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Mort du photographe de guerre Stanley Greene

logo de Le Figaro Le Figaro 19/05/2017 Isabelle Stassart

DISPARITION - Jean-François Leroy, Directeur du Festival Visa pour l'image a annoncé, ce vendredi 19 mai, la mort du photographe de guerre américain à l'âge de 68 ans.

figarofr: Stanley Greene par Goran Galic © Goran Galic Stanley Greene par Goran Galic

Jean-François Leroy, Directeur du Festival Visa pour l'image a annoncé sur Facebook la mort du photographe de guerre américain Stanley Greene, ce vendredi 29 mai.

Stanley Greene, c'est une voix profonde et grave, un franc sourire qui vire à la tristesse lorsqu‘il évoque les conflits qu'il a photographiés, quand il se souvient des trajectoires humaines qu'il a accompagnées dans la douleur et les larmes. Ce grand type cool, éternellement coiffé d'un béret était profondément affecté par ce qu'il avait vu.

Né à Brooklyn en 1949, l'ancien membre des Black Panthers doit sa vocation au maître du photo reportage William Eugene Smith qui l'a encouragé à étudier la photographie à l'école des arts visuels de New York et à l'Institut of Art de San Francisco, alors qu'il se destinait plutôt à une carrière de peintre.

Lorsqu'il débarque à Paris en 1986, il se considère encore comme un amateur, il s'essaie aux défilés de mode, se balade dans la nuit parisienne et saisit le reflet d'une époque. Il apparaît comme un photographe festif et mondain et beaucoup se moqueront gentiment de lui lorsqu'il se dirigera vers le photojournalisme.

Volonté de dénoncer et témoigner

La chute du mur de Berlin en 1989 l'entraîne définitivement vers d'autres horizons et les remarques ironiques se tairont vite lorsqu'il risquera sa vie lors du putsch de Moscou en 1991. Dès lors, Il va couvrir de nombreux conflits et catastrophes, du Soudan, Irak, Somalie, Cachemire, Liban à Katrina. Sa volonté de dénoncer et de témoigner lui donne la rage et le brise aussi.

En 2004, à Falloujah en Irak, il raconte: «La vue de ces corps brûlés m'a vraiment bouleversé. En rentrant dans ma chambre d'hôtel, je me suis effondré en larmes. Ce jour-là, j'ai compris que j'avais perdu une partie de moi-même que je ne pourrai jamais récupérer».

Le point d'orgue de sa carrière est sans doute son engagement auprès du peuple tchétchène dont il va documenter le martyr de 1994 à 2003. Son essai photographique Open Wound édité chez Trolley traduira en images et en mots ce lent génocide et son lot d'atrocités quotidiennes.

Stanley Greene a reçu de nombreuses récompenses, cinq prix World Press Photo, le prix Eugène Smith en 2004 et le Visa d'or à Perpignan en 2016 pour l'ensemble de sa carrière. Il est l'un des membres fondateurs de la prestigieuse agence Noor.

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