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Meurtre à Estagel: «Prescillia était une combattante», témoigne sa mère

logo de Le ParisienLe Parisien 13/08/2019 Emilie Garcia
Le Parisien © DR Le Parisien

Sophie Gonzales raconte le quotidien de sa fille, Priscillia, avant le drame survenu dans la nuit du 6 juillet à Estagel. Son meurtre reste encore un mystère.

« Je ne comprends pas qu’on puisse me dire : « Ne posez pas de question, vous n’aurez pas de réponse. » Je suis sa maman, c’est dur d’entendre cela », regrette Sophie Gonzales, contactée par téléphone. Sa fille Prescillia, âgée de 18 ans, a été retrouvée morte dans le cimetière du village d’Estagel (Pyrénées-Orientales) le dimanche 7 juillet. Aucune interpellation ni garde à vue n’ont eu lieu pour le moment. La victime avait reçu plusieurs coups de couteau et été victime de « violences sexuelles ».

Les enquêteurs ont lancé un appel à témoins pour rencontrer toutes les personnes « qui détiennent des vidéos, photographies de la soirée ou qui souhaitent communiquer des informations » permettant de faire avancer les investigations. « C’est important, souffle Sophie. Il ne faudrait surtout pas que ça arrive à quelqu’un d’autre. » En attendant, la mère de famille a porté plainte contre X.

« C’est impossible de faire son deuil tant qu’on ne sait pas qui a fait cela », confie-t-elle. Prescillia avait cinq frères et sœurs âgés de 8 à 24 ans : « Le samedi soir, elle s’était rendue au bal des pompiers avec ses frères pour y retrouver ses deux copines, relate douloureusement la mère de famille. Alors que la soirée se terminait, ils ne l’ont pas trouvée pour rentrer avec elle. Nous avons prévenu les gendarmes et les pompiers nous ont aidés à la chercher jusqu’à 8 heures du matin. »

« Elle n’avait aucun problème »

À ce moment-là, Sophie ne veut pas croire qu’il lui est arrivé quelque chose : « Pour moi, ma fille allait rentrer à la maison. » Ce n’est que le lendemain matin, vers 11 heures, que les gendarmes lui apprennent que le corps de sa fille a été retrouvé dans le cimetière. « Un témoin a dit l’avoir vu dans le centre du village se disputer avec un jeune homme et une jeune femme, assure-t-elle. Elle n’avait pourtant aucun problème avec des personnes d’Estagel. »

La famille a emménagé dans le bourg il y a presque trois ans : « Avant, nous étions en Vendée. Ma sœur habitait déjà Estagel et elle avait vu une jolie maison pour nous. » Prescillia souffrait de déficience intellectuelle et d’un handicap moteur léger : « Je ne travaillais pas pour m’occuper d’elle, explique Sophie. Il n’y avait plus de place dans un établissement spécialisé. »

La maman raconte avec émotion le quotidien de sa fille avant le drame : « Elle ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas aller à l’école comme les autres jeunes de son âge. » Malgré sa déscolarisation, la jeune fille s’est fait trois amis très proches qu’elle voyait régulièrement : « Ils venaient souvent la voir ou se retrouvaient dans le village pour aller à la rivière. »

Elle voulait devenir maître-chien

Prescillia aimait les mathémati-ues et jouer au poker. « Mais elle voulait toujours être dehors. Elle m’aidait souvent dans le potager ou partait faire du vélo. Mais ce qu’elle préférait, c’était promener les chiens. » Les animaux étaient sa passion : « Elle était surtout avec Polo, un de nos trois chiens. C’était elle qui l’avait recueilli. » Elle lui avait appris des petits tours, et s’amusait à danser avec lui lorsqu’il se mettait sur ses deux pattes arrière. Une manière de s’exercer pour le métier de ses rêves : devenir maître-chien.

« C’était une combattante. Même si elle se fatiguait vite, elle ne supportait pas de ne rien faire », se rappelle sa mère. Elle devait aller régulièrement chez le kinésithérapeute, mais c’était son beau-père qui lui avait appris à faire du vélo seule. À force de la voir dans le village, les habitants s’étaient attachés à Prescillia : « Elle était âgée de 18 ans, mais avait tout d’une enfant. Elle était tellement gentille et saluait tout le monde. » Pas du tout coquette, Prescillia se moquait de son apparence : « Elle sortait sans se coiffer si je n’insistais pas. Un vrai garçon manqué. »

Sophie n’arrive toujours pas à comprendre qui aurait voulu faire du mal à sa fille : « Elle avait du caractère. Elle n’aurait jamais suivi quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. » Cette certitude rend l’attente d’identifier un coupable d’autant plus insupportable : « Je ne lâcherai rien pour Prescillia », promet-elle.

* Les personnes qui, ce soir-là, ont vu la victime, qui ont été en contact avec elle, qui détiennent des vidéos, photographies de la soirée ou qui souhaitent communiquer des informations, peuvent contacter les enquêteurs au 06 27 43 50 34.

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