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La glisse lumineuse de Saint-Moritz

logo de Le FigaroLe Figaro 09.02.2017 Annie Barbaccia
figarofr: Le domaine de Corviglia offre une vue plongeante sur Saint-Moritz et les lacs gelés. © Christof Sonderegger/swiss-image.ch Le domaine de Corviglia offre une vue plongeante sur Saint-Moritz et les lacs gelés.

De notre envoyée spéciale à Saint-Moritz

Saint-Moritz est la reine des neiges, la plus élégante des stations de montagne. Plus de cent cinquante ans que ça dure: le tourisme hivernal en altitude fut, dès 1864, sa géniale invention. Tous les jeux blancs ont ici la cote, ski alpin et nordique, freestyle, freeride, patinage, curling, bobsleigh, polo et courses de chevaux sur son lac gelé… Son agenda sportif et mondain ne désemplit pas. À peine tombé sur un événement, le rideau se lève sur un autre. Deux fois olympique au XXe siècle (1928 et 1948), elle s'y verrait bien une troisième fois au XXIe. Au chapitre ski alpin, elle accueille chaque année une Coupe du monde et cette saison, donc, les championnats du monde, orchestrés ici pour la cinquième fois depuis 1934: le record absolu. À cette occasion, on zappera donc sur les palaces et les magasins de luxe pour découvrir sa glisse ultrapanoramique sur les sommets, les glaciers et cette large et lumineuse vallée de la Haute-Engadine, perchée à 1800 m, à l'est de la Suisse, dans le canton des Grisons. L'enfilade de lacs gelés et de villages pastel aux noms romanches, Pontresina, Celerina, Champfèr, Silvaplana, Surlej, Sils-Maria… laisse bouche bée. Bon voyage skis aux pieds sur plus de 300 km de pistes.

• Corviglia, l'historique

L'Engadine et la Corviglia passent tous les jours à la télé. Ce sont, respectivement, la piste des dames et celle des messieurs pour les Mondiaux. Mais, passé le 19 février, ces pistes-là, vous ne les reconnaîtrez pas. Disparus le surlignage en bleu, les filets rouges de sécurité, les sauts taillés pour corser les descentes (samedi et dimanche prochain), les lançoirs de départ pour prendre de la vitesse, 100 km/h en quelques secondes. Rendue au commun des skieurs, l'arène des compétitions redeviendra le Corviglia Run, large pente rouge moquettée par les machines et sans aucune difficulté. Mais instinctivement on soignera ses virages pour dévaler ces 700 m de dénivelé (de 2700 m à 2000 m) sur les traces des champions. Et, contrairement à eux, on prendra le temps d'admirer la vue plongeante sur Saint-Moritz et les lacs gelés.

Juste au-dessus de la station, Corviglia est sa montagne historique. Dès l'aube du XXe siècle, les skieurs y sont montés jusqu'à 2000 m, par le premier tronçon du funiculaire de Chantarella, théâtre des championnats du monde de 1934. À l'époque, la charmante chenille bleue poursuivait déjà son ascension jusqu'à 2500 m. Elle officie toujours, départ en plein cœur de la station. C'est, depuis la vallée, l'un des trois accès aux pentes de Corviglia, avec le téléphérique qui part de Saint-Moritz Bad, à l'extrémité du lac, et la télécabine qui monte de Celerina. L'office de tourisme qualifie ce domaine de «glamour», référence à la clientèle huppée - gotha européen et magnats de l'industrie -, habituée de ces pentes depuis des générations. Il est vrai qu'il n'y a qu'ici (et à Gstaad) qu'on trouve un club privé sur les pistes, un restaurant réservé aux gens bien nés. C'est la maison rose posée à l'arrivée du funiculaire depuis 1930 et dont, pour la petite histoire, Coco Chanel fut l'un des membres fondateurs.

Mais revenons à la glisse, confortable - au point d'avoir jalonné la piste Paradiso de chaises longues en rondins -, à dominantes bleue et rouge, plein sud donc ensoleillée. Un peu trop d'ailleurs au printemps: fermeture des pistes le 2 avril. Côté point de vue, c'est la Haute-Engadine sur grand écran, de Pontresina à Sils-Maria. Halte contemplative tout là-haut à 3057 m, au Piz Nair. Traduire «Pic noir», référence au schiste rocheux qui, tiens, jette comme une ombre sur la belle neige des combes qui dévalent derrière le sommet. Fin du glamour, place à l'ambiance minérale, à la poudreuse, au vent aussi, souvent, aux pentes plus soutenues. L'exploration de ce «trou à neige» s'achève à Marguns, dernière pause-café possible avant la descente vers Celerina, superbe, avec passage boisé et fin du parcours en forme de half-pipe, au-dessus des toits du village réputé comme le plus ensoleillé de la vallée. www.mountains.ch

Haltes choisies. À 2700 m, entre la piste Paradiso et le Corviglia Run, Chamanna, la jolie «cabane» aménagée dans une ancienne gare d'arrivée de téléski, pour les röstis. Tél.: + 41 79 682 50 80. À 2200 m, El Paradiso, terminus de la piste, pour une grande assiette de fromage d'alpage et pain aux poires, sur la terrasse chic et branchée. Tél.: + 41 81 833 40 02 et www.el-paradiso.ch

Corvatsch, l'alpin

Sur l'autre versant, juste en face de Corviglia, on a vite fait de prendre de l'altitude, 3303 m exactement, terminus du téléphérique qui s'élance de Surlej (1870 m), le village littéralement «au-dessus du lac» de Silvaplana. Rite initiatique avant de chausser: la grimpette en plein ciel par l'escalier métallique qui débouche sur une terrasse à 360°, pile sous le nez du Piz Corvatsch qui a donné son nom au domaine. Fond d'écran pour selfies assuré par le trio de cimes et glaciers Palü-Bernina-Roseg. De l'autre côté, la Haute-Engadine s'étale à vos pieds.

Orienté nord, le domaine de Corvatsch bénéficie d'une excellente qualité de neige, d'autant que sur le haut on skie sur un glacier. Ici, la glisse printanière s'éternise jusqu'au 7 mai. Longues et larges à souhait mais soutenues, les pentes sont résolument rouges, sauf une: la plongée noire du Hahnensee jusqu'à Saint-Moritz, 9 km sur 800 m de dénivelé et fin du parcours en forêt. Quant à la piste vedette, elle file de la gare intermédiaire du téléphérique (2700 m) jusqu'à Surlej. Et chaque vendredi, elle fait nocturne de 19 heures à minuit (et plus en février). C'est la plus longue piste éclairée de Suisse, 4,2 km, repérable au premier coup d'œil sur le plan avec son tracé stabiloté en jaune.

Corvatsch est aussi le terrain de jeu favori des riders. Version freestyle sur le snowpark avec, en prime, une Coupe du monde les 3 et 4 mars puis les championnats de Suisse du 18 au 22 avril. Tandis qu'au chapitre freeride les pros engagés dans la 15e Engadinsnow traceront la face nord du Corvatsch, du 27 au 30 mars. Enfin, jusqu'au 17 avril, ce domaine sera relié à celui de Furtschellas, à l'aplomb de Sils-Maria et de son lac. Sous les sommets dentelés comme des fourchettes («furtschellas»), l'ambiance change subtilement en cinq minutes de liaison par un vieux téléski. On s'évade sur des pentes plus tranquilles, desservies par des remontées mécaniques un brin collector… Ne pas manquer la jolie descente de Prasüra jusqu'en Sils. www.corvatsch.ch

Haltes choisies. À Corvatsch, sur la fameuse rouge stabilotée, l'Alpetta, un petit chalet de pierre avec terrasse, pour la polenta ou les tagliatelles à la truffe blanche. Tél.: + 41 81 828 86 30 et www.alpetta.ch.

À Furtschellas, en forêt, sur le bas de la piste de Prasüra, Kuhstall, une ancienne étable rénovée avec style, pour la soupe au paprika. Tél.: + 41 79 937 79 19.

