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Agriculture bio : autorisation des serres chauffées pour cultiver les tomates

logo de L'Express L'Express il y a 5 jours lexpress.fr
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"Le chauffage des serres est autorisé". Le comité national de l'agriculture biologique a décidé d'autoriser l'utilisation de serres chauffées en agriculture bio, tout en encadrant leur utilisation, a indiqué ce jeudi le ministère de l'Agriculture.

Le règlement européen prévoit que la production biologique doit respecter les "cycles naturels" des saisons et faire une utilisation responsable de l'énergie.

Le ministre répondait à une question du sénateur Joël Labbé (RDSE), qui fait partie de la centaine de députés et sénateurs ayant demandé à Didier Guillaume de se prononcer "clairement" sur la question, dans une lettre ouverte parue mardi sur le site du Monde.

En effet le ministre, ancien président du premier département bio de France, la Drôme, avait dit le 18 juin son opposition aux serres chauffées "à titre personnel", pour "respecter les rythmes biologiques".

Une "tomate bio française" dès le printemps

Les acteurs historiques de l'agriculture bio sont opposés à la volonté de certains producteurs de fruits et légumes d'"industrialiser" la filière en chauffant les cultures sous serre, alors que ces derniers mettent en avant la demande toujours plus forte du consommateur et le fait que le règlement européen ne ferme pas explicitement la porte au chauffage des serres en agriculture biologique.

Signe d'une issue incertaine, les deux camps ont poursuivi leur campagne, ces derniers jours.

Prônant une "tomate bio française dès le printemps", les partisans des serres chauffées, au premier rang desquels la FNSEA, les chambres d'agriculture et les coopératives, font valoir que "78 % de la tomate biologique présente dans les circuits longs de distribution en France est importée".

Ils se défendent de vouloir produire des tomates bio en hiver ou de discréditer le label bio mais s'opposent notamment aux "distorsions de concurrence" au sein de l'Europe qui pourraient résulter d'une interprétation de la réglementation européenne interdisant l'usage des serres chauffées.

"Un outil indispensable"

Cette pratique culturale "préventive", font-ils valoir, "permet d'utiliser moins de pesticides, dont le cuivre et d'augmenter l'efficacité du bio contrôle (insectes auxiliaires).

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs demande ainsi de "maintenir le chauffage en serres bio, qui est un outil indispensable à la résilience des exploitations et à la réduction des produits phytosanitaires", mais "en imposant de respecter la saisonnalité des produits".

Outre leur opposition à la production de fruits et légumes hors saison, la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (FNAB) pointe aussi le bilan carbone des serres chauffées.

"Autoriser la vente de tomates bio dès le premier jour du printemps revient à autoriser de chauffer les serres bio pendant tout l'hiver à plus de 20 degrés, l'équivalent de 200 000 à 250 000 litres de fioul par hectare", a déclaré Jean-Paul Gabillard, producteur maraîcher et secrétaire national légumes à la FNAB.

Les partisans des serres chauffées souhaitent une © afp.com/LOIC VENANCE Les partisans des serres chauffées souhaitent une

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