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Bacsinszky: «Rêver, c’est ce que je conseille à tout le monde»

logo de Tribune de Genève Tribune de Genève 12.01.2018 Simon Meier

Timea Bacsinszky évoque son retour au jeu imminent, ainsi que ceux de Marion Bartoli et de Maria Sharapova.

Bacsinszky: «Rêver, c’est ce que je conseille à tout le monde» © (Tribune de Genève) Bacsinszky: «Rêver, c’est ce que je conseille à tout le monde»

Timea Bacsinszky, absente des courts depuis juillet, a décidé de ne pas disputer l’Open d’Australie qui démarre lundi. Si tout se passe comme elle l’espère, la Vaudoise (WTA 38) s’alignera à la fin du mois à Saint-Pétersbourg. Avec un moral tout neuf.

Il y a un an, vous pleuriez dans une salle de presse avant d’entamer l’Open d’Australie et là, vous êtes forfait et tout sourire. Un commentaire?
C’est la preuve qu’on ne peut jamais calculer. Chaque moment est différent dans une vie. Cela ne sert à rien de trop retourner en arrière ou de se projeter vers l’avant. Il faut vivre le moment présent. Dans 45 minutes, j’ai rendez-vous chez ma mère parce que j’ai une dent cassée – mon problème du jour, il est là.

Ne pas jouer en Australie, ce n’est pas trop dur?
Non, je ne suis pas spécialement triste – je me suis quand même fait opérer il y a trois mois de la main qui tient la raquette. L’idée de m’aligner à Melbourne constituait un pari un peu fou, il m’a manqué quelques semaines.

Allez-vous suivre le tournoi comme téléspectatrice?
Je vais regarder les résultats des Suisses. Si je tombe sur un match cool en night session, aussi. Mais je ne dirai à personne: «Désolée, ce soir je ne peux pas, j’ai tennis.»

Cette pause forcée vous a-t-elle permis de réfléchir à votre jeu, de revoir certaines bases?
On en a beaucoup discuté avec Dimitri (ndlr: Zavialoff, son coach). Mais il y a une grosse différence entre ouvrir des options sur le plan mental et les tester sur le terrain. Depuis que j’ai vraiment repris la raquette, j’ai essayé des choses que je ne faisais pas avant.

Peut-on savoir quoi?
Essayer de prendre la balle encore plus tôt, mieux réagir sur les contre-pieds, plein de petites choses en général.

Et la philosophie, elle change?
On va rester sur notre ligne, qui consiste à regarder les choses à long terme. Franchement, si je ne gagne pas un match pendant six mois, ce ne sera pas grave. Je descendrai juste au classement. Je sais qu’à un moment ou un autre, je reviendrai à 100%. Je peux aussi m’envoyer un tournoi dès mon retour, je n’en sais rien. Je n’ai pas d’attentes.

Quand même, ce classement qui va encore dégringoler, cela ne vous préoccupe pas?
J’ai gagné un rang cette semaine (ndlr: de la 39e à la 38e place). Non, cela ne me fait rien du tout.

On a du mal à vous croire. Qu’on soit 100e ou 9e mondiale, comme vous l’avez été en mai 2016, en tennis, ça change la vie non?
J’ai l’impression d’avoir les mêmes bras, les mêmes jambes. Être No 9 ou 38, quand on est blessée, cela ne change rien. Je l’ai vu maintes fois: si je suis trop focalisée sur le classement, cela conduit à ma perte. Ça me sert à quoi? Savoir si je suis première ou deuxième Suissesse… Il y a assez de soucis sur cette planète pour ne pas se mettre un stress en plus.

Une pause forcée, l’occasion de bosser dans la durée, un moral tout frais: ça sent le gros coup ce printemps à Roland-Garros…
Je ne sais pas. J’adorerais, je vais tout faire pour. Mais il y a d’autres tournois avant, comme Lugano, en Suisse, sur terre, où j’aimerais bien jouer. En Fed Cup aussi, même si je pense plus à avril (ndlr: éventuelle demi-finale) qu’à février (quart contre les Tchèques). Après, rêver, c’est ce que je conseille à tout le monde – sans ça, on n’avance pas. C’est trop triste, de ne pas avoir de rêves. Si je ne gagne pas à Roland, mais que c’est à Wimbledon ou l’US Open, ce ne sera pas grave (rires).

Un mot sur le retour de Marion Bartoli?
J’ai eu des contacts ces dernières années. On discutait, j’ai vu son évolution, son énorme perte de poids, son énorme reprise de poids. Je suis aussi passée par des périodes comme ça, avec des douleurs sentimentales, certaines remises en question, les blessures du passé, les traumatismes. Je lui souhaite simplement d’être bien dans sa peau et de profiter de ce retour.

On a l’impression qu’il y a plusieurs vies dans son parcours. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un?
Il y a beaucoup de filles comme ça, dans le tennis féminin. Je me suis toujours battue pour dire qu’il n’était pas sain d’avoir un père comme coach. Si cela me fait penser à quelqu’un? Oui, je suis dedans. Belinda Bencic aussi, Myriam Casanova, Marie-Gaïané Mikaelian. Capriati, Seles, les sœurs Williams d’une certaine façon, et toutes les autres, dont on n’a jamais connu le nom. Pour une de célèbre, combien de filles dont on n’a jamais entendu parler ont-elles connu la dépression?

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