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Portrait du peindre hollandais Vincent van Gogh

logo de AD Magazine AD Magazine 24.11.2022 Melissa Grustat

Vincent Willem van Gogh

Né le 30 mars 1853 à Zundert

Décédé le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise

Profession : artiste

Qu'il s'agisse des Tournesols ou de La Nuit étoilée, les tableaux et dessins de Vincent van Gogh ont défini ce qu’on appelle le postimpressionnisme. Leur popularité bat aujourd’hui des records aux enchères internationales en atteignant des montants de plusieurs millions d’euros. Quoi de plus tragique quand on sait que le peintre néerlandais ne vendit qu’une seule œuvre de son vivant et vécut dans la misère de longues années... Ses soucis financiers, couplés à des problèmes psychiatriques, le conduisirent fatalement au suicide. Vincent van Gogh n’avait commencé à peindre qu’à 27 ans, mais en dix ans il signa plus de 850 tableaux et quelque 1300 travaux sur papier.

L’enfance et la jeunesse de Vincent van Gogh

Vincent Willem van Gogh naît le 30 mars 1853 dans la commune de Zundert aux Pays-Bas, dans la province du Brabant-Septentrional, d’un père pasteur et de son épouse. Il est élevé modestement avec ses cinq frères et sœurs ainés, deux garçons et trois filles, et tous reçoivent une éducation stricte et très marquée par la religion. Van Gogh fréquente d’abord quelques années l’école municipale de son village, avant d’être scolarisé dans un internat à environ 25 kilomètres de chez lui, à Zevenbergen. Mais il ne brille nullement par ses performances, et ses talents en dessin ne lui permettent pas de se démarquer face à ses camarades. En école secondaire à Tilburg, Vincent, alors âgé de 13 ans, finit toutefois par obtenir de bonnes notes, mais met brutalement fin à son parcours scolaire à sa propre initiative en mars 1868.

Du décrochage scolaire à la prêtrise

Durant les trois années qui suivent, Vincent van Gogh retourne vivre chez ses parents. Son oncle lui trouve un stage chez le marchand d’art Goupil & Cie à La Haye. Le petit frère de Vincent, Théo, est embauché dans la même entreprise, mais au grand regret de Van Gogh, sur le site de Bruxelles. Vincent est lui-même muté peu de temps après dans une autre succursale et déménage à Londres. Malgré la distance, les deux frères maintiennent des échanges étroits et entretiennent un contact épistolaire régulier.

Seul à Londres, Vincent van Gogh s’intéresse de plus en plus à l’art, visite de célèbres musées et admire les œuvres des peintres français François Millet et Jules Breton. Et bien que l’art le fascine, il quitte Goupil & Cie un an seulement après une nouvelle mutation à Paris. Il se réinstalle alors en Angleterre et s’essaie à l’enseignement bénévole en tant qu’assistant. Puis il trouve un poste fixe en tant que professeur dans une école privée de Londres. Mais après quelques mois, il démissionne à nouveau.

Corbeaux au-dessus d'un champ de blé de Vincent van Gogh (1890). © Universal History Archive/Getty Images Corbeaux au-dessus d'un champ de blé de Vincent van Gogh (1890).

Une fois de plus, c’est l’oncle de Van Gogh qui l’aide à trouver un emploi, cette fois dans une librairie des environs de Rotterdam. Mais comme ce travail ne le satisfait pas non plus et qu’à 24 ans il n’a toujours pas de projet d’avenir concret, ses parents se mettent d’accord pour lui faire suivre des études de théologie, la seule matière à laquelle il s’intéresse sérieusement. Son absence de diplôme l’oblige cependant à passer un examen d’admission. Et en dépit du soutien d’un autre de ses oncles qui travaille comme son père en tant que pasteur, Vincent van Gogh est incapable de trouver la motivation pour apprendre. Si bien que son oncle finit par lui conseiller d’abandonner tous ses projets d’études. Mais sa mission de servir le Seigneur, quant à elle, il ne l’abandonne pas : quelques mois plus tard, il s’installe dans l’ouest de la Belgique pour prêcher. Il vit parfois dans les familles des pauvres mineurs locaux, mais bien qu’il fasse cadeau de la plupart de ses possessions aux habitants, il ne tisse pas de lien suffisamment étroit avec eux : il doit à nouveau quitter sa communauté après quelques mois seulement.

