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L'actualité économique

«Les indépendants méritent mieux que l'aide sociale»

logo de Le Matin Le Matin il y a 3 jours lematin.ch

Le conseiller national Samuel Bendahan se joint aux critiques contre la très faible indemnisation prévue pour les petits entrepreneurs et les indépendants qui ont dû fermer.

Pour Samuel Bendahan (PS/VD), les indemnités prévues pour les indépendants doivent être au niveau de leur revenu réel et non pas d'un montant forfaitaire calculé à la raclette. © Gaetan Bally/Keystone Pour Samuel Bendahan (PS/VD), les indemnités prévues pour les indépendants doivent être au niveau de leur revenu réel et non pas d'un montant forfaitaire calculé à la raclette.

Dans un article paru lundi dans «Le Temps», deux avocats lausannois reviennent sur la décision du Conseil fédéral de verser des indemnités aux entrepreneurs et indépendants qui sont salariés de leur société, soit une SA soit une Sàrl. C'est une mesure exceptionnelle pour leur permettre de maintenir leur revenu alors que leur société est au chômage forcé à cause de l'épidémie.

2656 francs, rien de plus

Rappelons que ces entrepreneurs et indépendants cotisent à l'assurance-chômage sur leur salaire, même s'ils sont exclus des prestations de chômage. Dorénavant, l'ordonnance leur donne accès à ces prestations de manière temporaire. Mais le hic, c'est qu'elle a fixé un plafond de 3320 francs comme «gain déterminant». Comme la caisse de chômage n'en verse que les 80 %, le montant maximum d'aide est de 2656 francs, une somme que les deux avocats qualifient de «presque risible»pour la plupart des personnes concernées. (Précisons que les indépendants au sens strict, qui ne cotisent pas au chômage, ne sont pas concernés par cette problématique. Ils sont indemnisés avec l'Assurance perte de gains (APG))

Moins de la moitié

Le conseiller national et économiste Smuel Bendahan (PS/VD) partage leur incompréhension vis-à-vis de ce montant forfaitaire: «Ces aides sont destinées à des petits entreprneurs ou indépendants qui ont quelques employés, un magasin ou une petite activité. Ces gens-là ne sont pas riches, mais ils gagnent quand même entre 6000 et 7000 francs par mois. C'est tout à fait indécent de leur proposer moins de la moitié.»

Crainte des abus ?

Comment explique-t-il que le Conseil fédéral ait proposé un montant si bas: «Mon hypothèse est que l'administration a refléchi en terme de régime d'allocation APG ou chômage en utilisant une logique d'allocution spécifique. Le montant forfaitaire retenu se rapproche plus de l'aide sociale et que de la logique du revenu. Je pense qu'il y a aussi la crainte des abus. Mais là j'estime qu'il faut aider les gens maintenant, si certains trichent, on les contrôlera plus tard....»

Un forfait autour de 7000 francs

Pour Samuel Bendahan, c'est une grave erreur sur le long terme de ne pas compenser le manque à gagner en fonction du revenu des gens: «Bien sûr qu'il faut fixer un maximum, mais il doit être cohérent avec le revenu réel des gens, autour de 7000 francs. De plus je trouve que pour les bas revenus, il faudrait verser 100 % et non pas 80%. En-dessous de 4000 francs, perdre encore 20% c'est beaucoup plus difficile à gérer que lorsque l'on dipose de plus.»

Tout intérêt à le faire

Enfin, si l'on considère une autre hypothèse, en fixant un montant forfaitaire si bas, le Conseil fédéral voudrait éviter un coût trop élevé de cette mesure: «La Suisse a largement assez d'argent pour aider ces personnes correctement durant trois mois, constate le Vaudois. Elle a tout intérêt à le faire pour que ces gens soient dans une situation saine et non pas avec des dettes lorsque le marché intérieur reprendra une activité normale.»

Eric Felley

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