• Diavolezza-Lagalb, «so vintage»

Passé Pontresina, la route et la voie ferrée montent dans le grand blanc vers le col de la Bernina (2328 m). Les skieurs s'arrêtent avant, au milieu de nulle part. Des quais à ciel ouvert, un parking, une gare de téléphérique: bienvenue à Diavolezza, rendez-vous des amoureux de la montagne à l'état pur et des fondus de glisse. Car ici, on chausse de la mi-octobre au 20 mai. Là-haut, à 3000 m, à l'arrivée du téléphérique, le Piz Palü, le Bellavista et le Piz Bernina vous contemplent. Ce dernier est l'unique 4000 m de la Suisse orientale. Le Berghaus Diavolezza assure le gîte (c'est un hôtel) et le couvert dans la grande salle ou sur l'immense terrasse. Intime et nature, l'endroit surprend à vingt minutes de la mondaine Saint-Moritz. Sur ce domaine, équipé d'un seul télésiège, on glisse jusqu'à plus soif de haut en bas, une piste rouge, une autre noire et, le fin du fin, l'itinéraire du glacier de Morteratsch, 10 km hors piste mais sécurisés. www.diavolezza.ch

On croyait avoir tout vu et voilà que ça recommence, un peu plus haut, de l'autre côté de la route. Une gare, un arrêt de bus, un parking au pied d'une grosse pyramide blanche escaladée par un téléphérique bleu. C'est l'unique remontée mécanique de ce domaine où, là encore, deux pistes seulement, une rouge et une noire, dégringolent de haut en bas. Au sommet (2893 m), un sympathique bistrot vintage aux photos noir et blanc d'époques à jamais révolues. Sur la terrasse au-dessus du vide, on regarde les sommets stars, le petit train rouge en gare au col de la Bernina, et, à droite, la vallée qui redescend vers Pontresina puis, tout au fond à gauche, le lac de Poschiavo, confins des Grisons et de l'Italie. Prisé des initiés et spot de ski hors piste (les guides de Pontresina y emmènent leurs clients), Lagalb est une pépite qu'on a bien failli ne plus admirer. Faute de rentabilité, le site devait fermer cette année. La famille Niarchos, déjà propriétaire du Corvatsch créé en 1963 par le célèbre armateur grec fou de ski et de la Haute-Engadine, l'a racheté et, ouf, sauvé.

Haltes choisies. Au Berghaus Diavolezza autour d'une fondue Morterasch. Tél.: + 41 81 839 39 00 et www.diavolezza.ch. Au sommet Lagalb, devant un risotto.

Carnet de route

• Y aller Jusqu'à Zurich ou Bâle en TGV Lyria depuis Paris, Dijon, Belfort-Montbéliard, Mulhouse, www.tgv-lyria.com, www.voyages-sncf.com Ou en avion depuis Paris et la province, www.swiss.com, www.airfrance.com, www.easyjet.com

Puis en train régional jusqu'à Saint-Moritz (correspondance à Coire), avec un Swiss Transfer Ticket A/R, valable depuis la gare frontière ou l'aéroport, www.swisstravelsystem.com

• Séjourner À Surlej, au départ du téléphérique du Corvatsch, au Nira Alpina, un 4-étoiles au design épatant, 70 chambres et suites avec terrasse. Tél.: + 41 81 838 69 69 et niraalpina.com(visite détaillée sur lefigaro.fr). Ou, comme l'équipe de France de ski, au Schweizerhof de Sils-Maria ou au Schweizerhof de Pontresina, deux bons 3-étoiles rénovés de frais, homonymes mais sans lien de parenté. Camp de base des garçons, le premier abrite 120 chambres, deux restaurants, deux piscines (intérieure en eau salée et extérieure) ainsi qu'un immense espace de jeux avec bar-disco. Tél.: + 41 81 838 58 58 et www.hotel-schweizerhof-sils.ch Rendez-vous des filles, le second dispose de 67 chambres, d'un espace bien-être avec jacuzzi, d'une lumineuse salle de restaurant et d'un élégant salon-bar. Tél.: + 41 81 839 34 34 et www.schweizerhofpontresina.ch

• Skier Forfait journée au prix unique de 33 € la journée (bus et train compris), disponible dans une centaine d'hôtels, à partir de deux nuits.

• Se renseigner Engadine Saint-Moritz Tourisme, tél.: + 41 81 830 08 01 et www.engadin.stmoritz.ch

Suisse Tourisme, tél.: 00 800 100 200 29 (gratuit) et www.suisse.com

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Plus d'info: le figaro.fr

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