En utilisant ce service et le contenu associé, vous acceptez l’utilisation des cookies à des fins d’analyse, de publicités et de contenus personnalisés.
Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Les ministres d'Édouard Philippe révèlent ce qu'ils gagnaient avant

logo de BFM Business BFM Business 12.08.2017 La rédaction

Les déclarations d'intérêts des ministres, publiées par la haute autorité pour la transparence de la vie publique, révèlent leur revenus en 2016, avant qu'ils rejoignent le gouvernement. Certains vont y perdre et d'autres y gagner.

Gagnants ou perdants? En France, un ministre touche 9.940 euros brut, soit près de 8.500 euros nets, selon l'ex-député René Dosière, qui précise que "selon leurs fonctions antérieures, le montant des prélèvements sociaux n'est pas le même". Cette rémunération peut sembler élevée aux yeux de certains Français, mais il faut savoir que depuis qu'ils ont intégré le gouvernement d'Édouard Philippe, plus de la moitié les ministres qui n'avaient jamais exercé cette fonction ont pu prendre la mesure du sacrifice auxquels ils ont consenti sur le plan financier. Un constat que peuvent désormais faire à leur tour les citoyens en consultant leurs déclarations de rémunération publiées par la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAVCP).

Pour vous épargner un travail fastidieux, voici en résumé ce qui ressort de ces déclarations. On y découvre d'abord de fortes disparités dans les revenus d'avant, liées aux parcours professionnels antérieurs des membres du gouvernement. Les ministres issus de la société civile sont ceux qui avaient les revenus les plus élevés et qui ne peuvent plus exercer leur fonction antérieure. Seuls ceux qui touchent des droits d'auteurs ou des dividendes peuvent, le cas échéant, maintenir cette part de leurs revenus antérieurs. Découvrez ci-dessous le classement de ceux qui gagnaient le mieux leur vie en 2016, par ordre décroissant, selon leurs revenus déclarés.

  • Nicolas Hulot : 20.745 euros nets/mois + 384.515 euros (dividendes + droits d'auteur annuels)

Le ministre de la Transition écologique et solidaire était de loin celui qui avait les revenus les plus élevés l'an dernier. Avec 663.461 euros cumulés sur l'année. Nicolas Hulot a d'abord perçu 248.946 euros comme gérant de sa société Eole Conseil, et 221.172 euros au titre de ses dividendes comme actionnaire à 99% de cette société. Pourquoi de telles sommes? Sa société perçoit les redevances sur les ventes des produits estampillés "Ushuaïa" (gels douches, shampoings...). Il a enfin encaissé 163.343 euros en tant que droits d'auteur, pour les livres qu'il a publié.

  • Elizabeth Borne : 26.955 euros nets/mois

La ministre des transports, diplômée de l'école polytechnique et ingénieure des Ponts, touchait un salaire confortable en tant que PDG de la RATP, poste qu'elle occupait depuis 2015. Élisabeth Borne avait succédé, à la tête de la RATP, à Pierre Mongin.

  • Jean-Michel Blanquer : 21.122 euros nets/mois

Le ministre de l'Éducation nationale a été directeur général du groupe Essec, une grande école de commerce, poste qui a été sa principale source de revenus en 2016. Il a aussi été éditorialiste au magazine Le Point, et ses contributions lui ont rapporté 6.909 euros sur l'année.

  • Muriel Pénicaud : 16.927 euros nets/mois

La ministre du Travail occupait le poste de directeur général de Business France, organisme public chargé de promouvoir l'économie et les entreprises françaises à l'international. Elle a perçu un salaire annuel net de 203.124 euros à ce titre.

  • Françoise Nyssen : 14.980 nets/mois

La ministre de la Culture est présidente et co-directrice de la société d'édition Acte Sud, fondée par son père, Hubert. Elle a touché 127.374 euros à ce titre en plus des 50.000 euros en tant que membre du conseil d'administration d'Europa Corp, la société de Luc Besson.

  • Nicole Belloubet : 13.306 euros nets/mois.

La ministre de la justice était membre du Conseil constitutionnel, poste pour lequel elle a perçu 159.671 euros nets l'an dernier.

  • Nathalie Loiseau : 13.289 euros nets/mois

La ministre des Affaires européenne était directrice de la prestigieuse ENA (école nationale d'administration) depuis 2012, poste pour lequel elle a reçu 152.870 euros net l'an dernier. Elle a aussi perçu des droits d'auteurs s'élevant à 6602 euros.

