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Le franc s'apprécie, malgré la crise de la livre turque

logo de Tribune de Genève Tribune de Genève 10.08.2018

La zone euro redoute les conséquences de l'effondrement de la livre turque. Vendredi, le franc, lui, était sous pression et s'appréciait bien face à l'euro.

Le franc s'apprécie, malgré la crise de la livre turque © (ats) Le franc s'apprécie, malgré la crise de la livre turque

Le franc s'appréciait nettement vendredi face à l'euro, dans un contexte généralisé d'aversion au risque qui a également saisi les marchés des actions. Les analystes ne s'attendent cependant pas à ce que la pression subsiste longtemps sur la monnaie helvétique.

Vers 11h, la devise suisse s'échangeait à 1,1388 franc pour un euro, contre 1,1523 euro-franc jeudi à la mi-journée, marquant un net raffermissement du franc face à la monnaie unique européenne. Ce mouvement était surtout dû à la faiblesse de l'euro, ont estimé les analystes.

«Des craintes sur d'éventuelles conséquences négatives de la crise ayant saisi la livre turque pour l'Europe et notamment ses banques ont nettement fait chuter l'euro lors du négoce en Asie», a indiqué le spécialiste en devises de BayernLB, Manuel Andersch. «Les craintes de dommages collatéraux et de contagion de la crise de la devise turque grandissent», a souligné Kit Juckes, analyste de Société Générale, pour expliquer les répercussions sur l'euro.

Le franc se trouvait quant à lui sous pression pour diverses raisons, a indiqué à AWP Arnaud Masset, analyste chez Swissquote.

La livre turque s'effondre, nouveau plus bas historique

La livre turque (TRY) a brutalement chuté vendredi, perdant plus de 6% de sa valeur face au dollar, sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis et d'inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes.

La devise turque a brièvement franchi dans la matinée pour la première fois la barre de 6 pour un dollar après avoir perdu quelque 12% de sa valeur. Elle s'est ensuite quelque peu ressaisie et s'échangeait à 07h30 GMT à près de 5,9 pour un billet vert, accusant une baisse de plus de 6% sur la journée.

La livre turque, dont la valeur a fondu de plus d'un tiers depuis le début de l'année, avait déjà perdu plus de 5% face au dollar jeudi. Cette baisse spectaculaire survient à quelques heures d'un discours attendu du ministre des Finances Berat Albayrak, également gendre du président Recep Tayyip Erdogan, qui doit présenter le «nouveau modèle économique» de la Turquie. Elle survient aussi après des commentaires du chef de l'Etat turc qui, dans la nuit de jeudi à vendredi, a mis l'agonie de la livre turque sur le compte de «campagnes» dont il n'a pas précisé la nature.

«S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah!», a-t-il lancé, des déclarations peu susceptibles de rassurer les marchés qui assistent depuis des mois à l'inexorable chute de la livre turque. Dans un article publié vendredi, le Financial Times rapporte que la Banque centrale européenne s'inquiète d'une éventuelle exposition de certaines banques européennes très présentes en Turquie à la crise monétaire que traverse ce pays.

Guerre commerciale

«Depuis quelques mois nous assistons à la guerre commerciale entre les Etats-Unis, l'Union européenne et la Chine. Si la partie s'est un peu tassée entre Washington et Bruxelles, les marchés anticipent toujours le comportement imprévisible du président américain Donald Trump», a expliqué M. Masset.

S'ajoute pour la zone euro le problème du Brexit qui est loin d'être réglé. La chute brutale de la livre turque ce vendredi, sur fond de crise diplomatique entre Ankara et Washington et d'inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes, «pourrait par un effet de contagion apporter de l'incertitude» sur les marchés européens, a-t-il ajouté.

Alors que le dollar reste la valeur refuge par excellence, le yen et le franc jouent également ce rôle et profitaient des incertitudes actuelles.

Le spécialiste de Swissquote ne s'attend cependant pas à ce que la devise helvétique continue de baisser sur une plus longue période. «La crise turque impacte le sentiment de la journée, mais pas sur le moyen terme», a estimé Arnaud Masset, qui s'attend à ce que la paire de devises euro-franc se relâche de nouveau par la suite.

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