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L'actualité du sport Suisse

Eric Antoine a fait disparaître le FC Sion

logo de Le Matin Le Matin 11.02.2019 Nicolas Jacquier, Sion

Présent samedi soir lors du repas de gala du club valaisan, le magicien a prolongé son spectacle. Le point arraché contre Lugano (2-2) ne suffit pas à masquer la pauvreté du jeu.

© Fournis par Tamedia AG

Le FC Sion a réalisé un bel exploit durant sa préparation hivernale, en réussissant à faire en sorte que personne ne puisse vraiment savoir où il en était, et probablement pas lui-même non plus. Tout d’abord parce que le club valaisan s’est «délocalisé» pendant près de trois semaines en Turquie; et surtout en raison de sa décision de ne pas disputer le moindre match amical en Suisse. Sauf à se rendre jusqu’à Belek pour l’y observer sur place, impossible donc de savoir où l’équipe de Murat Yakin se situait et si elle avait progressé comme espéré par son président.

Tout juste pouvait-on se fier à l’écho des rares personnes ayant assisté à l’une ou l’autre des rencontres de préparation de Sion à l’étranger. Verdict? Pas fameux, voire carrément inquiétant, à considérer la raclée reçue contre Aarau - vainqueur 7-1 après avoir pourtant disputé le matin même un premier match - , un FC Aarau dont Servette autant que Lausanne, accessoirement, feraient bien aujourd’hui de se méfier. Dans le cas qui nous intéresse, le renvoi du match de reprise à Lucerne pour cause de pelouse enneigée n’a fait que renforcer le mystère – que peut bien valoir ce FC Sion? – et la découverte d’un potentiel supposément amélioré. Préoccupante après ce faux départ, la réalité montre que ce n’est pas le cas, avec une équipe toujours aussi empruntée au moment de devoir faire le jeu.

Tour de passe-passe

Alors bien sûr, Sion a fait montre d’un bel état d’esprit lorsqu’il lui a fallu par deux fois revenir au score, la dernière fois alors que plus personne n’y croyait vraiment encore, excepté Ndoye, monté placer une tête salvatrice. Le vrai problème soulevé par ce nul inespéré arraché contre Lugano (2-2) consiste à se demander pourquoi les Valaisans ne parviennent plus à dominer l’équipe tessinoise depuis déjà 18 mois (avec un bilan de quatre défaites et deux nuls). Au lendemain de la soirée de gala du FC Sion, ce que ses joueurs ont présenté n’a guère été du goût du public.

A se demander si Eric Antoine, présent quelques heures plus tôt sur la scène à Martigny avec ses pouvoirs magiques, n’a pas réalisé un ultime tour de passe-passe en faisant disparaître une formation qui peine toujours autant à afficher une véritable identité. Surtout à Tourbillon, devant un public qui ne demande pourtant qu’à s’enflammer. Or voici bien longtemps que Sion ne réussit plus à y faire souffler un vent de folie. Ce n’est pas un hasard si les Valaisans sont plus performants à l’extérieur, où le style tout en retenue de Yakin (ne pas trop se livrer, observer d’abord pour mieux frapper ensuite) passe nettement mieux.

Pas un blanc-seing

Le fait est qu’aujourd’hui, les spectateurs de Tourbillon s’ennuient globalement comme ils s’ennuyaient déjà avant la pause hivernale. Une pause durant laquelle le président Christian Constantin a très généreusement prolongé le contrat de son technicien jusqu’en juin 2021. Mais cette marque de confiance envers Yakin n’apparaît nullement comme un blanc-seing. Elle commande aussi en retour un spectacle à la hauteur des ambitions locales, partant d’un postulat éprouvé: Sion n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’abandonne sans calculer, et que ses joueurs se livrent sans réfléchir - encore faut-il choisir cette option-là dès le coup d’envoi et non uniquement dans le dernier quart d’heure.

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Avec ce Sion certes peut-être sauvé des eaux mais incapable d’emballer ni même de se rassurer, force est de reconnaître que le compte, après pourtant six semaines de préparation, n’y est toujours pas.

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