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Mercedes prêt à commercialiser sa pile à combustible

logo de Challenges Challenges 13.09.2017 Eric Bergerolle
Mercedes-Benz GLC F-Cell (Francfort 2017) © Image © Mercedes-Benz Mercedes-Benz GLC F-Cell (Francfort 2017)

NOUVEAUTÉ. En 2012, la pile à combustible de Mercedes semblait parfaitement au point. Elle l'est davantage encore, maintenant qu'elle est associée à une batterie. Parce qu'il est plus aisé de trouver une prise de courant qu'une station d'hydrogène.

Comparée à la Mercedes-AMG Project One (une supercar époustouflante) et même à la Mercedes-Benz Concept EQA (une tout-électrique aux lignes pures et à la calandre lumineuse), le Mercedes GLC F-Cell n'a rien de bien extraordinaire. Pire, ce GLC ressemble à n'importe quel autre Mercedes-Benz GLC, ce SUV compact désormais très familier, rival heureux des BMW X3 et Audi Q5. A bien y voir cependant, ce véhicule est à bien des égards le plus innovant de tous ceux qu'expose Daimler au Salon de Francfort.

Sous une carrosserie anonyme se concentre plus de trois décennies de recherches acharnées : la pile à combustible qui occupait à l'origine tout l'arrière d'une fourgonnette tient dorénavant sous le capot d'un simple SUV. Surtout, le prix de revient a diminué, de sorte que Daimler juge aujourd'hui opportun de rejoindre Honda, Toyota et Hyundai-Kia dans le club très fermé des constructeurs qui commercialisent au compte-goutte des voitures électriques alimentées par hydrogène.

Un petit rappel, pour commencer. La pile à combustible produit un courant électrique en combinant un gaz — le dihydrogène — à un autre, le dioxygène. C'est le principe inversé de l'électrolyse de l'eau, qui consiste à produire du dihydrogène et du dioxygène en faisant traverser un courant électrique dans de l'eau.

La pile à combustible produit du courant à partir de l'hydrogène

L'intérêt de la pile à combustible est évident : une réserve suffisante d'hydrogène permet d'alimenter en courant un moteur électrique sur une distance bien supérieure à celle que peuvent couvrir des voitures électriques à batteries. Il "suffit" pour cela de comprimer l'hydrogène sous 700 bars et de trouver un matériau de substitution aux métaux rares qui tapissent les plaques de la pile à combustible.

Tandis que les ingénieurs de Daimler avançaient dans cette quête, comme dans celle de la miniaturisation, les batteries accomplissaient des progrès sensibles. De sorte qu'une voiture électrique à 35.000 euros parcourt aujourd'hui 300 km. Certains en ont déduit que les courbes du prix de revient de la pile à combustible et de la batterie ne se croiseront jamais et que la voiture électrique sera pour l'éternité une voiture à batterie. Pas à hydrogène.

Daimler aura à cœur de démontrer le contraire. Le Mercedes-Benz GLC F-Cell (pour Fuel Cell, ou pile à combustible, en anglais) qu'il présente aujourd'hui au Salon de Francfort est prêt pour une commercialisation en série. Cette pré-série devrait entamer sa carrière commerciale au cours de l'année 2018, d'abord en Europe, puis aux États-Unis.

Deux réservoirs d'hydrogène et une batterie au lithium

Un seul moteur électrique de 200 chevaux (147 kW) entraîne les roues arrière. Il est alimenté par une batterie au lithium-ion d'une capacité de 13,8 kWh (c'est un peu moins du double de celle du GLC 350e hybride rechargeable) et une pile à combustible. Laquelle tire son hydrogène de deux bonbonnes en résine renforcée de fibre de carbone d'une capacité combinée de 4,4 kilogrammes de H2.

© Challenges.fr

Une Honda Clarity Fuel Cell embarque 5 kg de dihydrogène et annonce une autonomie de 650 km. Le Mercedes-Benz GLC F-Cell ne peut couvrir que 437 km sur sa réserver de gaz, auxquels il faut ajouter 49 km en moyenne d'autonomie offerte par la batterie au lithium-ion.

Pourquoi combiner pile et grosse batterie ? Pour offrir une paix de l'esprit appréciable au conducteur, qui peut recharger à loisir la batterie sur une prise secteur (ou sur un chargeur rapide en une heure et demi), plus facile à trouver qu'une pompe distribuant de l'hydrogène.

Mieux, un bouton au pied du sélecteur de boîte de vitesses permet de forcer le mode "Battery" pour rouler exclusivement sur le courant stocké dans les accumulateurs au lithium-ion. Idéal pour enchaîner les petits trajets en semaine et préserver son hydrogène pour les grandes virées du dimanche.

© Challenge

En mode "F-Cell", c'est un peu l'inverse : la batterie est maintenue à un niveau de charge constant grâce à l’énergie fournie par la pile à combustible. On peut aller plus loin avec le mode "Charge", qui charge en priorité la batterie en roulant, histoire de brûler un fond de réservoir d'hydrogène quand on sait qu'un passage en station se profile. Malin.

Le conducteur peut aussi laisser faire la machine et s'en remettre au mode par défaut, appelé "Hybrid". Le GLC F-Cell puise alors librement dans ses deux sources d’énergie, alternativement ou bien simultanément selon la charge exigée de ses moteurs. La batterie assure les pointes de puissance, tandis que la pile à combustible entre en jeu dans la plage de rendement optimale.

Deux roues motrices seulement

En faisant l'impasse sur la transmission intégrale, le Mercedes-Benz GLC F-Cell exploite la place libérée par l'arbre de transmission pour loger ses deux réservoirs de dihydrogène entre les deux trains de roue. L'arrière est occupé uniquement par la batterie au lithium-ion, de sorte que le volume de chargement est préservé.

De fait, le Mercedes-Benz GLC F-Cell met tout en oeuvre pour ressembler aux autres GLC. Il faudra un regard exercé pour distinguer ses quelques signes de reconnaissance : un logo F-Cell sur la calandre et les bas de caisse ; des jantes au dessin spécifique ; une trappe sur l'aile arrière droite pour la prise de charge.

On ignore encore si Daimler vendra le Mercedes-Benz GLC F-Cell ou bien s'il préférera le louer sur de longues durées, histoire de garder un oeil sur le comportement de la pile à combustible et engranger des enseignements supplémentaires. Le tarif est pour l'heure inconnu. #MERCEDES-BENZ GLC #SALON DE FRANCFORT (IAA) 0 RÉACTIONS SUR LE MÊME SUJET A Francfort, Mercedes dévoile sa Classe A électrique. Ou presque. Mercedes-AMG Project One : une Formule 1 hybride pour la route Nissan Leaf : plus d'autonomie, plus de gadgets Voitures électriques : la bataille de l'autonomie aura bien lieu Contenus sp

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