Les premiers pas de Vincent van Gogh en tant qu'artiste

Pendant toute cette période, jamais il ne rompt le contact avec Théo, et ce dernier est aussi celui qui encourage son frère à considérer une carrière de peintre. L'aîné suit le conseil du cadet et déménage en 1880 à Bruxelles. Là-bas, avec le temps et à travers les échanges avec d’autres artistes, il développe un style de plus en plus personnel. Même si ses parents n’approuvent guère ce nouveau projet de carrière, il vit encore quelques années auprès d’eux. À cette période, Vincent reçoit le soutien financier de Théo, qui s’est hissé dans l’intervalle à la tête de Goupil & Cie. Après un nouvel échec de la cohabitation chez ses parents, il s'installe à La Haye, où il apprend les bases de l'aquarelle et de la peinture à l'huile auprès d'un cousin par alliance, l'artiste Anton Mauve.

Après quelques commandes pour la plupart non rémunérées, un échec amoureux et de nouvelles tentatives de cohabitation avec sa famille, Van Gogh quitte définitivement la maison en 1885, à la mort de son père. Il vit d’abord dans son atelier, où il débute son travail sur le célèbre tableau Les Mangeurs de pommes de terre, pour s’inscrire peu après à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, quitter les Pays-Bas et tourner le dos pour toujours à son pays natal. Mais Vincent van Gogh ne veut pas non plus rester durablement en Belgique, et il déménage bientôt chez son frère Théo à Paris. L’expérience de la capitale française et les travaux d'autres artistes tels que Fernand Cormon, Henri de Toulouse-Lautrec ou Émile Bernard influencent grandement le style et surtout le choix de couleurs de l’artiste. Son tableau La Colline de Montmartre avec une carrière de pierres, réalisé à cette époque, est par exemple nettement plus coloré que ses anciennes œuvres. Les thèmes ont également évolué, avec des terrasses de cafés ou la Seine de plus en plus présente. Mais au bout de deux ans seulement, Vincent van Gogh en a assez de la vie trépidante de la ville et s'installe dans le sud de la France, à Arles.

Les mangeurs de pommes de terre, de Vincent van Gogh (1885). © Universal History Archive/Universal Images Group/Getty Images Les mangeurs de pommes de terre, de Vincent van Gogh (1885). Vue de Montmartre avec carrière et moulins, de Vincent van Gogh (1886). © VCG Wilson/Corbis/Getty Images Vue de Montmartre avec carrière et moulins, de Vincent van Gogh (1886).

Van Gogh dans le sud de la France

Bien que la période de Vincent van Gogh à Arles soit marquée par la gravité de sa maladie, il s’agit très certainement de la plus prospère créativement, ce qu’il doit surtout à son confrère Paul Gauguin qui lui aussi s’installe en Camargue en octobre 1888 et investit un atelier avec le Néerlandais. La collaboration entre les deux hommes démarre bien mais, peu à peu, leurs querelles prennent de l’ampleur. Alors que Gauguin l’avertit de sa volonté de quitter l’atelier, la situation prend de telles proportions que van Gogh menace son ami avec une lame de rasoir. Il ne le blesse pas, mais le soir même découpe sa propre oreille. Il l’enveloppe dans du vieux papier journal et la donne à une prostituée, geste qui reste à ce jour inexpliqué. Car Van Gogh lui-même, transféré après l’accident à l’hôpital public, se rappelle à peine de cette soirée. Cet acte d’un Van Gogh manifestement confus restera célèbre bien au-delà du cercle des connaisseurs d’art.

Chambre à coucher à Arles, de Vincent van Gogh (1889). © VCG Wilson/Corbis/Getty Images Chambre à coucher à Arles, de Vincent van Gogh (1889).

Les dernières années 

Malgré son retour au travail et à l’art, les tourments persistent. En mai 1889, la crainte d’une éventuelle rechute qui habite Van Gogh est si intense qu’il se fait interner de lui-même à la clinique psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence. Sur place, le peintre est bien accepté et on met même à sa disposition une seconde chambre pour qu’il y installe un atelier. Hormis quelques incidents durant lesquels il se met par exemple à manger des morceaux de ses huiles, Vincent est plus calme et si productif la première année qu’il parvient à achever près de 50 nouvelles œuvres.

