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L'actualité économique

Amazon fait plier la ville Seattle qui retire une taxe en faveur des sans-abri

logo de Le FigaroLe Figaro 13.06.2018 Marius François

À Seattle, le géant américain a combattu une taxe votée il y a seulement un mois par la municipalité pour aider les plus démunis. L'entreprise a fait pression sur les élus en utilisant son influence économique sur la région.

figarofr: Le géant du e-commerce a tout mis en place pour faire retirer une taxe en faveur des sans-abri. © Ben Nelms/REUTERS Le géant du e-commerce a tout mis en place pour faire retirer une taxe en faveur des sans-abri.

«Le vote d'aujourd'hui par le conseil municipal de Seattle [...] est la bonne décision pour la prospérité économique de la région», a salué Drew Herdener, vice-président d'Amazon. En effet, la municipalité a voté mardi 17 juin à 7 voix contre 2 la suppression d'une taxe de 275 dollars par salarié et par an pour les entreprises de plus de 20 millions de dollars de chiffre d'affaires. Cet impôt, voté à l'unanimité il y a seulement un mois, devait servir à la construction de refuges pour les sans-abri. Jenny Durkan, maire démocrate de la ville depuis novembre dernier, s'est inclinée devant le géant du e-commerce Amazon. L'entreprise, qui a choisi Seattle pour y construire son siège social, a multiplié les pressions sur les élus.

La présence d'Amazon bénéficie au rayonnement de la ville et à son économie. Or, quand les dirigeants ont appris la mise en place de la nouvelle taxe, initialement fixée à 500 dollars par employé, le chantier de construction d'une nouvelle tour a été suspendu. La société a suggéré également qu'elle pourrait sous-louer les 67.000 mètres carrés d'un bail de location d'un immeuble du centre-ville fraîchement signé. Le conseil municipal joue alors la carte de la négociation et annonce une taxe diminuée à 275 dollars par salarié et par an. La construction de la tour reprend.

Alors que la situation semble s'apaiser, Amazon s'associe à Starbucks et quelques sociétés locales. Un groupe au nom sans équivoque voit le jour: «No Tax on Jobs» (littéralement «Pas de taxe sur les emplois»). 300.000 dollars sont mis sur la table par les entreprises pour financer une campagne de mobilisation des citoyens et une pétition. L'objectif est de déclencher un référendum pour faire abroger la loi. Bruce Harrel, le Président du conseil de Seattle, recule et explique vouloir éviter des mois de tourmente sur le budget de la ville. Une réunion spéciale a alors lieu avec seulement 24 heures de préavis. La taxe est retirée.

Des pressions rentables pour Amazon

Avec 275 dollars de taxe par employé et par an, la ville de Seattle aurait perçu 20 millions de dollars en 2019 dont 12,5 millions de la part d'Amazon, directement visé avec 45.000 employés dans la ville. L'entreprise a payé 250 millions de dollars de taxes à l'État de Washington en 2017, pour 1,6 milliard de dollars de bénéfices, selon le Seattle Times. Par ailleurs, l'État de Washington ne prélève pas d'impôts sur le revenu des ménages.

Néanmoins, Amazon soutient Farestart, un organisme qui distribue des repas gratuits, offre des logements et forme des personnes démunies pour qu'elles retrouvent un travail. Le géant du e-commerce a annoncé en mai 2017 qu'il offrirait 4370 mètres carrés à l'association Mary's Place qui lutte contre le mal-logement. Le comté de King, où se trouve Seattle, compte environ 12000 sans-abri, ce qui le place juste derrière ceux de New-York et de Los Angeles.

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