Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

L'actualité des célébrités

Le destin de Jacques Chirac : rien n'aurait été possible sans Bernadette

logo de Paris Match Paris Match il y a 6 jours Gilles Martin-Chauffier
© Hubert Fanthomme/Paris Match

Le couple Chirac avance à deux. Sans Bernadette, sa "tortue", rien n'aurait servi à Jacques de courir.

Rien n’aurait été possible sans elle. Dans la course au pouvoir, les premiers pas sont les plus difficiles. Il faut mettre le pied dans les portes et ne plus reculer. Pour Jacques, l’homme de sa vie, le gaillard qu’elle venait d’épouser, elle les fait ouvrir en grand. On est au début des années 1960. De Gaulle est de retour. Dans la haute fonction publique, personne n’a rien à refuser à un énarque recommandé par Geoffroy de Courcel, le cousin de Bernadette, aide de camp du Général à Londres en 1940. Le jeune Chirac, sorti 16e de l’Ena, se voit propulsé directement dans le saint des saints, à Matignon. Les Trente Glorieuses battent leur plein. Pompidou repère vite le jeune bulldozer de son cabinet. Il l’envoie en Corrèze conquérir un fief, lui offre un portefeuille. Le destin est en marche.

Elle sait qui Jacques devrait appeler, à qui il serait utile de demander un conseil, qui on peut tuer sans risques

Surtout ne pas se fier au look de petite fille modèle des beaux quartiers de Bernadette. Elle aussi, la politique est son truc. Elle a fait Sciences po. Elle y avait souvent de meilleures notes que Jacques. Elle est chez elle dans les allées du pouvoir. Les Chodron de Courcel ont leur rond de serviette au Quai d’Orsay et dans les palais nationaux. La France est une société de castes. Cette grande bourgeoise en connaît tous les codes. Elle sait qui Jacques devrait appeler, à qui il serait utile de demander un conseil, qui on peut tuer sans risques. Une autre qu’elle se mettrait en avant, ferait valoir les atouts qu’elle offre à son mari. Pas Bernadette. Dans sa famille, sur la rive droite, à l’ouest, on fuit le bling-bling et l’esbroufe. Elle reste dans l’ombre tandis que Jacques brille comme le soleil. A 41 ans, il est Premier ministre. On ne voit que lui, on n’entend que lui, mais elle veille. Qu’il coure le guilledou, elle n’y peut rien. Mais qu’il déraille politiquement, elle le rappelle à l’ordre. Marie-France Garaud et Pierre Juillet vont l’apprendre à leurs dépens. La petite épouse qu’ils traitaient à la légère scelle leur sort : dehors ! Et, avec elle, pas de seconde chance. On ne les reverra pas. De toute façon, ils ne lui manquent pas.

Pendant dix-huit ans, elle va régner sur l’Hôtel de Ville. Bernadette y reçoit la cour, la ville, la France et l’étranger pour offrir à son mari un réseau unique au monde. En Corrèze aussi, elle arpente le terrain dans son ombre. Ne rien laisser au hasard. Jacques est tellement pressé ! Heureusement que sa petite tortue passe derrière pour serrer les vis. Mais attention : elle est peut-être lente, mais elle juge vite. Et elle voit clair. En 1997, à l’Elysée, dès que le mot « dissolution » est prononcé, elle parle de lubie délirante. Dominique de Villepin, le nouveau conseiller privilégié de Jacques, s’est fait une ennemie. Elle ne l’appelle plus que Néron. Et elle voit que son mari va à la catastrophe. La réélection n’est pas garantie. Avant tout le monde, elle annonce que Jean-Marie Le Pen sera au second tour. Et elle réagit. Elle part sur les routes mobiliser ceux qui se reconnaissent en elle : la vieille droite républicaine, conservatrice et modérée qui se fiche des Arts premiers comme de l’an 40 et prend Chirac pour un radsoc trop rose pour être efficace mais ne veut pas entendre parler des brutalités du Front national.

Au premier tour, elle a apporté à Jacques le million de voix qui lui aurait manqué

Merci Bernadette. Tous les analystes le disent : au premier tour, elle a apporté à Jacques le million de voix qui lui aurait manqué. Du reste, maintenant, c’est elle qui est populaire. La France a fini par connaître son secret et sa bataille : Laurence souffre d’anorexie. Pas question pour Bernadette de se réfugier dans la prière ou les lamentations. Place à la lutte. Elle lance un programme immense : les Pièces jaunes. On la voit sur tous les terrains, dans toutes les régions. Sa politesse guindée, ses petites vacheries, son incroyable efficacité, tout amuse ou impressionne. Jamais aucune première dame n’avait été aussi proche du peuple que cette aristo née dans la soie.

Pourtant, en 2007, quand elle quitte l’Elysée, elle va être déçue. Depuis deux ans, elle avait caché à tous la gravité de l’AVC de 2005. Elle espérait profiter enfin de ce mari merveilleux qui lui en avait tant fait voir. Le rêve passe vite. La santé de Jacques décline. Elle sera son bâton de vieillesse. Puis sa garde-malade. Sa propre santé s’y épuise. Au point que l’adieu au président se fait sans elle. Sauf que Jacques sans Bernadette, c’est un cheval sans selle, une France sans Versailles, un jour sans aurore. Sans elle, rien n’aurait servi de courir. Elle a été la tortue qui rend tout possible. Tout simplement la femme de sa vie. 

AUSSI SUR MSN: Comment Bernadette Chirac éloignait les femmes qui rôdaient trop près de son mari

Publicité
Publicité

Plus d'infos : Parismatch

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon