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A Lille, une centaine de migrants manifestent contre leur expulsion d'une friche

logo de L'Express L'Express 06/10/2017

Le tribunal administratif de Lille a ordonné l'évacuation d'un camp de fortune installé dans une gare désaffectée. Souvent mineurs, les migrants demandent à être relogés.

Des migrants en attente d'une réponse à leur demande d'asile protestent contre l'expulsion de leur campement de fortune à Lille (illustration). © afp.com/PHILIPPE HUGUEN Des migrants en attente d'une réponse à leur demande d'asile protestent contre l'expulsion de leur campement de fortune à Lille (illustration).

Ils vivent là depuis plusieurs mois dans des conditions précaires. Une centaine de migrants d'Afrique de l'ouest ont manifesté ce vendredi à Lille pour contester leur expulsion d'une friche de l'ancienne gare Saint-Sauveur, située en centre-ville.

Mardi, ils ont appris que le tribunal administratif de Lille, saisi par la mairie, avait ordonné leur expulsion pour "occupation illégale de son patrimoine foncier". Le juge a estimé "que la gravité des risques pour la sécurité et la salubrité publiques rend utile et urgente la mesure d'évacuation des lieux demandée par la ville". L'instance leur a donné huit jours pour partir.

"Beaucoup sont des mineurs isolés"

Leur nombre de migrants sur ce terrain n'a cessé d'augmenter jusqu'à atteindre 200 aujourd'hui. Selon Me Émilie Dewaele, leur avocate, "beaucoup sont des mineurs isolés et ils n'ont pas du tout le même profil que les migrants de Calais".

Ces Guinéens, Maliens ou encore Ivoiriens, donc francophones, n'ont pas l'intention de gagner l'Angleterre et souhaitent rester en France via le dépôt d'une demande d'asile. En attendant une réponse de l'administration, ils s'entassent dans des tentes, autour de cette gare désaffectée.

Portant une banderole "Urgence à l'hébergement, à l'intégration et la scolarisation pour tous", les manifestants se sont rassemblés à la mi-journée devant la mairie de Lille avant de partir en cortège vers la préfecture.

Ce vendredi, Thierno, un Guinéen de 19 ans, qui a passé quatre mois à "Saint-So" en dépit de sa demande d'asile, s'est indigné de la situation: "Ça fait combien de temps qu'on dort dans des tentes, dans le froid? Beaucoup sont malades. Et même des tentes, ils veulent nous expulser!"

"Personne ne veut dormir dans une tente sur une friche"

Seules les associations leur apportent de l'aide. "Il y a des mineurs confirmés par le département, un seul repas par jour nous est distribué, il fait froid la nuit...", a raconté Alassana, un autre Guinéen de 16 ans, qui dort sur la friche depuis avril. "J'ai demandé à quitter Saint-Sauveur pour avoir un logement, mais je n'ai rien eu".

Leur avocate s'est insurgée contre l'expulsion imminente: "Eux non plus ne veulent pas rester là, personne ne veut dormir dans une tente sur une friche, mais c'est leur seul abri". Fin août, le tribunal administratif de Lille avait, lors d'une première décision, demandé à l'État et à la ville de Lille, "dans l'attente de solutions d'accueil et d'orientation adaptées", de mettre en place des points d'eau pour boire et se laver, des toilettes et d'assurer la collecte des déchets.

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