En utilisant ce service et le contenu associé, vous acceptez l’utilisation des cookies à des fins d’analyse, de publicités et de contenus personnalisés.
Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Pourquoi il faut aller voir "Cherchez la femme"

logo de Challenges Challenges 28/06/2017 Camille Esnault

Si les quelques minutes de la bande-annonce de "Cherchez la femme" vous font espérer assister à un nouveau "Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?", rebroussez chemin. Le long-métrage de Sou Abadi n’est pas du tout du même acabit car il a réussi là où tous ont échoué, briser les clichés au lieu de les renforcer. Chapeau.

Cherchez la femme, un film de Sou Abadi © Fournis par www.challenges.fr Cherchez la femme, un film de Sou Abadi

Une jeune étudiante de science-po d’origine maghrébine est enfermée chez elle par un frère radicalisé, tout juste revenu d’un voyage au Yémen. Une situation dramatique dont Sou Abadi, la réalisatrice de Cherchez la femme, a décidé de rire, d’abord en ajoutant à la situation, le petit ami de la dite sœur, obligé de lui rendre visite enfermé dans un Niqab. Le terreau est idéal pour quiproquos et gags vaudevillesques. Sou Abadi ne s’en privera pas en ne se pliant à aucune règle, ni à celles des peureux qui n’osent pas rire de la religion musulmane, par peur d’être taxé d’islamophobie, ni à celles des comédies françaises, qui ont eu la côte ces dernières années, en renforçant les clichés communautaires plutôt que de les briser. C’est bien là la grande force de la comédie de Sou Abadi, elle ne s’encombre jamais de clichés, ni sur la religion musulmane, qui peut être pratiqué très pieusement ou pas, sans offenser les croyants et les non-croyants, ni sur les femmes, voilées ou non.

Une légèreté salvatrice

Parce que c’est bien la femme qui est au centre du premier long-métrage de la réalisatrice iranienne, celle qui est finalement toujours la première victime des intégristes comme des bien-pensants, plus aptes à décider pour elle. Shéhérazade, camouflée sous un voile qui ne laisse qu’apparaître les yeux de Félix Moati qui l’interprète, mettra au grand jour les contradictions du pays des droits de l’homme qui, au nom de la liberté, opprime celle qui a choisi de prendre le voile. Autant de contradictions que le film explore, sans jamais imposer un jugement, diaboliser ou excuser, car les questions posées sont souvent insolubles. C’est par l’humour et la légèreté que la réalisatrice a décidé d’apporter ses propres réponses, légèreté salvatrice dans un quotidien marqué par la haine au premier degré.  

Publicité
Publicité

Plus d'infos : Challenges.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon