l’Étoile». D’autres mesures de lutte, que les organisations syndicales n’ont pas voulu détailler, pourraient être mises sur pied.

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