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Six choses que vous ignorez (peut-être) sur Edouard Philippe, Premier ministre d'Emmanuel Macron

logo de Franceinfo Franceinfo 15/05/2017 Franceinfo

Le maire (LR) du Havre (Normandie) a été l'un des porte-paroles d'Alain Juppé pendant la primaire de la droite.

© Fournis par Francetv info

Depuis plusieurs jours, son nom revenaiten boucle parmi les favoris pour Matignon. Lundi 15 mai, le député-maire des Républicains du Havre (Seine-Maritime), Edouard Philippe, est officiellement nommé Premier ministre par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron. Enarque de 46 ans, ce proche d'Alain Juppé a longtemps milité au PS avant de rejoindre l'UMP puis Les Républicains. Voici six choses que vous ignorez (peut-être) sur le  chef du gouvernement.

Il a fait Sciences Po et l'ENA

Né à Rouen (Seine-Maritime) en 1970, Edouard Philippe est le fils de deux professeurs de français. Après avoir passé son bac à Bonn (Allemagne), où son père avait été muté comme directeur du lycée français de la ville, il fait une année d'hypokhâgne avant d'entrer à Sciences Po pour "trois années de rêve", décrit-il au Point. "Faire l'ENA a été moins amusant."

Après avoir été diplômé de la section Service public de Sciences Po, il intègre l'ENA en 1995 et sort parmi les quinze premiers du classement final. "C'était un vrai centriste, drôle et sympathique, ami aussi bien avec des gens de gauche que de droite", se souvient son ancien camarade de promo à l'ENA, Julien Carmona, à Challenges. A sa sortie de l'ENA, en 1997, Edouard Philippe choisit de rejoindre le Conseil d'Etat avant de se lancer en politique, pour participer à "l'histoire en train de se faire", dit-il à l'hebdomadaire.

Il a milité au PS pour Michel Rocard

Pendant sa scolarité à Sciences Po, le jeune Normand milite pendant deux ans pour le PS et pour Michel Rocard, alors Premier ministre de François Mitterrand. "J'avais grandi dans un milieu plutôt à gauche où l'on votait socialiste, et il y avait chez lui un côté social-démocrate assumé qui m'allait bien, confie-t-il au Point, j'aimais ses discours sur l'exigence de réforme."

Mais après l'éviction de Michel Rocard de la tête du PS, il rend sa carte du parti, et se rapproche de la droite. "Je n'ai pas été emballé par ce que j'y ai vu [au PS], notamment quand François Mitterrand a décidé d'avoir la peau de son ancien chef de gouvernement."

Il est très proche d'Alain Juppé

Progressivement, Edouard Philippe se rapproche du maire du Havre Antoine Rufenacht (1995-2010), ancien collaborateur de Raymond Barre puis directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002. Cette même année, il participe à la création de l'UMP au côté d'Alain Juppé. "Les deux hommes ne se quitteront plus", note Challenges.

Lors d'un entretien de "huit minutes et demie", Alain Juppé explique alors au jeune Edouard Philippe "comment il voulait que ça se passe, comment on allait organiser le parti, quel était le plan, et comment il travaillait avec ses collaborateurs", raconte-t-il auJDD.

En 2004, lorsque Alain Juppé est condamné à 18 mois de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, Edouard Philippe rejoint le secteur privé. Trois ans plus tard, il intègre le cabinet d'Alain Juppé lorsque ce dernier est nommé ministre de l'Ecologie de François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Lorsqu'Alain Juppé quitte son portefeuille en 2008, Edouard Philippe rejoint de nouveau le privé et devient directeur des Affaires publiques d'Areva.

Ils ont une très grande confiance réciproque et se ressemblent sur de nombreux points : leur intelligence, leur culture, leur vision de la société.

Aurore Bergé, ancienne membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé

à Challenges

En 2012, il devient l'un des porte-parole d'Alain Juppé à la primaire de la droite. Après la défaite de ce dernier, il soutient François Fillon, avant de se mettre en retrait de la campagne après les révélations sur l'affaire Penelope Fillon.

Il a chroniqué la campagne présidentielle pour Libération

A la suite de son retrait de la campagne, le maire du Havre débute des chroniques hebdomadaires pour le quotidienLibération, où il y décrit la campagne présidentielle vue de l'intérieur. "Je l’ai regardé dans mon bureau, au Havre. Lundi matin. Tout seul. A 10h25, j’ai allumé la télévision", écrit-il à propos du discours d'Alain Juppé le 6 mars, confirmant qu'il ne serait pas candidat à la présidence de la République après l'annonce de la mise en examen de François Fillon. "Je savais ce qu’il allait dire. Il ne me l’avait pas dit, parce qu’il prévient rarement. J’ai l’habitude."

Le député des Républicains a aussi publié un premier roman en 2007, L'heure de vérité (éd. Flammarion), co-écrit avec son ami Gilles Boyer, ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Au printemps 2011, ils éditent ensemble Dans l'ombre (ed. JC Lattès), un roman de politique fiction dans lequel "les politiques et les apparatchiks vivent ensemble. Ni les uns, ni les autres ne peuvent survivre seuls", note le site de l'éditeur.

Il n'a pas fourni une déclaration de patrimoine complète

Selon Mediapart(édition abonnés), Edouard Philippe aurait écopé d'un blâme de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour avoir refusé de fournir certaines informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.

Sur la valeur de ses biens immobiliers, le député du Havre a systématiquement écrit "aucune idée", décrit le site d'investigations. La valeur de son appartement à Paris ? "Aucune idée." Ses parts dans une résidence de Seine-Maritime ? "Aucune idée."Malgré la relance de la HATVP, Edouard Philippe aurait refusé d'estimer la valeur de ses propriétés.

Il ne s'agit cependant pas d'une infraction. Interrogé par Médiapart, le maire du Havre concède : "Comme beaucoup de parlementaires sans doute, j’ai essayé de concilier le respect de la loi et une forme de mauvaise humeur", précisant qu’il n’a omis aucun bien et qu'il a bien indiqué le prix de ses achats. "Je n’avais pas accès aux bases de données qui permettent une évaluation."

Il n'a pas toujours cru au candidat d'En marche !

Le député-maire du Havre n'a pas toujours cru en l'ancien ministre de l'Economie. "Pour gagner la présidentielle, il faut avoir fait le tour de France, jugeait-il en 2016 au JDD. Il y a de la place pour les jeunes, mais l'enracinnement, le lien charnel avec le pays, c'est important." Il faut dire qu'à cette époque, Edouard Philippe est convaincu qu'Alain Juppé peut remporter la primaire de la droite.

Selon plusieurs proches du président, Emmanuel Macron et Edouard Philippe s'apprécient toutefois beaucoup. "Je l'aime beaucoup à titre personnel. J'ai de l'estime pour son intelligence", confiait le juppéiste en février 2015 à propos du ministre de l'Economie, note leJDD. "Macron pense à 90% la même chose que moi."

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