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Sion 2026 se prend une claque

logo de Le Matin Le Matin 14.03.2018 Éric Felley
Sion 2026 se prend une claque © (Le Matin) Sion 2026 se prend une claque

Une gifle au Valais, un mauvais signal, l’occasion de rebondir et de remotiver les Valaisans… Les avis divergent après la décision du National de faire voter le peuple suisse sur Sion 2026.

Ce n’était pas un vote directement sur la candidature de Sion 2026, mais il avait valeur de test sur sa cote de confiance au Parlement. Avec Silva Semadeni (PS/GR), la gauche soutenait une motion demandant un vote populaire national pour le milliard de francs promis par le Conseil fédéral à la candidature valaisanne.

La parlementaire grisonne a mené par deux fois avec succès le combat contre l’organisation des JO aux Grisons en 2013 et en 2017. Sa bête noire, c’est le Comité international olympique. Dans une réponse au conseiller national Benjamin Roduit (PDC/VS), elle a dit: «Il n’y a pas de durabilité dans ces Jeux. Ils sont devenus monstrueux, gigantesques. Ils sont chers pour l’État organisateur, qui paie des milliards, alors que le CIO encaisse des milliards par le biais des droits de télévision et de grands sponsors.»

L’UDC, qui avait fortement critiqué le Conseil fédéral lors de sa décision de lâcher ce milliard pour Sion 2026, s’est rallié aux deux tiers à la motion. Le résultat est serré, 92 contre 87 et 7 abstentions. Pour les conseillers nationaux valaisans qui avaient tout tenté pour faire couler la proposition, la douche est glaciale pour cinq voix ou trois votes. Franz Ruppen (UDC/VS) faisait part de sa «grande déception. Hier encore il y avait une courte majorité dans le groupe pour refuser.» Pour Viola Amherd (PDC/VS): «C’est incompréhensible de la part de l’UDC, alors que le président de Swiss Olympic et de la candidature, Jürg Stahl (UDC/ZH), est membre de son groupe.»

Ébranlé, mais pas abattu, Jürg Stahl constate les «dégâts» parmi les promesses qu’on lui a faites: «Après la dernière séance de groupe, il y avait 27 voix contre. Aujourd’hui il n’en reste que 19.» Mais pour lui, «en sport, il faut savoir perdre et rebondir».

Un autre UDC, le conseiller fédéral Guy Parmelin, avait de la peine à comprendre l’attitude de son groupe: «Le Conseil fédéral ne peut pas convoquer une votation populaire du jour au lendemain. À partir de la motion, il faut faire une loi, qui peut être soumise au référendum, comme on l’a fait pour le Gripen.» Les délais sont très serrés. La dernière possibilité de voter est en février 2019, alors que le CIO choisit la candidature en juillet 2019.

Pilule amère

Parmi la députation valaisanne, Jean-Luc Addor (UDC) et Mathias Reynard (PS) ont soutenu la motion. Pour ce dernier: «Cela n’a rien à voir avec le Valais, c’est un vote de défiance envers le CIO. Moi je n’ai pas voté aujourd’hui pour ou contre Sion 2026. Il ne faut pas avoir peur du peuple.»

Dans le camp des partisans, la pilule était amère. Philippe Nantermod (PLR/VS) avait des mots forts: «C’est une claque dans la gueule des Valais…» Pour Géraldine Marchand-Balet (PDC/VS): «C’est un mauvais signal pour le peuple valaisan avant le vote du 10 juin.» Elle espère que le Conseil des États, où le PDC est plus fort, va refuser cette motion. Il se prononcera à la session de juin.

Le sénateur valaisan Jean-René Fournier (PDC/VS) précise que le Conseil d’État laissera passer la votation populaire du 10 juin avant de se prononcer. Lui prend le résultat d’hier avec philosophie: «Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose, cela va motiver encore plus les Valaisans. C’est aussi un signal au CIO, que ce n’est pas si facile, qu’il faut être prêt à discuter du dossier.»

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