Après sa sortie en mai 1890, il séjourne quelques mois dans un village d’artistes près de Paris. Son état de santé semble grandement s’améliorer et il signe quantité d’autres tableaux. Mais quand Théo lui annonce début juillet qu’il songe à être indépendant, l’incertitude financière suscite chez Van Gogh un tel tourment et une telle angoisse que le 27 juillet 1890, il se tire une balle dans la poitrine et seulement deux jours plus tard, succombe à ses blessures en présence de son frère. Ses derniers mots : « La tristesse durera toujours. »

Nuit étoilée, de Vincent van Gogh (1889). © Universal History Archive/Universal Images Group/Getty Images Nuit étoilée, de Vincent van Gogh (1889).

Les œuvres les plus célèbres de Van Gogh

En dépit de son état de santé critique, ou grâce à celui-ci, l’une des œuvres les plus célèbres de Van Gogh voit le jour à la clinique en juin 1889. Il s’agit de La Nuit étoilée. Cette peinture à l’huile montre la vue du peintre par sa fenêtre sur les rues de Saint-Rémy-de-Provence. La plus grande partie du tableau est occupée par le bleu foncé du ciel nocturne, éclairé par des étoiles lumineuses dont certaines d’une grosseur inhabituelle, et par la Lune. À l’avant-plan, on voit un cyprès vert foncé, typique du paysage du sud de la France. Le village à l’arrière-plan, toutefois, rappelle pour beaucoup les Pays-Bas. La Nuit étoilée appartient depuis 1941 au MoMa à New York et il est admiré chaque jour par des milliers de visiteurs.

On retrouve une atmosphère similaire dans son tableau Nuit étoilée sur le Rhône, peint un an auparavant. Sur cette toile, les tourbillons caractéristiques sont absents, mais les mouvements de pinceau (un trait à côté de l’autre) et le choix des couleurs primaires intenses portent clairement la signature de Van Gogh.

C’est aussi dans le sud de la France qu’a été peinte la série des Tournesols, qui comporte sept tableaux. Y sont représentés chaque fois un nombre différent de tournesols, entre trois et quinze, dans un vase. Pour représenter au mieux le jaune vif des fleurs, Van Gogh utilise un jaune de chrome lumineux, qui s’est malheureusement teinté de marron avec les années et l’effet des rayons UV. Mais la valeur de l'oeuvre ne se voit pas amoindrie pour autant. L’un des tableaux les plus connus porte le titre complet Vase avec quinze tournesols et est exposé à la National Gallery de Londres. D’autres peintures de cette série se trouvent à Amsterdam, New York, Tokyo et Munich.

Tournesols, de Vincent van Gogh (1988). © Print Collector/Getty Images Tournesols, de Vincent van Gogh (1988).

Autour de Vincent van Gogh, demeure un mystère qui n’a jamais vraiment pu être élucidé : la raison de l’existence de ses nombreux autoportraits. Les toiles en lin, les couleurs et le matériel de peinture coûtaient cher et Van Gogh n’avait que peu de revenus, on peut donc aisément concevoir que Van Gogh manquait d’argent pour des modèles, et qu’il dressait si souvent son propre portrait. En été 2022, on découvre encore un autoportrait du peintre jusqu’alors inconnu : Van Gogh l’aurait repeint sur un autre thème, probablement aussi pour économiser de l’argent. Une autre explication pour les nombreuses représentations de lui-même peut aussi être liée à la maladie mentale de l’artiste. Peindre son propre visage permettait à Van Gogh d’observer attentivement ses gestes et expressions faciales, et de comparer les différents stades de sa maladie, même à long terme.

L’un de ses derniers autoportraits se trouve à Paris, au Musée d’Orsay et le montre assis dans un angle oblique, son oreille coupée non visible. Ses vêtements ont une tonalité similaire à celle de l’arrière-plan, traversé par nombre de petits tourbillons dynamiques. D'aucuns y voient la profonde tristesse qui s’est abattue sur la vie entière de Vincent van Gogh et qui inspire encore aujourd’hui les créateurs d’art, écrivains et cinéastes du monde entier.

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