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Unia dénonce des conditions de travail «misérables» chez DPD

logo de 24 heures 24 heures 23.02.2021 ATS

Heures supplémentaires non rémunérées, infractions aux lois sur le travail de nuit, manque de toilettes…le syndicat Unia dénonce des dérives dans une branche en plein boom.

Les chauffeurs rapportent régulièrement des journées de 12 à 14 heures dont les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées. © KEYSTONE/GAETAN BALLY Les chauffeurs rapportent régulièrement des journées de 12 à 14 heures dont les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées.

Les conditions de travail des livreurs de colis de DPD sont «misérables», a dénoncé mardi le syndicat Unia: horaires de travail à rallonge, heures travaillées mais non payées, stress énorme, surveillance. Les salariés appellent l’entreprise à ouvrir des négociations.

Dans un rapport, le syndicat fait la lumière sur ce qu’il appelle le «système DPD». Se basant notamment sur plus de 200 entretiens avec les chauffeurs de l’entreprise, il montre comment celle-ci favorise les mauvaises conditions de travail.

Les chauffeurs rapportent régulièrement des journées de 12 à 14 heures dont les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées. Cela dans une branche où les bénéfices «explosent», surtout en période de pandémie.

Outre ce «hold-up» sur les salaires, les chauffeurs dénoncent les retenues abusives sur les rémunérations, les infractions aux lois lors de travail de nuit, l’absence de l’indemnité de repas obligatoire, la surveillance en temps réel non autorisée et les sollicitations excessives nocives pour la santé.

Ils fustigent aussi le manque de toilettes, les véhicules dans un état insuffisant et la méconnaissance des plans de protection Covid-19. Les droits syndicaux des employés sont par ailleurs bafoués.

Quatre-vingt sous-traitants

Certes, les chauffeurs, au nombre de quelque 800, ne sont pas embauchés par DPD. Ils travaillent pour 80 sous-traitants environ, qui exécutent les livraisons de DPD. Cette dernière répercute systématiquement les risques et les coûts sur les sous-traitants et leurs salariés, tout en conservant le contrôle intégral sur l’ensemble des opérations, décrit Unia.

Si la législation sur le travail et la loi sur la protection des données sont systématiquement violées et que les salaires ne sont pas versés de façon correcte, DPD doit assumer sa responsabilité, exige le syndicat.

Négociations exigées

Des travailleurs de l’entreprise demandent à DPD de négocier afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. A ce jour, DPD répond par «le refus et la répression», constate Unia.

Mis à part l’exploitation des employés directement concernés, les pratiques de DPD ont des effets dévastateurs sur la branche de la logistique et au-delà, note par ailleurs le syndicat.

Etant donné que, dans l’acheminement de colis, les frais salariaux constituent une part déterminante des comptes de l’entreprise, la concurrence est dans l’incapacité de concourir dans le respect des règles si des prestataires épargnent jusqu’à un tiers des frais salariaux en faisant de la sous-enchère avec les pratiques décrites.

Entreprise détenue par l’Etat français

Ainsi La Poste suisse est-elle concurrencée directement par DPD, une entreprise détenue par le Français Le Groupe La Poste, c’est-à-dire par l’Etat français.

En vertu de la loi sur la poste, DPD est tenue de garantir le respect des conditions de travail usuelles dans la branche. L’entreprise doit vérifier si ses sous-traitants respectent la loi, et intervenir si elle constate des infractions.

PostCom doit agir

Puisqu’elle ne le fait pas, il revient à la PostCom, en sa qualité d’autorité de surveillance, d’intervenir. Les inspectorats cantonaux du travail doivent également agir en présence de violations de la loi sur le travail. La branche a en outre besoin d’une nouvelle convention collective de travail qui s’attaque sérieusement aux problèmes.

Unia exhorte aussi les concurrents directs de DPD à porter plainte contre cette entreprise pour concurrence déloyale. Au niveau politique, le secteur des transports doit être mieux réglementé.

Contacté par l’agence de presse Keystone-ATS, la société de livraison n’avait pas réagi en milieu de journée.

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