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Dépression, bipolarité, anxiété… : pourquoi le tabou sur les troubles psychiques doit cesser

logo de Glamour Glamour 08.07.2018 Laura Carreno-Müller
Dépression, bipolarité, anxiété… : pourquoi il faut en finir avec le tabou sur les troubles psychiques © GettyImages/Compassionate Eye Foundation Dépression, bipolarité, anxiété… : pourquoi il faut en finir avec le tabou sur les troubles psychiques

Note de l'éditeur : La société de demain se construit aujourd'hui. Ses piliers : égalité des sexes, inclusion économique, droits des minorités, écologie, laïcité, bioéthique. Microsoft News vous fait vivre ces révolutions du quotidien. Retrouvez chaque jour les histoires de celles et ceux qui font évoluer la société.

Anthony Bourdain, Kate Spade, Avicii, Chester Bennington, la star de la K-pop Kim Jon-Hyung, Robin Williams... Depuis quelques années, une vague de suicides plonge la planète people et le monde entier dans le deuil. Côté médias, les mots "dépression" ou encore "anxiété" n’ont jamais été aussi présents, et les stars communiquent volontiers sur la nécessité de la prévention.

I suffer from depression and was a model during a particularly rough patch of self hatred


"Je souffre de dépression et j'ai été mannequin pendant une période très difficile où je me détestais"

In my deepest, darkest post-partum depression, I would have personally never called a phone number. If John or my doctor never reached out, I would have never even known. It really can be a lonely hole. Watch the people you love and don’t be afraid to speak up.


"Durant les heures les plus dures et sombres de ma dépression post-partum, jamais je n'aurais appelé qui que ce soit. Si John (Legend, NDLR) ou mon médecin ne m'avaient pas tendu la main, je n'aurais jamais pris conscience du problème. On peut vraiment tomber dans un abîme de solitude. Faites attention aux gens que vous aimez et n'ayez pas peur de parler haut et fort."

If pure anxiety was an Olympic sport, I'd feel really fucking anxious about all the gold medals I just won like a BOSS.


"Si l'anxiété pure et dure faisait partie des Jeux Olympiques, je serais vraiment p***** d'anxieux au sujet de toutes les médailles d'or que j'aurais gagné comme un boss"

Mais si les stars relaient de plus en plus ce type de messages et que des campagnes de sensibilisation contre les maladies psychiques (un terme générique englobant toute sorte de troubles comme la bipolarité, l’agoraphobie et la boulimie...) sont régulièrement organisées aux US et en Angleterre, le grand public, lui, peine à se mettre à la page. Et relaie même parfois des discours dangeureux.

Entre glamourisation et stigmatisation

Un rapide tour sur le Web permet de constater l'ampleur du problème : des plateformes comme Tumblr, mais aussi des forums, sont devenus les QG d’un mouvement glamourisant les troubles psychiques. Résultat : les images à base de scarification ou de personnes atteintes d’anorexie y sont monnaie courante. Au Japon, la tendance a même un nom : le "yami kawaii", c'est-à-dire "maladie mignonne", une version dark de la culture kawaii. Et si certains y voient un moyen de dénoncer les tabous sur le mal-être mental, ancré dans la mentalité japonaise, Mathilde, atteinte de dépression boulimique depuis son enfance, y voit un danger. "C’est comme si on prenait ces troubles à la légère", s’indigne-t-elle. "On ne devrait pas en faire quelque chose de beau parce qu’on peut en mourir".

Pire encore : certains des comportements engendrés par les troubles psy font parfois l'objet de commentaires stigmatisants, relayés sur les réseaux, mais aussi très présents IRL. "A 12 ans, j’avais perdu toute motivation et intérêt et je ressentais beaucoup de tristesse. On pensait que j’étais un fainéant qui ne voulait pas prendre sa vie en main. On me disait juste de me battre", raconte Romain. Diagnostiqué dépressif à 20 ans, l'étudiant a longtemps gardé le silence au sujet de sa maladie, ne voulant pas inquiéter sa famille. "J’ai appris à vivre avec, mais on n’en guérit jamais", enchaîne-t-il. Fatiguées par tant d’incompréhension, les personnes atteintes de troubles psychiques sont de plus en plus nombreuses à prendre elles-mêmes la parole sur la Toile, pour en finir avec les discours ambigus et culpabilisants.

La pop culture comme remède

Sur les Internets, cette libération de la parole se fait désormais à coup de mèmes, notamment sur Instagram et Twitter. Une façon de rire malgré tout, mais aussi de lutter contre le sentiment de solitude éprouvé par les personnes souffrant de troubles psychiques. "On se sent moins seuls, et ça prouve que l’on peut se sentir mal mais en rire", relativise Mathilde.


"Mon anxiété, ma dépression et ma tristesse à une heure du matin"

" 'Le sport aide à soulager la dépression'. Moi : "


" 'T'as l'air tellement déprimé'. Merci, c'est la dépression "


Et les anonymes ne sont pas les seuls à se servir de l'humour pour parler de leur situation. Le 1er juin 2018, le rappeur Kanye West a sorti son huitième album, Ye, qui évoque son trouble bipolaire, diagnostiqué en 2017. Sur la pochette, on peut en effet lire "I Hate Being Bipolar, It’s Awesome" ("Je déteste être bipolaire, c’est génial"), une référence aux changements d’humeur dont sont victimes les personnes atteintes de cette pathologie. Et une façon d'ajouter sa pierre à une scène actuellement très active : l'"emo rap", un sous-genre qui mélange la trap et les codes du rock des nineties, dont les représentant Yung Lean, Lil Xan ou encore Princess Nokia parlent sans fard de dépression, suicide et chagrin d’amour.

De quoi mettre ces troubles en lumière, notamment dans des pays comme la France, où le chemin vers l'acceptation reste long. Si la dépression ou encore le burn-out sont plutôt bien perçues, d’autres maladies, comme la schizophrénie ou la bipolarité, sont mal acceptées selon Marie-Jeanne Richard, vice-présidente de l’UNAFAM. "La stigmatisation est même présente au sein du personnel soignant. La psychiatrie fait peur, on ne comprend pas qu’il s’agit de réelles maladies, invisibles, mais qui impliquent une notion d’handicap", explique-t-elle. Pour y remédier, Marie-Jeanne Richard propose aux soignants d’être porteurs d’un message d’espoir. D’après elle, "les personnes vivant avec des troubles psychiques éprouvent un sentiment d’inadéquation dans une société qui est en quête de perfection. Les stigmatiser les empêche de trouver de l’aide", et donc, d’être mieux prises en charge. Puisqu'elles nous parlent plus que jamais, profitons-en pour écouter.

Si vous ou quelqu’un de votre entourage est en situation d’urgence et a besoin d’une aide immédiate, vous pouvez contacter le dispositif Suicide Ecoute au : 01 45 39 40 00

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