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Carlos Ghosn: une proche a touché 500'000 euros

logo de 24 heures 24 heures il y a 4 jours

Mouna Sepehri, proche de Carlos Ghosn et directrice déléguée à la présidence de Renault, est soupçonnée de fraude. Renault dénonce une «campagne de déstabilisation orchestrée»

Mouna Sepehri se trouve à son tour prise dans la tourmente de l'affaire Carlos Ghosn. © Fournis par Tamedia AG Mouna Sepehri se trouve à son tour prise dans la tourmente de l'affaire Carlos Ghosn.

Mouna Sepehri, proche de Carlos Ghosn et directrice déléguée à la présidence de Renault, a reçu près de 500'000 euros répartis sur plusieurs années en tant que membre du directoire de l'alliance Renault-Nissan, selon des documents consultés par l'AFP.

Dans un communiqué réagissant à la parution d'informations de presse sur ces rémunérations, Renault avait dénoncé jeudi une «mise en cause d'un membre dirigeant du Groupe Renault qui s'insère dans une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée».

Cette proche de Carlos Ghosn «est la seule des neuf administrateurs à avoir reçu une rémunération payée directement par la société Renault-Nissan BV (RNBV)», la holding néerlandaise chapeautant le partenariat entre les constructeurs automobiles français et japonais, a commenté vendredi une source proche du dossier.

Mais chez le constructeur français, on souligne qu' «il y a d'autres cadres de Renault et de Nissan qui, dans le cadre de missions spécifiques pour l'Alliance, touchent des indemnités de (sa) part».

A Paris, une source évoque le scénario d'une machination orchestrée par un responsable de Nissan. «Pourquoi ce focus sur les seuls membres du directoire de l'Alliance et sur une période bien spécifique», s'interroge cette source. Mme Sepehri est «une des personnes à l'origine de l'Alliance, ce qui pourrait expliquer qu'elle soit dans la ligne de mire», ajoute-t-elle. Contactée par l'AFP, Mme Sepehri n'a pas souhaité s'exprimer.

Rémunération régulière

Lors d'une réunion du comité de gouvernance, des nominations et des rémunérations de RNBV, en date du 26 mars 2013, Carlos Ghosn et son bras droit, Greg Kelly, les deux seuls membres présents de cette instance, ont approuvé la mise en place d'une rémunération pour Mme Sepehri, nouvelle membre du directoire, selon les minutes dont l'AFP a eu copie.

Pour l'ensemble de l'année 2013, elle s'est établie à 200'000 euros, répartis en un paiement immédiat de 125'000 euros et des versements mensuels de 8.333 euros, d'après ce compte-rendu portant uniquement deux signatures, celles de MM. Ghosn et Kelly.

Un courrier de Renault-Nissan BV adressé à la responsable, daté du 17 novembre 2014 et consulté par l'AFP, confirme le paiement de cette somme moins une retenue fiscale de près de 70'000 euros.

Idem pour 2014, 2015 et 2016, années pour lesquelles Mme Sepehri a reçu une rétribution avant retenue fiscale de quelque 100'000 euros à chaque fois, selon des courriers similaires.

«Absence de fraude»

Renault a rappelé dans son communiqué que son conseil d'administration avait conclu à «l'absence de fraude» sur la rémunération des principaux dirigeants du groupe, y compris celle de Mouna Sepehri.

La «mission de vérification» portait cependant seulement sur les années 2017-2018 à ce stade. «Conformément à la saisine initiale, la mission se poursuivra sur les exercices antérieurs», ajoute d'ailleurs Renault.

Mouna Sepehri, qui a rejoint Renault dès 1996, a accompagné la création de l'Alliance en 1999. En 2011, elle devient directrice déléguée à la présidence de Renault, supervisant la direction juridique, la direction des affaires publiques et la direction de la communication. Elle est aussi secrétaire du conseil d'administration de Renault.

Ces informations sur Mme Sepehri sortent au moment où Carlos Ghosn est inculpé au Japon pour abus de confiance et minoration de déclarations de revenus aux autorités boursières sur huit années.

Arrêté le 19 novembre à Tokyo, dans le cadre d'une enquête du parquet déclenchée à la suite d'éléments transmis par Nissan, il est incarcéré depuis dans un centre de détention de la capitale japonaise. Il a été limogé de la présidence du conseil d'administration de Nissan et de Mitsubishi Motors mais demeure PDG de Renault.

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