  • Jean-Yves Le Drian : 11.049 euros nets/mois

Le ministre de la Défense occupait déjà la même fonction sous François Hollande en 2016. Mais il touchait en plus de son traitement de ministre, son indemnité de Président du Conseil régional (33.092 euros brut par an, soit environ 2400 euros nets par mois).  Il a dû démissionner de la présidence de la région le 2 juin dernier, tout en restant conseiller régional, fonction pour laquelle il a droit à une indemnité mensuelle de 2661 euros brut.

  • Gérard Collomb : 8272 euros nets/mois

Le ministre de l'Intérieur n'avait pour seuls revenus

  • Agnès Buzyn : 7845 euros euros nets/mois

La ministre des Solidarités et de la santé est médecin hématologue de formation, professeur des universités et praticienne hospitalière. Au moment de sa nomination au gouvernement, elle était présidente de la Haute autorité de santé, fonction qu'elle occupait depuis mars 2016. A ce titre, elle a déclaré un revenu annuel de 66.146 euros nets, montant auquel s'ajoutent ses revenus de présidente de l'Inca (Institut national du cancer)  de 19.474 euros sur 2016 et deux mois de salaires de son ancien poste de Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie. En tant que médecin, elle avait mis fin à ses fonctions rémunérées auprès des laboratoires pharmaceutiques dès mars 2011 avant d'être nommée à l'Inca.

  • Frédérique Vidal : 7660 euros nets/mois

La ministre de l'Enseignement supérieur, ex-spécialiste de la génétique moléculaire à l'Université Sophia Antipolis, a perçu, l'an passé, 91.929 euros annuels, dont la majeure partie vient de son salaire en tant que professeur de l'Université de Nice (83.000), le reste venant de mission recherche et de conseil pour des institutions russes.

  • Gérald Darmanin : 7577 euros nets/mois

En 2016, le ministre de l'Action et des Comptes publics émargeait à près de 44.000 euros par an (net) comme Maire de Tourcoing, 18.000 comme Vice-président du Conseil régional, et encore 18.000 en tant que vice-président de la métropole.

  • Edouard Philippe : 6130 euros nets/mois

Le Premier ministre était loin d'être le mieux payé du gouvernement Macron avant d'y entrer. En 2016, il déclare avoir touché moins de 4.000 euros par mois en tant que député de Seine-Maritime, 1.700 euros par mois comme président de la Communauté de l'agglomération havraise, et seulement 471 euros par mois comme maire du Havre. Cette dernière indemnité, assez dérisoire, s'explique par le fait que les indemnités des élus exerçant plusieurs mandats sont plafonnés. La somme maximale qu'ils peuvent toucher a été portée le 1er février 2017 à 8371,59 euros par mois net.

  • Bruno Le Maire : 5664 euros nets/mois

Le ministre de l'Économie et des Finances touchait l'année dernière 23.306 euros de salaire annuel en tant que professeur à la Fondation des sciences politiques, son indemnité de député de l'Eure (50.328 euros par an), et enfin les droits d'auteurs sur les onze livres qu'il a écrit sur la politique et la musique (20.000 euros en 2016).

  • Laura Flessel : 5599 euros nets/mois

La ministre des sports et ex-championne d'escrime multi-médaillée aux Jeux Olympiques touchait 5.600 euros par mois en 2016, en tant que gérante de la société qu'elle a fondé, Flessel&Co, qui gère ses droits à l'image.

  • Annick Girardin : 5243 nets/mois

En 2016, l'actuelle ministre des Outre-mer officiait déjà dans le gouvernement Valls sous Hollande, comme secrétaire d'État chargée du développement et de la Francophonie jusqu'en février 2016, puis comme ministre de la Fonction publique. Elle déclare avoir perçu à ce titre presque 63.000 euros net sur l'année. Un montant inférieur au salaire normal d'un ministre. Étrange? "Pas vraiment" répond René Dosière: "En tant qu'ancienne député, elle a pu continuer à cotiser au régime des retraites des parlementaires ce qui expliquerait la différence avec sa rémunération brute"

Publicité
Publicité

Plus d'info: BFM Business

image beaconimage beaconimage beacon