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«Ma 6T Va coder» : le code de la nouvelle route

logo de Liberation Liberation 17/07/2017 Jadine Labbe Pacheco
Lancé en 2016, ce chantier permet aux personnes en difficulté socioprofessionnelle d’apprendre un métier du numérique © Fournis par Libération Lancé en 2016, ce chantier permet aux personnes en difficulté socioprofessionnelle d’apprendre un métier du numérique

L'association LePoleS, mini-école numérique, forme jeunes, vieux, hommes et femmes des quartiers au codage. Avec, à la clé, un salaire et un métier.

A quoi ça tient… C’est grâce à une affiche collée sur un mur qu’Adil, 27 ans, a appris l’existence de «Ma 6T Va coder», un chantier numérique d’insertion à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) mis en place par l’association LePoleS. Une mini-école, si l’on préfère. Adil est aujourd’hui l’un des 12 «salariés-apprenants». Après avoir envoyé sa candidature, passé des tests et un entretien oral, il a été admis. Le jeune homme travaille 35 heures par semaine. Salarié, il perçoit le smic. A l’issue d’une formation de dix mois, Adil sera intégrateur ou développeur web.

«Je savais déjà un peu coder. Je suis venu ici pour solidifier mes compétences», dit-il. Mais pour l’instant, il suit des cours dans une salle au rez-de-chaussée de l’une des barres du quartier La Caravelle. «En ce moment on apprend les fondations d’un site internet. Le maquillage d’un site en quelque sorte», explique-t-il, le regard vif.

«Code pur»

Marie-Hélène, encadrante technique «passionnée par l’associatif et surtout par le web», enseigne aux «apprenants» les bases du codage. C’est la première des cinq phases de la formation. Un formateur de l’extérieur leur apprendra ensuite «le code pur». Lors de la troisième phase, ils mobiliseront leurs connaissances pour créer les sites internet de quatre associations de la Fondation Abbé Pierre. Enfin, ils devront effectuer deux mois de stage en entreprise.

Lancé en 2016, ce chantier permet aux personnes en difficulté socioprofessionnelle d’apprendre un métier du numérique. En 2013, Pierre Loddé, alors sous-préfet des Hauts-de-Seine chargé de l’emploi, sollicite l’organisation pour mettre en place le dispositif, désormais labellisé Grandes écoles du numérique pour les quartiers populaires. Pour Louisa Chérifi, directrice de «Ma 6T Va Coder», c’est «une superbe opportunité pour les habitants».

L’organisation forme des Villénogarennois depuis une trentaine d’années. Mais jusqu’alors, les domaines d’action étaient restreints : gardiennage d’immeuble, services à la personne, espaces verts, restauration, bâtiment… «Ces métiers ne font pas forcément rêver, même si on en a besoin», admet la directrice. Changement d’échelle avec «Ma 6T Va Coder», piloté par LePoleS, en corrélation avec le ministère de la Ville, du moins jusqu’au changement de gouvernement, et partenaire avec d’autres structures comme le collectif de quartier «Pas Sans Nous» ou encore «Wifilles».

«Partout en France»

«Les femmes doivent s’imposer dans le numérique», pose Louisa Chérifi en rigolant. Il y en a. Les yeux clairs et vêtue d’un long hijab rose pâle, Barbara est l’une des cinq filles de la promotion. Elle n’avait aucune connaissance dans le secteur avant d’intégrer le cursus. Plus tard, elle aimerait «pourquoi pas, travailler à [son] compte». Pour Pascal, doyen de la promotion, il y a encore des progrès à faire. «Je travaille dans l’informatique depuis plus de 25 ans. Il n’y a toujours que des hommes !».

Des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes: «Ma 6T Va Coder» s’adresse à un large public en Ile-de-France, avec des antennes à Villeneuve-la-Garenne et, en Seine-Saint-Denis, à Pantin et Pierrefitte-sur-Seine. Soutenue par l’Etat et LePoleS, la mini-école va se déployer «partout en France», dit Claude Sicart, qui dirige LePoleS. L’organisation dispose d’un budget de 385 000 euros par implantation. D’ici début 2018, trois autres chantiers numériques d’insertion vont ouvrir, à Poissy, Gonesse et Vitry-Sur-Seine. Et d’autres verront le jour à Toulouse et à Roubaix. «Nous sommes très satisfaits de ce qu’on a fait. Maintenant, nous désirons diffuser notre savoir-faire», dit-il encore. Pour lui, ces écoles du numérique peuvent être «un levier de développement dans les quartiers populaires».

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